Neuvaine de la Transfiguration 6

Sixième jour de la neuvaine – Jésus, l’Élu de Dieu

Transfiguration et nuée
Transfiguration et nuée

La nuée lumineuse de la présence divine couvre le sommet de la montagne. Du milieu de la nuée, une voix se fait entendre : «Celui-ci est mon Fils bien-aimé, mon Élu, écoutez-le ! »

La voix du Père, qui résonne d’en haut, proclama Jésus son Fils bien-aimé comme dans le Baptême dans le Jourdain, en ajoutant : « Écoutez-le ! » (Mt 17,5).

Ces paroles donnent à la scène de la Transfiguration tout son sens.

Pourquoi Jésus change-t-Il d’aspect ? Pourquoi s’enveloppe-t-Il de lumière ?

Ce n’est pas pour offrir aux apôtres un spectacle impressionnant et confortant; C’est pour traduire, à l’extérieur le témoignage solennel que le Père rend à son Fils. Et le Père lui-même donne une conclusion pratique à la vision : «Écoutez-le ! ».

Une grâce extraordinaire ne produit son effet que si elle nous rend plus attentifs et plus obéissants à la Parole divine.

Pour nous, il ne reste que l’ordre divin, clamé du nuage : « Écoutez-le ! »

Écouter et obéir sont cousins germains. Il nous faut donc obéir à Jésus qui dit de monter avec lui sur la montagne. Obéir à Jésus qui commande le silence. Obéir à Jésus qui entraîne vers Jérusalem, en gardant les yeux fixés sur les réalités d’en haut, pour être sûrs de bien voir celles d’en bas.

Pour entrer dans la vie éternelle, il faut écouter Jésus, le suivre sur le chemin de la croix, en portant dans le cœur comme Lui, l’espérance de la résurrection. Sauvés dans l’espérance. Aujourd’hui nous pouvons dire : « Transfigurés dans l’espérance ».

Ce n’est qu’au moment d’entendre la voix du Père qu’ils ont pris peur. Souvent nous ne nous rendons pas compte à quel point le Christ est impliqué en nos vies – il est constamment là.

Pourtant, à un certain point, sa voix devient forte et clair et nous commençons à avoir peur, comme si sa présence nous était complètement étrangère. C’est pourquoi le Christ nous dit, « n’ayez pas peur ! » et c’est pourquoi son Vicaire sur la terre, le pape, le répète constamment.

*

On peut communier d’une autre manière à la Transfiguration du Sauveur. Le Pape saint Léon remarque a que la glorification du Christ fonde l’espérance de toute l’Église et que les membres du Corps mystique sont appelés au même honneur que leur Chef. C’est qu’en effet le Père céleste ne sépare pas de Jésus ceux qui croient en lui et regarde avec une même complaisance les enfants d’adoption et le Fils unique.

Le chrétien est convié à participer, dans un degré inférieur, maïs très réel, à la filiation divine et à la gloire du Sauveur. « Vous avez, par la voix sortie de la nuée lumineuse, merveilleusement préfiguré la parfaite adoption de vos enfants », dit l’oraison de la Transfiguration.

Et saint Paul adresse aux Philippiens cet avertissement de radieuse espérance : « Notre cité est dans les cieux d’où nous attendons aussi comme Sauveur le Seigneur Jésus-Christ, qui transformera notre corps si misérable en le rendant semblable à son corps glorieux » (Philippiens III,1)

Dès ici-bas, nous sommes enfants de Dieu et frères de Jésus-Christ par la grâce : « Voyez quel amour le Père nous a témoigné, que nous soyons appelés enfants de Dieu et que nous le soyons en effet » (1Jn III, 1).

Nous participons en Jésus-Christ à la nature divine; la grâce nous renouvelle à son image, opère en nous une transfiguration qui reste cachée, mais qui doit un jour s’épanouir dans la gloire céleste quand tombera le voile qui nous sépare du monde invisible :

« Ce que nous serons un jour n’a pas encore été manifesté ; mais nous savons qu’au jour de cette manifestation, nous serons semblables à Dieu, parce que nous le verrons tel qu’il est » (1Jn III, 2). Et pour que rien ne manque à cette glorification, le corps lui-même y aura part. Ainsi notre ressemblance avec le Christ transfiguré sera entière.

Le Sauveur a même voulu prévenir les doutes que notre pauvre raison pourrait être tentée d’opposer à la promesse de glorification corporelle. Par une de ces délicatesses exquises dont son Cœur sacré est prodigue, il a voulu que sa Transfiguration s’opérât, non dans son corps sorti du tombeau et désormais glorieux, mais dans son corps passible qui allait être cloué à la croix.

De la sorte, en même temps qu’il prémunissait les apôtres contre le scandale de ses souffrances, il donnait la preuve que le limon misérable dont nous sommes pétris serait associé à la gloire qui apparaissait en lui et que son sang rédempteur allait mériter pour nous.

Il nous en a laissé le gage dans l’adorable Eucharistie, gage de la future gloire, où, par le don de son Corps très saint, il dépose dans notre âme le germe de la gloire éternelle et dans notre chair une semence de résurrection.

Nous serons donc un jour resplendissants comme le Christ sur la montagne. Bien plus, cette splendeur existe déjà et n’attend que le moment de se mani­fester : « Le visage découvert, réfléchissant comme un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes trans­formés en la même image, de gloire en gloire, par l’action de l’Esprit du Seigneur »(II Cor, III, 18) .

Cette pensée bienfaisante que notre glorification est dès mainte­nant commencée et recevra un couronnement qui la rendra parfaite, est un des fruits précieux de la Transfiguration. Ce mystère la fait voir réalisée en Jésus et en ravive l’espérance chez les membres de son corps mystique.

L’air est pur sur ces cimes où le béni Rédempteur se montre à ses privilégiés dans l’éclat de sa nature humaine glorifiée ; et l’on est pris du désir d’y demeurer, ainsi que le souhaitait saint Pierre en une demande, de soi légitime, maïs alors hors de propos, car elle méconnaissait un aspect du mystère qu’il importe souverainement de ne pas négliger.

*

Seigneur, nous te prions de nous aider à comprendre que c’est toi qui es la source de la connaissance.

Aide-nous à entendre ta voix et à la suivre en toute confiance.

Gloire et louange à notre Dieu, éblouissant de sainteté!

Ta transfiguration révèle ta lumière qui veut se donner aux hommes.

Prières quotidiennes

Neuvaine de la Transfiguration 5

Cinquième jour de la neuvaine – Construction de l’Église universelle

Transfiguration détail vitrail Saint Pierre Plogonnec Bretagne
Transfiguration détail vitrail Saint Pierre Plogonnec Bretagne

Pierre voudrait se fixer dans la béatitude de la Transfiguration. Il suggère à Jésus la construction de trois tentes. Ainsi un fidèle, au début de sa vie spirituelle, désire prolonger les «consolations», les moments de douceur intime. Jésus laisse sans réponse la suggestion de Pierre.

Ni aux premiers disciples, ni à nous mêmes il n’est permis de se soustraire aux durs travaux de la plaine et de s’établir dès maintenant dans une paix qui n’appartient qu’à la vie future.

Avant de jouir de cette paix et de cette gloire, il faut travailler, il faut pâtir.

Si tu étais resté avec ton maître sur la montagne, ô Pierre, les promesses qui t’ont été faites n’auraient pas eu d’effet : tu n’aurais pas été l’introducteur au royaume des cieux ; le ciel n’aurait pas été ouvert au larron ; la tyrannie de la mort n’aurait pas été détruite ; l’enfer n’aurait pas rendu sa proie ; les patriarches n’auraient pas été délivrés des enfers ; la nature humaine n’aurait pas été revêtue de l’immortalité.

Transfiguration vitrail entier Plogonnec Bretagne
Transfiguration vitrail entier Plogonnec Bretagne

Le Seigneur a des desseins plus grands que ceux que tu formes toi-même : il t’a proposé, non la construction de trois tentes, mais la construction de l’Église universelle. Ce que tu voulais faire, ce sont tes disciples qui le feront et qui construiront sur cette montagne trois temples en l’honneur du Christ, de Moïse et d’Élie

(Saint Jean Damascène : Homélie sur la Transfiguration, 16).

Alors oui, faisons-lui confiance, même si, comme les trois disciples, nous ne savons pas encore ce que signifie « ressusciter ».

Nous t’en prions, Seigneur, que ta lumière vienne illuminer nos vies ! Que ta Parole nous rende capables de revenir vers toi, de tout notre cœur ! Que ton Esprit nous révèle le sens de toute chose et nous cheminerons vers toi dans l’intelligence de la foi, Dieu fidèle pour les siècles des siècles.

Seigneur Jésus, enseigne-nous à te prier et à te connaître intimement. Ouvre nos cœurs à ta parole et à tes promesses.

Gloire et louange à notre Dieu, éblouissant de sainteté!

Ta transfiguration révèle ta lumière qui veut se donner aux hommes.

Prières quotidiennes

Saint Alphonse de Liguori

Saint Alphonse de Liguori

saint Alphonse de Liguori
saint Alphonse de Liguori

Mémoire de saint Alphonse-Marie de Liguori, évêque et docteur de l’Église. Remarquable par son zèle des âmes, ses écrits, sa parole et son exemple, pour favoriser la vie chrétienne dans le peuple, il s’est donné à l’œuvre de la prédication et il a publié des livres, principalement de morale, discipline dont il est reconnu maître et, malgré de nombreuses traverses, il fonda la Congrégation du Très Saint Rédempteur pour l’évangélisation des campagnes.

Élu évêque de Sainte-Agathe des Goths, il se dépensa de manière extraordinaire dans ce ministère, qu’il dût laisser, après quinze ans, pour de graves raisons de santé, et il se retira, jusqu’à sa mort en 1787, à Nocera del’ Pagani, supportant des peines et des difficultés nombreuses. (Martyrologe romain)

Le 30 mars 2011, le Pape émérite Benoît XVI a tracé un portrait de saint Alphonse de Liguori, évêque et docteur de l’Église, « un insigne théologien moraliste, un maître de spiritualité… Né dans une noble famille napolitaine en 1696, il fut un brillant avocat avant d’abandonner cette profession pour devenir prêtre en 1726″.

Puis le Pape a rappelé que saint Alphonse « entreprit une œuvre d’évangélisation par la catéchèse parmi les plus pauvres, auxquels il aimait prêcher en leur présentant les fondements de la foi… En 1732, il fonda la Congrégation du Rédempteur » qui, sous sa direction forma des « missionnaires itinérants touchant jusqu’aux villages les plus isolés où ils encourageaient la conversion et la persévérance chrétienne, principalement par la prière ».

Mort en 1787, Alphonse de Liguori fut canonisé en 1839 et déclaré docteur de l’Église en 1871. Ce titre était justifié par un riche enseignement de théologie morale « proposant parfaitement la doctrine catholique, au point que Pie XII le proclama Patron des confesseurs et des moralistes… Saint Alphonse ne cessait de dire que les prêtres sont un signe visible de la miséricorde infinie de Dieu, qui pardonne et éclaire le pécheur afin qu’il se convertisse et change de vie.

Aujourd’hui aussi, face aux signes d’un affaiblissement de la conscience morale, dont une préoccupante désaffection de la confession, l’enseignement d’Alphonse de Liguori apparaît utile…. Outre ses œuvres théologiques, il composa des traités pour la formation religieuse du peuple…

Ses ‘Maximes éternelles ou Les gloires de Marie‘*, les ‘vertus de Marie’ et son chef d’œuvre ‘Aimer Jésus-Christ’, condensent sa pensée. Son insistance sur la nécessité de la prière y est constante…et en particulier sur la visite du Saint Sacrement, qu’elle soit brève ou prolongée, personnelle ou communautaire ».

La spiritualité de saint Alphonse « est éminemment christologique, ayant le Christ et l’Évangile pour cœur. La méditation du mystère de l’Incarnation et de la Passion sont souvent le sujet de sa prédication », où il insiste aussi sur le rôle de Marie dans l’histoire du salut.

Benoit XVI a conclu en rappelant qu’Alphonse de Liguori fut également « un exemple de pasteur zélé, qui conquérait les âmes en prêchant l’Évangile et en administrant les sacrements. Il œuvrait avec une bonté qui venait de son intense relation à Dieu, Dieu d’une bonté infinie. Il eut une vision positive des ressources que le Seigneur accorde à tout homme pour faire le bien, soulignant l’importance de l’affection envers Dieu et le prochain, au-delà des ressources offertes par l’esprit ».

* dont voici les titres de chapitre : MARIE, NOTRE REINE, NOTRE MÈRE – MARIE, NOTRE VIE, NOTRE DOUCEUR – MARIE, NOTRE ESPÉRANCE – MARIE, NOTRE SECOURS – MARIE, NOTRE MÉDIATRICE – MARIE, NOTRE AVOCATE – MARIE, NOTRE GARDIENNE – MARIE, NOTRE SALUT – CLÉMENCE ET BONTÉ DE MARIE – DOUCEUR DU NOM DE MARIE.

PRIÈRE A LA BIENHEUREUSE VIERGE pour les derniers instants.

O Marie, doux refuge des malheureux pécheurs, quand mon âme devra sortir de ce monde, je vous en supplie, ma très douce Mère, par la douleur que vous ressentîtes en voyant votre Fils qui se mourrait sur la Croix, assistez-moi alors de votre miséricorde, Éloignez de moi les ennemis infernaux, et venez vous-même recueillir mon âme, pour la présenter au juge éternel. Ma souveraine, ne m’abandonnez pas.

Vous devez être, après Jésus, mon appui dans ce moment redoutable. Priez votre Fils de m’accorder dans sa bonté la faveur d’exhaler mon âme dans ses saintes plaies, en disant : Jésus et Marie, je vous donne mon cœur et mon âme !

DE L’AMOUR DE JÉSUS CHRIST PAR SAINT ALPHONSE-MARIE – voir  page 2

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