13 MAI
TROISIÈME APPARITION DE LA SAINTE VIERGE
(Décembre 1830)

M. Aladel, directeur de Sœur Catherine, accueillit avec indifférence, on peut même dire avec sévérité, les communications de sa pénitente; il lui défendit même d’y ajouter foi.
Mais l’obéissance de la Sainte, attestée par son directeur lui-même, n’avait pas la puissance d’effacer en son cœur le souvenir ineffable de ce qu’elle avait vu ? Revenir aux pieds de Marie faisait tout son bonheur; sa pensée ne la quittait point, non plus qu’une persuasion intime qu’elle la verrait encore.
En effet, dans le courant de décembre, à une date qu’elle n’a pas précisée, elle eut une nouvelle apparition, exactement semblable à celle du 27 novembre, et au même moment, pendant l’oraison du soir; il y eut toutefois une différence notable : la Sainte Vierge, au lieu de s’arrêter à droite de la chapelle, à l’endroit où s’élève aujourd’hui la magnifique statue de la » Vierge au globe « , vint se poser au-dessus du tabernacle, mais un peu en arrière.
La messagère choisie par l’Immaculée reçut de nouveau l’ordre de faire frapper une médaille sur ce modèle. Elle termina son récit par ces mots :
« Vous dire ce que j’ai appris au moment où la Sainte Vierge offrait le globe à Notre-Seigneur, cela est impossible à rendre, comme aussi ce que j’ai éprouvé pendant que j’étais occupée à la contempler ! Une voix se fit entendre au fond de mon cœur; elle me dit : ‘CES RAYONS SONT LE SYMBOLE DES GRÂCES QUE LA SAINTE VIERGE OBTIENT AUX PERSONNES QUI LES LUI DEMANDENT.’ »
Puis, contre son habitude, il lui échappa une exclamation de joie à la pensée des hommages qui seraient rendus à Marie : « Oh ! Qu’il sera beau d’entendre dire : ‘Marie est la Reine de l’Univers, et particulièrement de la France !’ Les enfants s’écrieront : « Elle est la Reine de chaque personne en particulier. »
PRIÈRE
Ô Marie, étoile étincelante, continuez à briller sur notre terre, surtout dans nos cœurs qui vous sont tout dévoués ! Oui, soyez Reine de l’Univers et particulièrement de la France. Sans doute, l’oubli de Dieu continuera son œuvre délétère ; mais nous voulons, nous, le rappeler à ceux qui l’ont oublié. Votre Médaille, fièrement portée, sera là pour redire : « Je crois en Dieu qui nous a donné Marie, je crois Marie et au meilleur de ses dons. »
Nous l’aurons, sa médaille, sur nous, nous la porterons partout ; avec elle, nous le savons bien, nous ferons pénétrer Dieu. Comme une étoile, elle brillera dans nos ténèbres ; et à sa lumière, les égarés reviendront à Dieu par Marie. Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse, exaucez notre prière. Ainsi soit-il !
Ô MARIE CONÇUE SANS PÉCHÉ, PRIEZ POUR NOUS QUI AVONS RECOURS A VOUS !
+P. BAETEMAM
*
Un des vices qui nuit le plus à la sanctification de nos actions, c’est le respect humain ; car il nous empêche de remplir nos devoirs, par la crainte du qu’en- dira – t- on ? C’est un vice honteux et dégradant, car quoi de plus bas que de voir un homme trembler devant son semblable, redouter une raillerie, une plaisanterie !
Il est esclave et agit en esclave : un mot le fait rougir. Je ne reconnais plus un homme, je ne vois qu’un lâche, qui aime mieux déplaire au bon Dieu que d’encourir la critique d’un égal et souvent même d’un inférieur. Voici un fait dont moi-même j’ai été témoin : Deux bons paysans, un jour de marché, entrent dans un cabaret pour prendre un léger repas avant de retourner chez eux ; c’était un vendredi.
Ils demandent du maigre : c’était fort bien ; mais une femme, j’ai honte de le dire, se mit à les plaisanter ; l’un d’eux rougit, l’autre céda, et ils vendirent leur âme au diable pour un plat de viande. O honte ! une nouvelle Ève fit tomber deux nouveaux Adam ; et pourtant qu’il eût été facile de s’en tirer par un bon mot, comme par exemple.
Merci de l’avis, bonne mère, combien vaut-il ? pas cher, probablement ; alors vous nous permettrez de ne pas en user. Ensuite répéter avec fermeté la première demande ; les rieurs eussent été certainement de leur côté. Priez Marie de vous obtenir la force et le courage de résister aux plaisanteries capables de vous faire abandonner votre devoir.
PRIÈRE : Souvenez-vous…

ARRIVÉS À L’ENDROIT DE L’APPARITION, les enfants récitent le chapelet comme à l’ordinaire. Tout à coup Lucie aperçoit l’éclair et, regardant le ciel, s’écrie: “La Voici ! La Voici !” La Dame a paru sur le petit chêne vert. La foule voit se former au-dessus des enfants une nuée blanche qui s’élève trois fois dans l’air.
