Marie, disciple du Christ

Marie, disciple du Christ

Sainte Marie, Mère du Christ -église d'Olivet 53
Sainte Marie, Mère du Christ -église d’Olivet 53

« Quant il parlait aux foules, sa mère et ses frères étaient là dehors, et voulaient lui parler… Et lui: qui est ma mère? ou qui sont mes frères? Et étendant la main sur ses disciples, il dit: Ceux-ci sont ma mère et mes frères. Et quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, il est pour moi un frère, une sœur et une mère…

Comment le Christ Seigneur pouvait-il avec piété repousser sa mère, et pas une mère quelconque, mais une mère d’autant plus grande qu’elle était une mère vierge… Il a repoussé cette mère, pour que l’affection maternelle ne se mêle pas à l’œuvre qu’il accomplissait, et ne l’empêche pas.

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MOIS DE SAINT JOSEPH – VIIIe JOUR

MOIS DE SAINT JOSEPH – VIIIe JOUR

Saint Joseph, époux de Marie.

 

 JEAN LE CHARLIER, dit JEAN DE GERSON (1363-1429)

I
A quel âge saint Joseph épousa la bienheureuse Vierge Mari».
mariage de Joseph et de Marie - église Saint Joseph Angers 49
mariage de Joseph et de Marie – église Saint Joseph Angers 49

« Considérons, mon âme, les causes pourquoi Dieu voulut que Notre-Dame fût épousée par saint Joseph. Saint Jérôme dit que saint Joseph fut l’époux de la sainte Vierge pour trois raisons:

1° Afin que la généalogie de Joseph, dont Marie était la proche parente, servit aussi à démontrer l’origine de cette bienheureuse Mère de Dieu ;
2° De peur qu’elle ne fût accusée et condamnée à être lapidée selon la loi de Moïse ;
3° Pour que, dans sa fuite en Égypte, elle eût le secours et la protection d’un époux. (Comm. sur S. Matth.)
Saint Jean Damascène ajoute que Dieu voulut que saint Joseph épousât Marie pour tromper Satan, qui, connaissant les promesses primitives, observait les vierges. (De la Généalogie du Sauveur.)

«Nous verrons qu’il devait être de bon âge et parfait : 1° pour nourrir et gouverner Notre-Dame et l’enfant Jésus de son labeur, et aussi pour les mener en moult lointain pèlerinage d’Égypte, où ils furent près de sept ans, pour aller avec Jésus aux fêles solennelles, comme il apparait quand Jésus-Christ avait douze ans. Et auparavant il avait été présenté au Temple par saint Joseph le jour de la Purification.

Saint Joseph avait aussi mené Notre-Dame de la cité de Nazareth à Bethléem pour lesdits offices; il convenait doublement que Joseph ne fût point vieux, laid, défectueux et comme impotent au labeur, et qu’il eût plutôt besoin d’être servi que de servir; il eût été aussi plus à charge à Notre-Dame qu’à son aide ou consolation : car vieillesse est une maladie tant semble saine, laquelle dure et empire jusqu’à la fin, et rend l’homme douloureux , triste et appesanti. »

Suarez exprime la même opinion. [Des Mystères de la vie du Christ, quest. 37.)

II

Comment se célébra le mariage de Joseph et de Marie.

« Considérons encore, sur le virginal mariage de Notre-Dame et de saint Joseph, toutes les choses qui sont à notre récréation, doctrine et consolation ; plus belle matière ne pourrons-nous avoir.

« Considérons que Notre-Dame était pressée par ses parents d’être mariée, et que les prêtres de la loi alléguaient que la femme, en Israël, qui était sans fruit était maudite ; elle voulait obéir en commettant son vœu de chasteté à l’ordonnance de Dieu, sans le révéler par dehors, et que pour obédience elle consentît en mariage.

« Nous pouvons dire que le consentement de Notre-Dame en mariage fut absolu; mais elle était assurée du parfait Joseph, qui fit vœu avec elle, selon le dit de plusieurs, quand il connut que Notre-Dame avait fait vœu.

« Selon les saints docteurs, exposant les Évangiles, entre eux fut triple convention successivement, selon la manière des Juifs pour lors… Il y avait trois cérémonies dans le mariage des Juifs: les fiançailles, qui se faisaient au temple et en public; une deuxième convention, après laquelle la fiancée était conduite chez son époux ; et enfin les noces solennelles.

… « Considérons, quant aux noces de saint Joseph et de Notre-Dame, qu’elles furent moult honorables, car eux deux étaient de la lignée royale de David et de la sacerdotale d’Aaron, bien qu’ils ne fussent moult abondants en richesses mondaines. Leurs parents et voisins, et amis qui étaient venus à la fête des noces, félicitaient , les uns, la Vierge d’avoir un tel bon et noble époux ; les autres, saint Joseph d’avoir une telle belle, et sage et noble épouse.

« Et si quelqu’un fait ici curieuses questions, répondons à toutes telles demandes, qu’eux deux et leurs amis présents firent selon la coutume du temps de lors, en toute honnêteté et chasteté, en sobre liesse, sans dissolution, soit en dit, soit en chanson, soit en maintien, soit en boire, soit en manger, mais tout ainsi qu’appartenait à telle sainte convention.

« Considérons encore que, quand Notre-Dame fut venue dans l’hôtel de saint Joseph, il est bien à croire qu’elle y montrait toute humilité serviable, toute dévotion et toute honnêteté plaisante et agréable; elle ordonnait l’hôtel, puis travaillait de son métier, puis était en oraison, puis en dévote méditation de la loi de Dieu, selon ce qu’elle en avait appris, tant par doctrine des prêtres du Temple, comme par divine inspiration; et il est bien à croire que quelquefois elle en conférait avec Joseph, qui l’écoutait volontiers, car il n’en était pas tant instruit par école, par étude que par révélation.

« Les voisins, les parents et amis d’eux les visitaient aux sabbats et aux fêtes, et prenaient grande dévotion, plaisir et consolation à écouter le doux et sage et dévot parler de cette Vierge, comme étaient les sœurs de Notre-Dame, filles de sainte Anne, desquelles chacune se nommait Marie, et autres plusieurs. »

III

Signification mystique du mariage de Joseph et de Marie.

« Considérons que ce mariage virginal de Joseph et de Marie fut plein de grands et merveilleux mystères, autant et plus que celui qui fut le premier ordonné au paradis terrestre, lequel représentait et signifiait que l’âme dévote doit être conjointe à Dieu comme la bien-aimée épouse à son bien-aimé époux, selon le cantique que fit Salomon : « Mon bien-aimé, « dit l’âme dévote, est à moi, et je suis à lui. »

« Considérons au surplus que ce mariage, comme dit l’Apôtre, est un grand sacrement en la signification de Dieu et de l’Église. Jésus-Christ , comme vierge, est conjoint à l’Église, vierge pareillement : on trouve, en ce virginal mariage de Marie et de Joseph, que vierge est joint à la vierge, et comme Jésus-Christ a une lignée spirituelle de la sainte Église, pareillement saint Joseph et Notre-Dame ont eu ce bel enfant, ce béni fruit de vie Jésus.

« Considérons en outre que toute la cour du paradis des bénis anges menait joie de ce saint et sacré mariage ; car virginité est cousine aux anges, et car, par ce mariage, leur nombre en serait réparé, et les saints Pères qui étaient aux limbes, comme on peut estimer, eurent connaissance des grâces spéciales de cette solennité, et en furent joyeux, car leur rédemption approchait.

« Mais aussi voyons-nous qu’il est à croire que plusieurs des prisonniers du purgatoire en furent délivrés et élargis, en l’honneur et faveur de ce joyeux, saint et glorieux mariage : or au surplus pouvons-nous religieusement penser que toutes les fois que nous, pécheurs, faisons mémoire honorable de ce mariage, nous en rapportons les biens et les aumônes de grâce et de pardon, et de spirituelle joie et de dévotion.

« Car pour nous, pécheurs, et pour notre salut principalement, fut célébré ce mariage ; ainsi nous devons y avoir singulière confiance, amour, honneur et révérence, de quelque état, de quelque âge et de quelque sexe ou quelque condition que nous soyons, et quelque grâce que nous veuillons demander, et spécialement pour demander paix et union ; car ici est signifiée l’union de la sainte Église à Jésus, son époux, et de l’âme à Dieu.»

(Gerson, Considérations sur saint Joseph.)

Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

 

MOIS DE SAINT JOSEPH – VIIe JOUR

MOIS DE SAINT JOSEPH – VIIe JOUR

Saint Joseph artisan

I

saint Joseph artisan et la sainte famille - église Saint Joseph Angers 49
saint Joseph artisan et la sainte famille – église Saint Joseph Angers 49

« Joseph était juste, dit saint Bernard, mais « il était pauvre tellement, qu’il gagnait par un métier sa nourriture et son vêtement. »(Sermon XLVII, Sur la pauvreté.)

Suarez n’admet pas que la pauvreté de saint Joseph allât jusqu’à la misère. [Des Mystères, quest. 37.) — Saint Bernard croit que saint Joseph ne fut contraint à recevoir l’aumône que durant son voyage en Égypte.

Les pères de l’Église sont unanimes à attester que le saint patriarche fut artisan ; mais leurs opinions diffèrent sur le métier qu’il exerça. Quelques-uns, comme saint Hilaire et saint Pierre Chrysologue, supposent qu’il fut ouvrier en fer. Mais le plus grand nombre d’entre eux croient qu’il fut ouvrier en bois. (Saint Bonaventure, saint Bernard, saint Thomas, etc.)

« Marie fut mariée à un ouvrier en bois, dit saint Thomas, parce que le Christ, époux de l’Église, devait opérer le salut du monde par le bois de la croix . » (Chaîne d’or, ch. XIII.)

« Saint Joseph, remarque saint Ambroise, était le type terrestre du grand fabricateur des mondes ; car on peut dire, dans le sens mystique, que le Père éternel du Christ opère en nous par le feu et par le souffle du Saint-Esprit, qui, semblable à un bon ouvrier, brûle, taille, tranche nos vices, fait fléchir nos âmes rebelles, et les forme aux divins ministères qu’elles doivent exercer. » (St Ambroise, Explication de l’Évangile de St Matthieu.)

C’est la tradition reçue au moyen âge, adoptée par Gerson, et enfin par Bossuet, qui s’écrie, en parlant de l’enfance de Notre-Seigneur à Nazareth : « 0 Dieu! je suis saisi encore un coup! Orgueil, viens crever à ce spectacle ! Jésus, fils d’un charpentier, charpentier lui-même, connu par cet exercice, sans qu’on parle d’aucun autre emploi ni d’aucune autre action. On se souvenait dans son Église des charrues qu’il avait faites, et la tradition s’en est conservée dans les plus anciens auteurs. » (Élévations sur les Mystères.)

II

JEAN DE GERSON (1363-1429)

Considérons encore, selon ce qui est dit, que action précède contemplation; comment saint Joseph, venu à âge vigoureux et de discrétion , ne voulut point être oisif, mais se donna à labeur et à métier, tant pour soi bien occuper, comme pour gagner honnêtement et justement sa vie, et pour acquérir la bénédiction de laquelle parle le prophète, quand il dit (Psaume CXXVII) :

« Pour ce que tu mangeras les labeurs de tes mains, tu es béni, et il te fera bien. Ainsi se donna saint Joseph, en son jeune âge, à être orfèvre en bois, comme à faire charrettes ou huches, ou fenestres, ou nefs, ou maisons, quoique fût il de très honnête et noble lignée en la cité de Nazareth : et c’est contre ceux ou celles qui ne veulent travailler, et réputent à honte ou à servage, si sont souvent pauvres et méchants quant au monde, et trop plus quant à Dieu ; car telles personnes sont communément sujettes à tous les vices.

« Saint Paul disait : Qui ne labeure (travaille) point ne mange point; lui-même labeurait, quoiqu’il fut apôtre et noble, et occupé en continuelle prédication, auquel suffisait très petite sustentation corporelle. Ainsi firent saints Grespin et Grespinien, et autres.

« Considérons en outre, selon la bénédiction que donne le prophète par l’autorité de Dieu à ceux qui mangent pain de labeur et bien gagné, que de saint Joseph on peut dire ce qui s’ensuit du psaume ci-devant allégué : Ta femme, dit le prophète, sera comme vigne abondante à côté de ta maison, et tes enfants seront comme nouvelles plantes d’olives en l’environ de la table.

« La femme que saint Joseph eut, fut Notre-Dame, de laquelle chante l’Église en sa personne. J’ai, dit-elle, fructifié comme vigne odorante; cette vigne porta le précieux et doux fruit de vie de-Jésus, qui disait à ses apôtres : Je suis vigne, et mon Père est le vigneron. Lequel Jésus est aussi comme la belle olive plantureuse et fructueuse, et fut jadis en l’environ de la table de saint Joseph par maintes fois : là fut bien la dite bénédiction accomplie, car cet enfant pouvait être dit à Joseph, selon l’entendement dessus exposé, et lui seul en valait cent, voire plus, sans nombre. »

(Considérations sur saint Joseph)

III

LE BIENHEUREUX LÉONARD DE PORT-MAURICE (1676-1751)

« N’est-ce pas le fils de cet artisan? » disaient les Juifs avec mépris en parlant de Jésus. Le fils d’un artisan , sans doute, mais de quel artisan ?

Je vous l’apprendrai, répond saint Pierre Chrysologue ; c’est le Fils de ce grand artisan qui a fabriqué le monde, non avec le marteau, mais par un ordre de sa volonté ; de cet artisan qui a combiné les éléments, non par un effet de génie, mais par un simple commandement ; de cet artisan qui a allumé le flambeau du jour à la voûte du ciel, non avec un feu terrestre, mais par une chaleur supérieure; de cet artisan enfin, qui d’un seul mot a fait jaillir l’univers du néant.

Vous avez raison, illustre docteur; ils auraient dû reconnaître que Jésus était le Fils du grand architecte de l’univers. Mais souffrez que pour la gloire de Joseph, on dise aussi qu’il est le fils de ce pauvre charpentier qui dans une humble boutique manie la scie et le rabot.

Et puisque la sainte Vierge elle-même donne à Joseph ce beau titre de père de Jésus, en disant à celui-ci : Votre père et moi, (Luc. II, 48), titre qui lui convient d’ailleurs, attendu que ce fils est le fruit de Marie, laquelle appartient à Joseph en qualité d’épouse, convenez aussi qu’il est le fils de ce pauvre artisan,  que comme tel, il est son sujet et le compagnon de ses travaux.

O quelle merveille, quand on y pense ! Jésus aida ce pauvre artisan à travailler le bois, comme il aida le grand artisan de la nature à fabriquer l’univers. (Proverbes. VIII, 27). Lorsque le Créateur, c’est le Fils de Dieu, la Sagesse incréée qui parle ainsi, lorsque mon Père s’apprêtait à créer le monde, j’étais présent, et j’en présentais l’idée dans cette intelligence infinie ; quand il étendait la voûte des cieux, quand il posait des bornes à la mer, quand il suspendait les nuages en l’air, j’étais avec lui, arrangeant toutes choses. (Ibid.,V, 30.)

Cette même Sagesse incarnée peut également dire d’elle-même : Lorsque Joseph mon père était dans son atelier pour travailler, j’étais avec lui comme compagnon de ses travaux ; quand il coupait ou façonnait le bois, j’étais avec lui ; quand il le sciait et le rabotait, j’étais avec lui; quand il adaptait les pièces ensemble, je les arrangeais avec lui. Comme lui, je mettais la main au rabot, et je mêlais mes sueurs aux siennes.

Quelle sublime dignité, et quelle grandeur que celle qui nous fait apparaître Joseph comme l’émule de Dieu même ! Un pauvre ouvrier en bois l’émule de l’architecte du monde! En voulez-vous davantage pour proclamer Joseph souverainement grand comme père, si Dieu lui-même ne peut faire un père plus grand que celui qui a un Dieu pour fils?

Il y a trois choses, dit saint Thomas, que Dieu ne peut faire plus grandes qu’elles ne sont, à savoir : l’humanité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à cause de son union hypostatique avec le Verbe ; la gloire des élus à cause de son objet principal qui est l’essence infinie de Dieu; et la Mère incomparable de Dieu, dont il a été dit que Dieu ne peut faire une mère plus grande que la mère d’un Dieu.

Vous pouvez en un sens ajouter, à la gloire de Joseph, une quatrième chose. Dieu ne peut pas faire un père plus grand que le père d’un Fils qui est Dieu. Avouez donc que si saint Joseph fut grand comme juste , plus grand encore comme époux, il fut très-grand surtout comme père. »

(Sermon sur les grandeurs de saint Joseph.)

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