EUCHARISTIE MÉDITÉE 29

EUCHARISTIE MÉDITÉE 29

La vieillesse ou le soir et l’hiver de la vie.

Seigneur, demeurez avec nous, car il se fait tard.

Eucharistie- Motif sculpté sur porte d'église - Bruxelles
Eucharistie- Motif sculpté sur porte d’église – Bruxelles

29e ACTION DE GRÂCES.

Je vous adore en moi, ô Jésus Dieu vivant, vous qui seul êtes celui qui est, qui seul êtes la vie, la vie véritable, la vie dont je veux vivre, dont j’ai soif et sans laquelle je meurs. Donnez-la-moi cette vie, ô bien-aimé Sauveur, communiquez-la à mon âme, donnez-la-lui pleine, entière et abondante.

Je ne trouve en moi, il est vrai, que misères, infidélités, ingratitudes, et cependant, Seigneur, je ne veux plus que vous, j’aspire à vous de toutes les forces de mon âme, et cette âme, détachée de tout, dit à tout cœur qui n’est pas le vôtre : Vous êtes trop étroit pour contenter le mien, à toute lumière qui ne m’apprend rien de votre beauté, de vos perfections infinies : Vous n’êtes que ténèbres, à tout trésor qui n’est pas vous : Vous n’êtes qu’indigence.

En un mot, ô Jésus, tout ce qui n’est pas vous ne saurait me suffire, c’est vous, c’est vous seul qu’il me faut, sans vous toutes choses ne me sont rien, et hors de vous mon âme  trouve amertume, affliction et douleur.

Oui, ô Jésus, mon âme a soif de vous, soif de vous voir, soif de vous posséder, soif surtout de vous aimer. Donnez-le-moi votre amour, ô mon Dieu, mais un amour sans mesure, un amour sans mélange, un amour sans fin. Restez avec moi, ô vous qui êtes la source des clartés sans ténèbres, des joies sans mélange, des biens impérissables. Demeurez avec moi, ô Jésus.

Hélas ! j’aurais dû vous appeler, vous retenir dès le premier rayon d’intelligence qui vous révéla à mon âme ; mais j’ai erré loin, bien loin de vous une grande partie du jour de ma vie, et maintenant que ce jour baisse, que les ombres de la mort descendent rapidement sur mon horizon, ne méprisez pas, Seigneur, mes tardives supplications, pardonnez-moi mes égarements, mes infidélités, mon ingratitude et ne repoussez pas les regrets d’un cœur sincèrement contrit et humilié.

Ma vie a passé comme un songe, mes jours se sont enfuis comme une ombre fugitive ; ces jours ont été courts, ils n’ont pas été toujours mauvais. Mais vous le savez, ô Jésus, mes yeux ont versé bien des larmes, de grandes, de poignantes douleurs ont torturé, ont brisé mille fois mon cœur, la route de mon pèlerinage n’a pas été semée de fleurs, mais d’épines, et chacun de mes pas y a laissé pour trace une douleur ou un regret.

Et cependant, ô mon Dieu, ces jours, ces années semées pour moi de tant d’afflictions et dont le poids accablait ma faiblesse, dont la durée parfois m’a paru si longue, ont passé avec la rapidité de l’éclair; de ces heures d’angoisses, de tristesse et de deuil, à peine me reste-t-il un vague et confus souvenir ; ont-elles été stériles et perdues pour moi?

Ont-elles déposé quelques mérites dans le trésor de vos miséricordes ? Je l’ignore, tout ce que je sais, c’est que le jour de ma vie baisse, que je suis au soir, que je m’achemine vers la tombe qui s’ouvre devant moi et qu’il me semble cependant toucher encore à mon berceau, tant l’espace qui le sépare de ma tombe me paraît rapproché.

Ah! demeurez avec moi, ô Jésus, car il se fait tard, le jour de ma vie est à son déclin, ne me quittez pas, restez avec moi pour assurer mes derniers pas, laissez-moi m’appuyer sur vous jusqu’à la fin de ma course, ayez pitié de ma faiblesse , ne m’abandonnez pas, restez avec moi pour adoucir les angoisses du suprême combat, pour essuyer mes dernières larmes, pour soutenir, fortifier et consoler mon âme dans les luttes et les mortelles frayeurs de la dernière agonie.

Que mes derniers regards s’attachent sur vous, ô Jésus, dans votre Eucharistie, que ce pain sacré soit mon viatique et mon dernier aliment, que ce soit sur votre cœur adorable que s’éteignent les derniers battements du mien et que te dernier sentiment de ce cœur soit un sentiment de reconnaissance, d’action de grâce pour votre Eucharistie, pour cet adorable Sacrement qui a été pour moi la source de tant de grâces, la plus douce joie de ma vie, ma consolation, mon bonheur.

Ne me quittez pas, ô bien-aimé Sauveur ; demeurez avec moi pendant les quelques jours qui me restent encore à passer sur la terre. Vous le voyez, Seigneur, la route devient de plus en plus difficile, plus j’approche du terme, plus les épreuves se multiplient.

Hélas ! mes forces sont épuisées, mon âme est sans courage, sans énergie, elle va tomber en défaillance si vous ne vous faites vous-même sa force, son courage, si vous ne restez avec elle pour l’aider à supporter les rudes épreuves que votre providence lui ménage, à accomplir généreusement les derniers efforts que vous lui demandez.

Votre Eucharistie n’est-elle pas le pain qui fait les forts? n’est-ce pas ce pain divin qui rend les martyrs invincibles et comme insensibles aux plus affreux tourments. N’est-ce pas lui qui leur fait dominer la mort et trouver des joies divines, de célestes voluptés au milieu des atroces supplices qu’invente pour les vaincre la cruauté des tyrans?

Les martyrs livrés à eux-mêmes, eussent été faibles comme je le suis moi-même, unis à vous, nourris de vous, ils étaient forts de votre force, vous souffrirez en eux et votre amour leur adoucissait les aiguillons de la douleur.

Restez donc avec moi, ô Jésus, pour être ma force, mon courage, pour me soutenir et me consoler dans ces jours de douloureuse séparation si fréquents au déclin de la vie, pour adoucir l’amertume de mes larmes, alors que je verrai la tombe s’ouvrir et se refermer sur quelques-uns des rares amis qui me restent encore sur la terre, chères épaves échappées au naufrage de toutes mes affections, amis d’autant plus chers qu’ils sont devenus plus rares, qu’ils ont partagé les joies et les douleurs de ma vie tout entière, et qu’une longue habitude de verser tout mon cœur dans leurs cœurs me les a rendus en quelque sorte nécessaires.

Ah ! s’il vous plaît de me les reprendre, ô mon Dieu, arrêtez la plainte sur mes lèvres, élevez mon âme plus haut que cette misérable terre, où rien n’est stable, où tout finit et que je vais bientôt quitter à mon tour.

Consolez-moi par la douce espérance de retrouver dans votre sein pour ne plus m’en séparer jamais ceux qui m’y précèdent seulement de quelques jours; faites que mon amour pour vous s’accroisse à chaque nouveau sacrifice que vous me demandez, et que mes affections en se brisant, en dénouant un à un les liens qui attachent mon cœur à la terre, rendent plus étroits et plus forts ceux qui l’unissent à votre cœur adorable.

Enfin, ô Jésus, demeurez avec moi jusqu’à mon dernier jour, que le soleil de votre Eucharistie éclaire et assure les derniers pas que je ferai sur la terre, qu’il soit la joie de ma vieillesse, comme il a été la joie de ma jeunesse, que ses divins rayons éclairent mon lit de mort, qu’ils fassent sentir à mon cœur leur divine chaleur jusque sous les étreintes glacées de la main de la mort.

Accompagnez-moi, ô miséricordieux Sauveur, jusqu’au seuil de l’éternité, endormez mon âme sur votre sein comme une mère endort sur le sien son petit enfant, qu’elle ne soit pas un seul instant séparée de vous, et qu’en s’éveillant elle voie commencer pour elle les inénarrables délices de l’éternelle communion du ciel.

Ô Marie, Vierge immaculée, vous qui seule avez bien compris et dignement apprécié le don divin de l’Eucharistie, vous qui après l’ascension de votre divin Fils, le retrouviez chaque jour avec tant de joie et de bonheur dans ce sacrement d’amour, vous dont l’Eucharistie était la consolation et la vie, voyez combien ce pain sacré m’est cher et nécessaire, ne permettez pas que j’en sois privé, s’il faut l’acquerir par des souffrances et par des sacrifices, le manger pour ainsi dire à la sueur de mon front.

Vous le savez, ô tendre Mère, je ne les refuse pas, je sais que la communion fréquente est un engagement aux souffrances et au martyre du cœur, et qu’en communiant à la chair et au sang de votre divin Fils, je dois communier à ses douleurs et à son esprit, qui est l’esprit de la croix.

Obtenez-moi la grâce, ô Vierge sainte, d’être généreux et de ne pas reculer devant les sacrifices ; mais obtenez-moi également celle de ne pas être privé de la seule consolation qui puisse les adoucir et les rendre faciles, la sainte communion.

Et puis, ô tendre Mère, ayez pitié de l’indigence de votre enfant, et offrez à votre divin Fils toutes les richesses de votre cœur immaculé pour suppléer à ce qui me manque quand je me dispose à le recevoir, ou que j’ai le bonheur de le posséder. Ainsi soit-il.

Léonie Guillebaut

Sainte Catherine de Sienne, docteur de l’Église

Sainte Catherine de Sienne, docteur de l’Église

sainte Catherine de Sienne- Carlo Dolci (1616–1686) Dulwich Picture Gallery - London
sainte Catherine de Sienne- Carlo Dolci (1616–1686) Dulwich Picture Gallery – London

À l’occasion de la mémoire liturgique de la sainte patronne de l’Italie et co-patronne de l’Europe,le défunt Pape  François a évoqué naguère « une si grande figure de femme et de croyante, qui n’a cessé de rappeler les valeurs de l’Évangile ».

*

« Aucun État ne peut être  en droit civil conservé en état de grâce sans une sainte justice » : ce sont là quelques mots qui ont rendu célèbre cette sainte patronne de l’Italie. Née en 1347, Catherine ne va pas à l’école, elle n’a pas de professeur. Mais à ses parents elle commence à faire des discours vers l’âge de 12 ans. Et toujours elle vérifie.

Après tout, elle ne demande qu’une petite pièce qui sera sa « cellule » du tertiaire dominicain (ou Mantellata, pour la robe blanche et le manteau noir). La petite salle devient le cénacle des artistes et des érudits, des religieux, tous plus instruits qu’elle. Ils s’appelleront « Caterinati ». Elle apprend à lire et à écrire, mais la plupart de ses messages sont dictés.

Avec eux, elle parle aux papes et aux rois, aux femmes de la maison et aux reines, ainsi qu’aux prisonniers. Elle se rend à Avignon, ambassadrice des Florentins pour une mission de paix ratée avec le pape Grégoire XI. Mais elle pousse le pape à retourner à Rome en 1377. Elle doit ensuite se rendre à Rome, appelé par le pape Urbain VI après la rébellion d’une partie des cardinaux, ce qui commence le schisme de l’Occident.

Mais ici, elle tombe malade et meurt, à seulement 33 ans. Elle sera canonisée en 1461 par le pape siennois Pie II. En 1939, Pie XII la déclara patronne d’Italie auprès de François d’Assise.

Catherine (du grec: femme pure) a vécu en un moment historique et dans un pays , la Toscane, riche en ressources spirituelles et culturelles, dont la scène artistique et littéraire était remplie de personnalités telles que Giotto (1267-1337) et Dante (1265-1321), mais en même temps déchirées par des tensions et des luttes fratricides de nature politique , où les désaccords entre Guelfes et Gibelins occupaient l’espace prédominant.

Vierge et docteur de l’Église, sainte Catherine de Sienne, ayant pris l’habit des Sœurs de la Pénitence de Saint Dominique, s’est efforcée de connaître Dieu en elle-même et elle-même en Dieu et de se conformer au Christ crucifié ; elle a lutté vigoureusement et sans relâche pour la paix, pour le retour du pontife romain dans la ville de Rome et pour le rétablissement de l’unité de l’Église, laissant aussi des écrits célèbres sur son extraordinaire doctrine spirituelle.

Quand on pense à sainte Catherine de Sienne, on pense à eux. Trois aspects de ce mysticisme dans lequel les plans naturels ont été déformés : son appartenance totale au Christ, la sagesse infuse, son courage. Les deux symboles iconographiques du livre et du lis représentent respectivement la doctrine et la pureté.

L’insistance de l’iconographie ancienne sur les symboles doctrinaux et surtout le chef-d’œuvre du Dialogue de la Divine Providence (ou Livre de la doctrine divine), l’exceptionnel Epistolario (ses lettres) et le recueil de prières ont été décisifs pour la proclamation de Sainte-Catherine comme docteur de l’église , qui a eu lieu le 4 octobre 1970 sur l’ordre de Paul VI (1897-1978), sept jours après celle de sainte Thérèse d’Avila (1515-1582).

Prière à Marie de Sainte Catherine de Sienne

O Marie, Temple de la Trinité, O Marie, porteuse de feu, Marie, distributrice de miséricorde, Marie, qui as fait germer le fruit divin !…

O Marie, mer tranquille, distributrice de paix, Marie, terre féconde. Tu es l’arbre nouveau qui a porté la fleur odorante du Verbe, Fils unique de Dieu.

En toi, terre féconde, fut semé le Verbe. Tu es à la fois la terre et l’arbre.

O Marie, bénie sois-tu à jamais entre toutes les femmes, car en ce jour tu nous a donné le pain de ta farine : la divinité a été unie et pétrie avec l’humanité, si fortement que rien désormais, ni la mort, ni nos ingratitudes, ne pourra rompre l’union.

O Marie, je viens à toi. Tu connais toutes les intentions de mon cœur, j’ai confiance en toi et en ton intercession auprès de Jésus ton Fils, notre Sauveur. Écoute ma prière…(exprimer ses intentions dans le silence)

Un Notre Père puis un Je vous Salue Marie.

Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

Voir l’audience de Benoit XVI sur Catherine de Sienne (page 2)

EUCHARISTIE MÉDITÉE 28

EUCHARISTIE MÉDITÉE 28

Maladies, infirmités.

Seigneur, celui que vous aimez est malade. Jn 11, 3

Eucharistie- Motif sculpté sur porte d'église - Bruxelles
Eucharistie- Motif sculpté sur porte d’église – Bruxelles

28e ACTION DE GRÂCES.

Je vous adore, ô Jésus, Dieu de bonté et d’amour qui n’avez pas refusé de venir me visiter sur mon lit de douleur, me consoler par votre divine présence et qui voulez adoucir mes souffrances en venant vous-même m’aider à les supporter, et mon cœur ému et pénétré d’une tendre reconnaissance vous bénit, vous aime et vous supplie de suppléer vous-même à l’impuissance où je suis de vous offrir une action de grâces dont la ferveur corresponde à la grandeur du bienfait que vous m’accordez.

Que vous êtes bon, ô Jésus ! que votre amour est grand, qu’il est tendre et compatissant; Je ne peux plus aller à vous et vous ne dédaignez pas de venir à moi. Vous condescendez aux désirs de mon cœur et, à peine vous a-t-il adressé cette prière : Seigneur, celui que vous aimez est malade, que pour venir à moi, vous sortez de votre tabernacle, de votre temple.

Vous traversez les rues, vous daignez entrer dans mon humble demeure, le lit où je souffre devient votre autel, et vous n’avez pas horreur d’unir votre chair impassible et glorieuse à ma chair infirme et de faire votre tabernacle de ce corps que la mort a marqué de son sceau et qui bientôt subira la dissolution du tombeau.

Vous venez déposer en lui un germe de vie et d’immortalité et consoler mon âme par la douce espérance d’une vie éternellement heureuse et pour jamais exempte des douleurs et des tristesses de celle qui m’échappe et va bientôt finir pour moi.

Vous êtes à moi, ô Jésus, je vous sens vivre en moi, votre cœur adorable parité à côté de mon pauvre cœur, il dissipe sa tristesse, il calme ses angoisses, il le console, il le réjouit.

Avec vous, ô Jésus, je sens commencer cette vie de bonheur à laquelle j’aspire, le monde disparaît pour moi, je ne lui envie ni ses joies, ni ses plaisirs, ni aucun de ses biens éphémères : santé, fortune, jouissances, toutes ces choses ne me semblent plus rien, parce qu’en vous possédant je possède infiniment plus que tout cela.

Vous me tenez lieu de tout, ô bien aimé Sauveur, votre présence me console de tout, je souffre, mais je vous aime, et votre amour, Seigneur , a trouvé le secret de transformer la souffrance et de la rendre supportable.

Il est vrai cependant, ô Jésus, que parfois la nature se plaint, elle se soulève et cherche à jeter dans mon âme le trouble et le découragement ; mais un regard vers votre croix, un acte de soumission à votre volonté apaisent ses soulèvements, et en pressant sur mon cœur votre image adorée, le crucifix, trésor du pauvre malade, la paix y succède au trouble, la patience et la résignation au découragement.

Mais c’est surtout quand vous êtes uni à moi, quand mon âme a été le matin fortifiée par vous, embaumée du parfum de votre divine présence, que je me sens plus courageux, plus patient. Vous vivez alors en moi, ô Jésus, vous soutenez ma faiblesse, et c’est vous qui êtes ma force et ma patience.

Ah! faites plus encore Seigneur, inoculez à mon âme votre force face à la souffrance et à la croix, force qui vous faisait soupirer avec ardeur après le baptême sanglant qui devait assurer notre salut.

Cette force face à la souffrance, vous l’avez communiquée à tous vos saints, ils en étaient avides et saintement jaloux de vous rendre amour pour amour, ils eussent -voulu aussi vous rendre sang pour sang, sacrifice pour sacrifice, et ils supportaient la douleur avec plus d’ardeur que les mondains ne soupirent après les plaisirs et les fausses jouissances que leur offre le monde.

Hélas ! je l’avoue, ô mon Dieu, je suis bien loin de l’héroïsme de ces grands âmes, je n’ai ni leur générosité, ni leur amour. Loin d’aimer la souffrance, je la crains, je la redoute.

Je ne voudrais pas il est vrai, s’il était en mon pouvoir de le faire m’en délivrer contre votre volonté ; mais je ne la désire pas et je voudrais parfois que votre volonté condescendit à ma lâcheté, en m’enlevant ces souffrances dont je devrais vous bénir comme d’une de vos grâces les plus précieuses et l’une des marques les plus certaines de votre amour.

Ah! il n’en sera plus ainsi à l’avenir, ô Jésus, si je n’ai pas le courage de supporter de nouvelles souffrances, je vous bénirai, j’accepterai avec une parfaite soumission à votre sainte volonté, la vie de sacrifice que vous voulez pour moi, sûr de faire votre sainte volonté avec patience.

Je ne me plaindrai plus de la longueur de mes maux, de l’impuissance à laquelle me réduit mon état d’infirmité et de faiblesse. Cet état  entre dans les desseins de votre providence pour ma sanctification. Cette seule pensée suffit à éteindre dans mon cœur tout désir qui n’y serait pas conforme.

Et puis Seigneur, j’ai péché et comme pécheur je dois à votre justice une satisfaction proportionnée au nombre et à la grandeur de mes offenses. Hélas ! ô mon Dieu, si vous m’aviez laissé le soin de pourvoir moi-même à cette satisfaction, ma faiblesse, ma lâcheté m’eussent empêché d’entrer courageusement dans les voies de la pénitence.

L’amour propre m’eût fourni mille prétextes pour me persuader de m’en dispenser et la mort m’eût surpris chargé de toute ma dette que j’aurais dû solder jusqu’à la dernière obole dans cette autre vie où la miséricorde s’exerce certes toujours, mais où la justice sévit aussi dans sa rigueur.

C’est donc dans votre miséricorde bien plus que dans votre justice, ô mon Dieu, que votre main s’est étendue sur moi. Loin de me plaindre de vos apparentes rigueurs je vous en bénis, Seigneur. Vous ne me châtierez pas deux fois, et si vous le faites dans ce monde c’est pour m’épargner dans l’autre.

Ah! ne m’épargnez pas, Seigneur, que le feu de la douleur uni à celui de votre amour, achève d’effacer dans mon âme jusqu’aux dernières traces du péché,  afin qu’au moment de ma mort rien ne s’oppose plus à mon éternelle union avec vous.

Oh ! qu’il est doux, ô Jésus, ce purgatoire de miséricorde, cette expiation que vous m’imposez dans votre amour et que vous venez si souvent consoler par votre présence adorée. Je l’accepte donc avec reconnaissance, je vous remercie Seigneur de vous être défié de ma faiblesse et de vous être chargé vous-même du soin de mes fautes.

Je sais encore, ô aimable Jésus, qu’en unissant mes souffrances aux vôtres, en les supportant avec amour, elles peuvent devenir toute puissantes sur votre cœur et m’obtenir des grâces abondantes non-seulement pour moi; mais pour tous ceux qui me sont chers.

Que leur voix unie à celle de votre sang, ô Jésus, plaide sans cesse devant vous la cause de tous ceux que j’aime, qu’elle attire sur eux vos grâces et vos plus abondantes bénédictions, qu’elle vous demande miséricorde pour les pécheurs et leur obtienne des grâces de repentir et de conversion.

Acceptez-les enfin en faveur des saintes âmes du purgatoire, en particulier de celles que j’ai le plus aimées ici-bas et dont le souvenir est toujours vivant dans mon cœur, de celles aussi qui sont le plus abandonnées et qui n’ont laissé sur la terre ni regrets, ni souvenir.

Ayez pitié, ô Jésus, de ces pauvres délaissées, écoutez l’humble prière que je vous adresse pour ces tristes exilées du ciel, pour ces sœurs inconnues qui me sont chères puisque vous les aimez. Abaissez sur elles un regard de compassion, ô Jésus ! Souvenez-vous d’elles, alors que tous les oublient et ouvrez leur la porte du ciel.

O vous que l’Église nomme le salut des infirmes, Vierge si bonne et si compatissante, vous êtes après Jésus, ô ma tendre mère, ma plus douce consolation, le plus ferme appui de mon espérance.

Ah ! souffrez que je dépose dans votre cœur maternel toutes les inquiétudes, toutes les craintes du mien, que je lui confie toutes ses douleurs et que je m’abandonne à votre amour avec la confiance de l’enfant qui se repose de tout sur la tendre sollicitude de sa mère.

Oui, Vierge sainte, je m’abandonne à vous, je remets entre vos mains le passé, le présent, l’avenir, obtenez-moi miséricorde pour le passé, patience pour le présent, espérance et confiance pour l’avenir. Ainsi soit-il.

Léonie Guillebaut

site officiel en France