saint Jean-Marie Vianney, curé d’Ars

saint Jean-Marie Vianney, curé d’Ars

le curé d'ArsEn ce 4 août, mémoire de saint Jean-Marie Vianney, prêtre. Curé de la paroisse d’Ars, au diocèse de Belley, pendant plus de quarante ans, jusqu’à sa mort en 1859, il accomplit son ministère d’une manière admirable par sa prédication, sa prière continue et son exemple de pénitence.

Chaque jour, il catéchisait enfants et adultes, réconciliait les pénitents, et une telle charité, puisée dans la sainte Eucharistie comme à sa source, resplendissait en lui qu’on venait de loin rechercher ses conseils, et qu’il conduisit à Dieu, avec sagesse, un grand nombre de personnes. (Martyrologe romain)

A ce propos, voici ce qu’ a dit le Pape François, lors de l’Angélus du 4 août 2013 : « Je voudrais assurer un souvenir particulier pour les curés et tous les prêtres du monde, car aujourd’hui on fait mémoire de leur saint patron: saint Jean -Marie Vianney. Cher frères, nous sommes unis dans la prière et la charité pastorale. »

Lire aussi : Benoit XVI 15 août 2009 – sur la Vierge Marie et le curé d’Ars

Neuvaine de la Transfiguration 7

Septième jour de la neuvaine – Jésus rassure l’homme

La transfiguration motif du vitrail Plogonnec Bretagne

Les disciples sont terrassés d’effroi. Jésus les touche et les rassure. «Et, eux, levant les yeux, ne virent plus personne que lui, Jésus, seul ». Nous pouvons trouver à cette phrase des sens divers, également vrais.

La condition normale du disciple de Jésus, en ce monde, est de s’attacher à la personne de Jésus, sans que celle ci revête les attributs extérieurs de la gloire divine. Le disciple doit voir «Jésus, seul», Jésus dans son humilité.

Si, à de rares moments, son image nous semble enveloppée de lumière, et si nous croyons entendre la voix du Père, désignant le Fils à notre affection, ces éclairs ne durent pas; et nous devons aussitôt retrouver Jésus, là où Il se trouve habituellement, au milieu de nos humbles et parfois difficiles devoirs quotidiens.

Le Christ lit dans les cœurs et y apprécie la disponibilité, la pureté et l’amour. Et bien qu’il soit souverainement juste, il choisit, il a des préférences. Il désire avoir autour de lui ceux qui le respectent et l’adorent avec ferveur. Cette fois-ci, il a choisi Pierre, Jacques et Jean (Mt 17,1). C’est chacun de nous qu’il choisit et qu’il appelle à le contempler dans la lumière de l’évangile et à le suivre.

Nous avons besoin d’un pont entre Dieu et l’homme : c’est le Christ, l’Homme-Dieu. Il nous montre le chemin. Il nous montre qui nous pouvons être et il nous donne le courage de nous présenter nous-mêmes devant notre Père céleste.

*

Jésus transfiguré ne manifeste sa gloire que pour un temps, car il doit, avant de retourner au ciel, suivre ia voie douloureuse du Calvaire. Telle est la volonté de son Père, amoureusement acceptée par lui et dont il s’entretient avec Moïse et Élie, concertant, pour ainsi dire, avec eux l’exécution de cet ordre divin : « Ils parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem » (Luc IX, 31).

Depuis ce jour, le Christ annonce à maintes reprises le baptême sanglant dont il doit être baptisé et multiplie les avertissements aux apôtres qui ne parviennent pas à se détacher de leurs rêves temporels. Il leur défend de répéter ce qu’ils ont vu, tant qu’il ne sera pas ressuscité, et eux conçoivent si peu un Messie souffrant qu’ils cherchent entre eux la signification de cette prédic­tion surprenante.

Il prophétise de nouveau sa Passion, et eux se gardent de le questionner sur ce point, par crainte de trop bien comprendre une réponse trop claire- Bien mieux, deux des témoins de la grande merveille, Jacques et Jean, n’hésitent pas à solliciter les premières places dans son royaume ; et Jésus de leur répondre qu’ils ne savent ce qu’ils demandent, et de leur promettre d’abord une part de son calice d’amertume, laissant au Père le soin de les récompenser un jour.

Tout de même, leur aveuglement n’est que partiel, et la Transfigu­ration a fait pénétrer là foi si avant dans leur âme qu’elle n’en sera pas arrachée par le drame du vendredi-saint, en dépit d’une éclipse passagère et d’une lâcheté trop certaine, Pierre et Jean, Jean surtout, n’abandonneront pas complètement Jésus souffrant. Ils seront les premiers à courir au tombeau.

Et quand au soir de Pâques, le Sauveur ressuscité se montrera k eux, ils croiront de tout leur cœur, disposés enfin à comprendre que le Christ devait souffrir pour entrer dans sa gloire. La descente du St-Esprit mettra le sceau à leur transformation.

Ils seront dans le monde les témoins héroïques du Maître, inébranlables dans leur foi, aimant à rappeler sa gloire magnifique un instant entrevue, mais prêts il être baptisés de son baptême, à boire son calice et à mêler leur sang au sien.

Chef-d’œuvre admirable de la grâce qui a conduit les humbles pêcheurs aux plus hauts sommets de la sainteté, consumant leur faiblesse dans la force des secours divins et le feu du sacrifice, leur donnant enfin accès à la montagne éternelle où l’on voit le Christ face à   face et d’où on ne redescend pas.

Les desseins de la Providence à. l’égard du chrétien sont exactement semblables : la passion avant la glorification ; mais quelquefois, selon la miséricorde de Dieu, une sorte de transfiguration qui fortifie en vue de l’épreuve. Bien des âmes en ont fait l’expérience.

Dans des circonstances importantes, aux jours de grandes solennités de l’Église, dans l’intimité de l’union eucharistique, ou dans une pieuse méditation, le Christ nous emmène sur la montagne et se transfigure pour ainsi dire devant nous. Le sentiment de sa présence devient plus intense, la foi en sa divinité s’impose plus fortement.

Sa charité envahit et presse, augmente la conviction qu’il est le Fils unique, éternel et tout-puissant, mort et ressuscité, rédempteur et intercesseur, fait presque toucher du doigt la réalité de notre adoption surnaturelle. Il semble que le Père céleste se penche amoureusement vers nous et nous murmure à l’oreille du cœur : Vous êtes mon enfant bien-aimé ; eu vous je mets mes complaisances.

Un peu comme les hommes (mais avec quelle différence d’accent !) reprennent sans y penser, quand ils parlent à leurs enfants, le mot touchant du père du prodigue à son fils aîné : « Mon fils, tu es toujours avec moi, et tout ce que j’ai est à toi » (Lc XV, 31) L’Esprit-Saint nous fait alors répéter à satiété que Dieu est notre père, met en pleine lumière notre union au Fils premier-né.

La force de Dieu entre dans l’âme avec ces joyeuses certitudes, multiplie la foi et l’espérance, imprime d’ineffaçables souvenirs, laisse un avant-goût du ciel et une aurore de la vie éternelle. « Quelle allégresse pour celui que vous visiter ? ô Jésus assis à la droite du Père, ô lumière de la patrie et incompréhensible amour ! » (ancienne hymne de Laudes de la fête)

Ces moments privilégiés de bonheur très pur sont comme le baiser du Sauveur qui ne veut pas nous laisser oublier nos destinées immortelles. Il faut recevoir ces faveurs avec simplicité, humilité et reconnaissance.

On peut avec saint Pierre en savou­rer la douceur et en garder soigneusement la mémoire, à la condition cependant d’écouter Jésus-Christ jusqu’au bout et d’être disposé à quitter la montagne quand il l’ordonnera, pour descendre dans la plaine et reprendre la lutte.

La vie chrétienne ne peut s’écouler tout entière sur le Thabor : le disciple n’est pas plus grand que le maître et il n’y a pas d’autre chemin pour aller au ciel que la voie royale de la sainte croix. Il ne faut donc pas se méprendre.

Il ne faut pas s’attacher avec une avidité égoïste et gourmande aux consolations. Bien loin d’incliner à une telle illusion, la lumière de la transfiguration doit éclairer sur le rôle providentiel et la nécessité du sacrifice, donner une vue juste des choses et l’intelligence du sens vrai de la vie : la récompense céleste comme terme et la croix comme moyen d’y parvenir.

« Écoutez bien ceci : le Fils de l’homme doit Être livré entre les mains des hommes. » Nous avons, hélas 1 résisté plus que les apôtres à cette parole ; prions-les de nous aider à la comprendre et à nous soumettre sans murmure à la sainte volonté de Dieu.

*

Aide-nous à te trouver, ô Christ, et à te suivre, car te trouver c’est trouver la splendeur de la beauté. Trouver le Christ, c’est le bonheur.

Gloire et louange à notre Dieu, éblouissant de sainteté!

Ta transfiguration révèle ta lumière qui veut se donner aux hommes.

Prières quotidiennes

Neuvaine de la Transfiguration 6

Sixième jour de la neuvaine – Jésus, l’Élu de Dieu

Transfiguration et nuée
Transfiguration et nuée

La nuée lumineuse de la présence divine couvre le sommet de la montagne. Du milieu de la nuée, une voix se fait entendre : «Celui-ci est mon Fils bien-aimé, mon Élu, écoutez-le ! »

La voix du Père, qui résonne d’en haut, proclama Jésus son Fils bien-aimé comme dans le Baptême dans le Jourdain, en ajoutant : « Écoutez-le ! » (Mt 17,5).

Ces paroles donnent à la scène de la Transfiguration tout son sens.

Pourquoi Jésus change-t-Il d’aspect ? Pourquoi s’enveloppe-t-Il de lumière ?

Ce n’est pas pour offrir aux apôtres un spectacle impressionnant et confortant; C’est pour traduire, à l’extérieur le témoignage solennel que le Père rend à son Fils. Et le Père lui-même donne une conclusion pratique à la vision : «Écoutez-le ! ».

Une grâce extraordinaire ne produit son effet que si elle nous rend plus attentifs et plus obéissants à la Parole divine.

Pour nous, il ne reste que l’ordre divin, clamé du nuage : « Écoutez-le ! »

Écouter et obéir sont cousins germains. Il nous faut donc obéir à Jésus qui dit de monter avec lui sur la montagne. Obéir à Jésus qui commande le silence. Obéir à Jésus qui entraîne vers Jérusalem, en gardant les yeux fixés sur les réalités d’en haut, pour être sûrs de bien voir celles d’en bas.

Pour entrer dans la vie éternelle, il faut écouter Jésus, le suivre sur le chemin de la croix, en portant dans le cœur comme Lui, l’espérance de la résurrection. Sauvés dans l’espérance. Aujourd’hui nous pouvons dire : « Transfigurés dans l’espérance ».

Ce n’est qu’au moment d’entendre la voix du Père qu’ils ont pris peur. Souvent nous ne nous rendons pas compte à quel point le Christ est impliqué en nos vies – il est constamment là.

Pourtant, à un certain point, sa voix devient forte et clair et nous commençons à avoir peur, comme si sa présence nous était complètement étrangère. C’est pourquoi le Christ nous dit, « n’ayez pas peur ! » et c’est pourquoi son Vicaire sur la terre, le pape, le répète constamment.

*

On peut communier d’une autre manière à la Transfiguration du Sauveur. Le Pape saint Léon remarque a que la glorification du Christ fonde l’espérance de toute l’Église et que les membres du Corps mystique sont appelés au même honneur que leur Chef. C’est qu’en effet le Père céleste ne sépare pas de Jésus ceux qui croient en lui et regarde avec une même complaisance les enfants d’adoption et le Fils unique.

Le chrétien est convié à participer, dans un degré inférieur, maïs très réel, à la filiation divine et à la gloire du Sauveur. « Vous avez, par la voix sortie de la nuée lumineuse, merveilleusement préfiguré la parfaite adoption de vos enfants », dit l’oraison de la Transfiguration.

Et saint Paul adresse aux Philippiens cet avertissement de radieuse espérance : « Notre cité est dans les cieux d’où nous attendons aussi comme Sauveur le Seigneur Jésus-Christ, qui transformera notre corps si misérable en le rendant semblable à son corps glorieux » (Philippiens III,1)

Dès ici-bas, nous sommes enfants de Dieu et frères de Jésus-Christ par la grâce : « Voyez quel amour le Père nous a témoigné, que nous soyons appelés enfants de Dieu et que nous le soyons en effet » (1Jn III, 1).

Nous participons en Jésus-Christ à la nature divine; la grâce nous renouvelle à son image, opère en nous une transfiguration qui reste cachée, mais qui doit un jour s’épanouir dans la gloire céleste quand tombera le voile qui nous sépare du monde invisible :

« Ce que nous serons un jour n’a pas encore été manifesté ; mais nous savons qu’au jour de cette manifestation, nous serons semblables à Dieu, parce que nous le verrons tel qu’il est » (1Jn III, 2). Et pour que rien ne manque à cette glorification, le corps lui-même y aura part. Ainsi notre ressemblance avec le Christ transfiguré sera entière.

Le Sauveur a même voulu prévenir les doutes que notre pauvre raison pourrait être tentée d’opposer à la promesse de glorification corporelle. Par une de ces délicatesses exquises dont son Cœur sacré est prodigue, il a voulu que sa Transfiguration s’opérât, non dans son corps sorti du tombeau et désormais glorieux, mais dans son corps passible qui allait être cloué à la croix.

De la sorte, en même temps qu’il prémunissait les apôtres contre le scandale de ses souffrances, il donnait la preuve que le limon misérable dont nous sommes pétris serait associé à la gloire qui apparaissait en lui et que son sang rédempteur allait mériter pour nous.

Il nous en a laissé le gage dans l’adorable Eucharistie, gage de la future gloire, où, par le don de son Corps très saint, il dépose dans notre âme le germe de la gloire éternelle et dans notre chair une semence de résurrection.

Nous serons donc un jour resplendissants comme le Christ sur la montagne. Bien plus, cette splendeur existe déjà et n’attend que le moment de se mani­fester : « Le visage découvert, réfléchissant comme un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes trans­formés en la même image, de gloire en gloire, par l’action de l’Esprit du Seigneur »(II Cor, III, 18) .

Cette pensée bienfaisante que notre glorification est dès mainte­nant commencée et recevra un couronnement qui la rendra parfaite, est un des fruits précieux de la Transfiguration. Ce mystère la fait voir réalisée en Jésus et en ravive l’espérance chez les membres de son corps mystique.

L’air est pur sur ces cimes où le béni Rédempteur se montre à ses privilégiés dans l’éclat de sa nature humaine glorifiée ; et l’on est pris du désir d’y demeurer, ainsi que le souhaitait saint Pierre en une demande, de soi légitime, maïs alors hors de propos, car elle méconnaissait un aspect du mystère qu’il importe souverainement de ne pas négliger.

*

Seigneur, nous te prions de nous aider à comprendre que c’est toi qui es la source de la connaissance.

Aide-nous à entendre ta voix et à la suivre en toute confiance.

Gloire et louange à notre Dieu, éblouissant de sainteté!

Ta transfiguration révèle ta lumière qui veut se donner aux hommes.

Prières quotidiennes

site officiel en France