Léon XIV appelle l’Église angolaise à la fidélité, à la paix et à l’espérance

Léon XIV appelle l’Église angolaise à la fidélité, à la paix et à l’espérance

Dans un discours adressé ce lundi 20 avril aux évêques, prêtres, consacrés et catéchistes d’Angola, le Souverain pontife a salué l’engagement de l’Église locale tout en exhortant à la fidélité et à la mission. «Favorisez une mémoire réconciliée, en éduquant chacun à la concorde», «célébrez la paix!», a recommandé le Saint-Père. Leur demandant par ailleurs d’être une «Église généreuse, qui contribue au développement intégral».
Léon XIV en Angola
Léon XIV en Angola

Ce 20 avril est le huitième jour de voyage apostolique en Afrique. Le Saint-Père s’est rendu ce lundi à Saurimo, centre névralgique de l’industrie du diamant angolais, dans le nord-est du pays et a ensuite visité une maison de retraite mais aussi célébré la messe en la cathédrale Notre-Dame de l’assomption en présence de dizaines de milliers de fidèles, avant de rencontrer dans l’après-midi, évêques, prêtres, consacrés et agents pastoraux à la paroisse Notre-Dame de Fatima à Luanda.

Une église construite par les frères capucins franciscains en 1963, en l’honneur de Notre-Dame de Fatima et inaugurée le 8 décembre 1964 par l’archevêque de Luanda de l’époque, Mgr Moises Alves de Pinho. et dont une pierre provenant de la ville portugaise de Fatima a été placée sous ses fondations.

Gratitude et remerciement pour l’œuvre d’évangélisation

Avant le discours du Pape, le président de la Conférence épiscopale, Mgr José Manuel Imbamba, archevêque de Saurimo, a pris la parole suivi d’un prêtre, d’un catéchiste et de deux religieuses qui ont livré leur témoignage.

Léon XIV a tout d’abord exprimé sa gratitude et ses remerciements pour «l’œuvre d’évangélisation accomplie» en Angola, saluant «l’espérance du Christ semée dans le cœur du peuple» et «la charité envers les plus pauvres».

Le Pape a ensuite insisté sur la contribution de l’Église au développement national, soulignant que cette mission repose sur «des fondements solides de la réconciliation et de la paix». «Merci de continuer avec persévérance à contribuer au progrès de cette nation».

«S’il m’appartient, au nom de l’Église universelle, de reconnaître en ce moment la vitalité chrétienne qui anime vos communautés, c’est au Seigneur qu’il revient de vous en récompenser.» «Il vaut donc la peine d’ouvrir tout votre cœur au Christ.» «Il pourrait peut-être surgir de penser qu’Il vient vous ôter quelque chose», mais «Il n’enlève rien et Il donne tout. Celui qui se donne à Lui reçoit le centuple.»

S’adressant ensuite particulièrement aux jeunes en formation religieuse, Léon XIV les a exhortés à ne pas avoir «peur du lendemain». «N’ayez pas peur de dire “oui” au Christ, de modeler entièrement votre vie sur la sienne.» «Vous appartenez totalement au Seigneur. Il vaut la peine de le suivre dans l’obéissance, la pauvreté, la chasteté. Lui, il n’enlève rien! La seule chose qu’il nous enlève et prend sur lui, c’est le péché.» «Oui, de Lui vous recevez tout: cette terre et la famille dans laquelle vous êtes nés; le baptême, qui vous a introduits dans la grande famille de l’Église; et votre vocation».

L’Esprit Saint, le don le plus grand

Devant les évêques, les prêtres, les religieux et les religieuses ainsi que les agents pastoraux, le Successeur de Pierre, a également expliqué, qu’en offrant la joie d’être «ses disciples-missionnaires», le Seigneur donne la «force de vaincre les ruses du malin, l’espérance de la vie éternelle.» «Tout cela vous appartient, tout cela est don.»

«Le don le plus grand est l’Esprit Saint qui, répandu dans vos cœurs lors du baptême, vous a, en vue de la mission, conformés d’une manière particulière au Christ, lequel vous a envoyés afin que, à partir de l’Évangile, vous édifiiez une société angolaise libre, réconciliée, belle et grande.»

Le rôle clé des catéchistes

Dans cette mission, le ministère des catéchistes, est «important.» En Afrique, c’est une «expression fondamentale de la vie de l’Église qui peut être une source d’inspiration pour les communautés catholiques partout dans le monde.» «Tout est à vous ! Mais vous, vous êtes au Christ.»

Léon XIV a fait savoir que, cinquante ans après l’indépendance du pays,  ces paroles de l’Apôtre Paul «nous disent que le présent et l’avenir de l’Angola vous appartiennent, mais que vous appartenez au Christ.» C’est pourquoi tous les Angolais, sans exception, ont le droit de construire ce pays et d’en bénéficier équitablement».

Cependant, les «disciples du Seigneur ont le devoir de le faire selon la loi de la charité.» «Être disciples de Jésus incombe à tous d’être son image». «Vous êtes le sel et la lumière de cette terre parce que vous êtes membres du Corps du Christ et, pour cette raison, vos gestes, vos paroles et vos actions, reflétant sa charité, construisent les communautés de l’intérieur et édifient pour l’éternité.»

«L’Église en Angola grandit à la mesure de la fécondité spirituelle qui commence par l’Eucharistie et se poursuit dans la prise en charge complète de tout le peuple.»

Fidélité, formation et témoignage

«Quelles voies le Seigneur ouvre-t-il à l’Église en Angola?» «Elles seront certainement nombreuses!» «Essayez de les suivre toutes!» La «première voie est celle de la fidélité au Christ». «Continuez à valoriser la formation permanente, veillez à la cohérence de votre vie et, surtout en ces temps qui courent, persévérez dans l’annonce de la Bonne Nouvelle de la paix.»

Sans la dimension contemplative de la formation permanente, «nous cessons d’être en accord avec l’Évangile». C’est pourquoi, connaître le Christ passe par une bonne formation initiale, avec l’accompagnement personnel des formateurs; l’adhésion aux programmes des diocèses, congrégations et instituts; une étude personnelle sérieuse, afin d’éclairer les fidèles «en les sauvant surtout de la dangereuse illusion de la superstition.»

La fidélité du Christ, est le «véritable moteur de notre fidélité». «Une fidélité facilitée par l’unité des prêtres avec leur évêque et avec leurs confrères du presbyterium, des consacrés et des consacrées avec leur supérieur et entre eux.»

Nourrissez la fraternité entre vous avec franchise et transparence, ne cédez pas à l’arrogance et à l’égocentrisme, ne vous détachez pas du peuple, en particulier des pauvres, fuyez la recherche des privilèges.”
«Pour votre fidélité et, par conséquent, pour votre mission, la famille sacerdotale ou religieuse est indispensable», mais la famille dans laquelle «nous sommes nés et avons grandi l’est tout autant». L’Église a une «grande estime pour l’institution familiale». Pour beaucoup le «berceau de la vocation» a été la famille qui a «apprécié et pris soin de la semence de l’appel spécial reçu».
«Vive reconnaissance» aux familles donc, qui sont exhortées à toujours aider à «rester fidèles à l’Évangile», et à ne pas «chercher à tirer profit» du service ecclésial, afin d’être «saints» à «l’image de Jésus».

L’Angola face aux défis

Abordant dans la suite de son discours les enjeux sociaux et politiques en Angola, le Saint-Père a rappelé le courage de l’Église locale pour dénoncer le fléau de la guerre, soutenir les populations tourmentées en restant à leurs côtés, construire et reconstruire, mais aussi indiquer des voies et des solutions afin de mettre fin au conflit armé.

«Favorisez donc une mémoire réconciliée, en éduquant chacun à la concorde», «célébrez la paix!» «Continuez à être une Église généreuse, qui contribue au développement intégral de votre pays».

Face aux difficultés, se souvenir du «témoignage héroïque de foi des Angolais et des Angolaises», des missionnaires nés sur cette terre ou venus de l’étranger, qui ont eu le «courage de donner leur vie pour ce peuple et pour l’Évangile, préférant la mort à la trahison de la justice, de la vérité, de la miséricorde, de la charité et de la paix du Christ.»  À travers chaque Eucharistie, «vous êtes un corps offert et un sang versé pour la vie et le salut de vos frères».

EUCHARISTIE MÉDITÉE 21

EUCHARISTIE MÉDITÉE 21

Chute et secours.

Il n’éteindra pas la mèche encore fumante, il ne foulera pas le roseau à demi brisé. Mt 12, 20 ; cf Isaïe 42, 3

Eucharistie- Motif sculpté sur porte d'église - Bruxelles
Eucharistie- Motif sculpté sur porte d’église – Bruxelles

21e ACTION DE GRÂCES.

Abîmé dans le profond sentiment de mon indignité, je vous adore dans le fond de mon cœur, ô Jésus, Dieu de miséricorde et d’amour, vous que j’ai si souvent abandonné et qui ne dédaignez pas de descendre jusqu’à moi, de vous unir cœur à cœur, âme à âme.

Ah ! j’adore, Seigneur, avec une profonde reconnaissance, la bonté, l’infinie miséricorde de votre cœur adorable, de ce cœur sacré que je sens palpiter auprès du mien et qui fut toujours pour moi celui du père le plus tendre, du frère le plus dévoué, de la mère la plus aimante.

Le souvenir de mes fautes, vous le savez, ô Jésus, me cause une vive, une poignante douleur, mais cette douleur n’altère pas ma confiance en vous. Je gémis de mes égarements, de mes fautes, je les déteste, je les pleure à vos pieds ; mais j’en espère le pardon, bien plus je crois fermement que déjà vous me l’avez accordé, puisque vous avez daigné m’admettre à votre Table sainte.

Je crois que vous avez ratifié dans le ciel, l’absolution que votre ministre a prononcé sur moi. Oh ! qu’il est bien vrai, Seigneur, que votre miséricorde surpasse votre justice, et vous l’avez fait surabonder en moi cette miséricorde, parce que l’iniquité y avait abondé.

Mais, laissez-moi vous le dire, ô Jésus, votre générosité, votre bonté m’accablent; plus vous vous montrez miséricordieux envers moi,  plus vous multipliez vos pardons et les témoignages de votre amour, mieux je comprends mon ingratitude, et plus je me lare-proche.

Oui, je me repens, ô Jésus, de vous avoir offensé, parce que vous êtes infiniment bon et que je vous aime, et c’est parce que vous êtes assez bon pour me pardonner mes fautes. Jusqu’à mon dernier soupir, le cri de mon repentir s’élèvera vers vous avec celui de ma reconnaissance et de mon amour.

Vous avez été réellement pour moi le bon Pasteur, ô Jésus, loin d’abandonner la brebis ingrate et infidèle qui, oublieuse de vos bienfaits, de votre amour, vous fuyait pour aller chercher loin de vous des jouissances mensongères, et mendier auprès des créatures un bonheur qu’elles étaient impuissantes à lui donner.

Vous vous êtes mis à sa poursuite, vous l’avez appelée, cherchée., attendue, avec une infatigable patience, sans vous rebuter de ses délais, de ses résistances, de ses dédains.

Et quand abreuvée d’amertume, de déceptions, de douleurs, vous l’avez vue tomber épuisée et mourante sur cette voie qu’elle avait cru si douce et toujours semée de fleurs, mais où elle avait rencontré tant d’épines et de ronces qui avaient déchiré ses pieds et blessé son cœur.

Quand vous avez vu son regard éteint se tourner vers vous, vous êtes accouru, et malgré ce péché dont elle était souillée, malgré les plaies dont elle était couverte, vous ne l’avez point méconnue.

Et de même qu’une mère reconnaît son enfant sous les haillons de l’indigence et défiguré par les ravages de la maladie, que non seulement elle le reconnaît et n’en a pas horreur, mais qu’elle sent ses entrailles émues d’une tendre compassion, et son cœur plein d’une douloureuse pitié pour celui que la souffrance et la misère semblent lui rendre plus cher encore.

De même, Jésus, vous n’avez pas en horreur les souillures de mon âme. Sa misère ne vous a inspiré qu’une tendre et douloureuse compassion, et loin de l’accabler de vos reproches, de vos mépris, vous vous êtes penché vers elle avec une tendre pitié.

Votre cœur ne lui a fait entendre que des paroles d’espérance et de consolation, puis vous avez pansé ses plaies, et la touchant avec la délicatesse et les précautions d’une mère qui touche le corps endolori de son enfant blessé, vous l’avez prise entre vos bras, ou plutôt, ô mon bien-aimé Sauveur, vous l’avez reçue dans l’ouverture de votre cœur cette pauvre âme, vous l’avez cachée dans ce divin asile, et vous l’avez-ainsi rapportée au bercail.

Et puis, ô mon Sauveur, vous vous êtes réjoui de son retour, comme si cette âme ingrate eût été en quelque sorte nécessaire à votre bonheur, comme si le peu d’amour qu’elle est capable de vous donner pouvait ajouter à votre gloire et étancher cette soif de l’amour de l’homme qui consume votre cœur adorable.

Puis, aussi libéral que vous êtes miséricordieux, vous lui avez rendu les biens dont elle s’était volontairement dépouillée, et qu’elle avait follement dépensés loin de vous.

Bien plus, vous l’avez de nouveau admise à votre table, non pas seulement une fois pour fêter son retour, mais aussi souvent qu’elle éprouve le besoin de venir s’y asseoir, et si ce besoin se fait sentir tous les jours, tous les jours vous l’y recevez, et toujours vous l’accueillez avec la même tendresse, avec le même amour.

Par quels chants, par quelles hymnes, ô Jésus, pourrai-je dignement exalter et célébrer votre infinie miséricorde ? Quelles actions de grâces, quelles louanges pourront suffire à ma reconnaissance? Ah ! je suis impuissant à le faire, ô aimable Sauveur, mais votre cœur est uni à mon cœur, et c’est sa voix que j’ose emprunter, la voix de son amour, la voix de ses louanges, pour bénir l’éternelle miséricorde incarnée dans ce cœur adorable.

Ma reconnaissance, Seigneur, durera autant que ma vie, et aidée du secours puissant de votre sainte grâce, j’espère vous la prouver par ma fidélité et un amour qui ne se démentiront plus, mais je n’oublierai pas que si vous avez oublié en ma faveur les droits de votre justice, pour ne vous souvenir que de ceux de votre miséricorde, je me souviendrai que j’ai contracté envers elle une dette immense que je dois m’efforcer d’acquitter par les expiations d’une pénitence proportionnée à mes fautes.

Je me l’imposerai courageusement et avec joie, cette pénitence, ô Jésus, selon la mesure de mes forces, et si dans la prévoyance de ma lâcheté, il vous plaît de me l’imposer vous-même en m’envoyant des épreuves, des afflictions et des souffrances, je les accepterai non seulement sans plaintes, sans murmure, mais avec reconnaissance; je les supporterai avec une humble résignation.

Quelque grand que soit le châtiment, il sera toujours au-dessous de mes fautes, et quand votre main me frappera, quand elle s’appesantira sur mon corps par les douleurs de la maladie, sur mon cœur par l’amertume des chagrins, j’adorerai encore votre miséricorde qui ne me frappera dans le temps que pour m’épargner dans l’éternité.

Et puis, ô mon Sauveur, instruit par une triste expérience, le souvenir de ma faiblesse me rendra plus défiant de moi-même et m’inspirera une vigilance plus active et plus constante. Je veillerai sur mes sens, sur mon imagination, sur mon cœur, j’éviterai avec soin toutes les occasions qui pourraient être pour moi une source de fautes.

Mais, ô Jésus, je vous prierai surtout, je vous prierai sans cesse, je vous conjurerai, et je vous conjure dès ce moment de veiller sur moi, de me protéger, de me défendre contre le monde, contre le démon, contre moi-même, de me défendre surtout contre ma propre faiblesse, et me confiant en vous avec une humble et filiale confiance.

Mon âme, vous le savez, est plus faible que le frêle roseau qui plie et s’incline au souffle de tous les vents , et elle peut encore, si vous n’êtes vous-même sa force et sa constance, tous offenser et vous trahir.

Enfin, ô mon Sauveur, le double souvenir de mes fautes et de votre miséricorde me rendra compatissant et indulgent pour ceux de mes frères que je verrai faillir. Loin de les condamner, de les mépriser, de leur jeter la pierre, je les jugerai moins coupables, moins ingrats que je ne l’ai été moi-même ; je penserai que s’ils eussent reçu les mêmes grâces que moi, ils n’en eussent pas abusé comme je l’ai fait.

Je les plaindrai, je vous prierai pour eux, et s’il m’est possible de leur tendre la main, je le ferai avec une fraternelle affection, et je m’estimerais mille fois heureux, si en retour de ce que vous avez fait pour moi, je pouvais consoler votre divin cœur en aidant quelques âmes égarées à revenir à vous.

Mais je le sens, ô mon Sauveur, l’amour seul peut m’acquitter envers vous, c’est mon amour que vous me demandez pour prix de tout ce que vous avez fait pour moi. Ah ! n’est-il pas juste que je vous aime en proportion de ce que vous m’avez pardonné, et que je répare par un redoublement d’amour tant de jours, de mois, d’années peut-être, écoulées sans vous aimer.

Je vous le dois cet amour, ô Jésus, je veux, je désire vous le donner tout entier et sans partage ; mais hélas ! mon indigence est si grande, que je dois encore vous demander de me donner ce que je dois vous rendre, ce que je désire vous offrir.

Donnez-moi donc votre amour, ô mon aimable Sauveur, mais un amour fort, généreux, constant, un amour qui ne consiste pas seulement en paroles et dans ces sentiments qui attendrissent le cœur, mais qui se prouve par les œuvres, qui croît dans les épreuves, et ne recule devant aucun sacrifice.

O Marie, douce mère du Dieu des miséricordes, refuge assuré des pauvres pécheurs, vous qui les aimez malgré leurs erreurs et leurs égarements, vous avez eu, comme Jésus, pitié de nos misères, et malgré la grandeur de nos fautes, votre regard maternel ne s’est pas détourné de moi. Ah ! tendre Mère, qu’il me suive dans toutes mes voies, qu’il s’abaisse sur mon lit de mort et protège mon dernier soupir. Ainsi soit-il.

Léonie Guillebaut

EUCHARISTIE MÉDITÉE 20

EUCHARISTIE MÉDITÉE 20

L’Orage.

Seigneur, sauvez-nous, nous périssons. Mt. 8, 25 ;  Mc 4, 38 ; Lc 8, 24

Eucharistie- Motif sculpté sur porte d'église - Bruxelles
Eucharistie- Motif sculpté sur porte d’église – Bruxelles

20e ACTION DE GRÂCES.

Environné de périls, qui me pressent de toutes parts, où fuir, où me réfugier, ô Jésus, si ce n’est vers vous qui êtes seul mon appui, mon protecteur et ma force? Ayez pitié de moi, Seigneur, selon toute l’étendue de votre grande, de votre infinie miséricorde. Voyez ma faiblesse, ô mon aimable Sauveur. Mon âme est votre bien, elle vous appartient, elle est le prix de votre sang, ne souffrez pas qu’ils vous la ravissent.

Sauvez-la, armez-vous pour sa défense, confondez ceux qui veulent sa perte et faites-leur sentir la force de votre bras. Ouvrez, ô Jésus, ouvrez à cette âme haletante et fatiguée de luttes et de combats, l’asile sacré de votre divin cœur ; laisse-la se reposer en lui, y reprendre des forces et du courage pour soutenir les assauts qui l’attendent encore.

Mais, Seigneur, peut-être n’ai-je pas résisté avec assez d’énergie et de courage, peut-être me suis-je laissé séduire par le charme de la tentation, et voyez-vous le cœur que j’ai osé unir au vôtre. Ah ! cette pensée  et remplit mon âme de tristesse et de crainte.

Vous le savez, ô Jésus, le seul nom de la communion indigne me pénètre d’une indicible horreur et je préférerais me servir du don de votre amour, du plus grand de vos bienfaits. Vous le savez, Seigneur, telle n’a jamais été, telle ne sera jamais ma volonté, et si mon âme ne vous offre pas toute la pureté requise pour la réception de cet auguste sacrement, si vous découvrez en elle quelque tache inconnue, pardonnez à mon ignorance, ô miséricordieux Sauveur.

Lavez dans votre sang adorable les fautes que je connais et celles que je ne connais pas, faites-le couler sur chacune des blessures de mon âme. Soyez pour elle le charitable samaritain qui pense et guérisse ses plaies; que ce sang divin versé pour elle avec tant de profusion et que vous lui donnez avec tant d’amour dans votre Eucharistie, la lave, la purifie, et lui rende à vos yeux sa première beauté.

C’est en vous, en vous seul que je me confie, ô Jésus, je connais ma faiblesse, je la redoute, et je sais que, livré à moi-même, à mes propres forces, je ne puis rien que vous offenser et vous trahir; mais je sais aussi qu’uni à vous, aidé, soutenu de votre grâce, je puis tout, et comme le grand apôtre je puis dire quand je vous sens vivre en moi par la sainte communion : Je puis tout en celui qui me fortifie. Ce n’est plus moi qui vis, c’est Jésus-Christ qui vit en moi.

Aidé et soutenu par sa grâce, rien ne pourra me séparer de lui et arracher son amour de mon cœur. Que Satan redouble ses efforts, que le monde s’efforce de me séduire par ses menaces, que l’orage gronde autour et au-dedans de moi, Jésus est avec moi, il est le garant de ma fidélité, c’est dans son divin cœur que j’ai déposé mes promesses, c’est lui que j’ai constitué le protecteur de ma faiblesse, il saura bien m’en garantir, et il ne permettra pas que je sois infidèle.

Oui, c’est en vous seul que j’espère, ô Jésus, c’est en votre amour, en votre bonté que je me confie. C’est en vain que vous paraissez sourd à mes cris de détresse, à mes humbles et pressantes supplications, c’est en vain que vous semblez dormir au fond de cette frôle barque de mon âme, que la tempête ballotte et que les flots de la tentation sont prêts à submerger.

J’espérerai, s’il le faut, contre toute espérance, je redoublerai mes cris et mes prières, et mon espérance ne sera point confondue. Oui, quand le vent de l’orgueil semblera élever jusqu’au ciel mon frêle esquif, ou que le calme du découragement s’efforcera de le précipiter jusqu’au fond de l’abîme, vous serez mon humilité, ô Jésus, vous serez mon courage, vous me rappellerez que vous faites tout servir au bien de vos élus, et que la tentation repoussée courageusement n’est pas un mal, mais une source de mérites.

Si c’est par le courant de plaisirs malsains que mon âme est prête à se laisser entraîner,  je me réfugierai au pied de votre croix, ô mon Sauveur, je m’y attacherai par toutes les puissances de mon âme, et le souvenir de vos souffrances, de votre mort et de votre sang versé pour moi avec tant d’amour, amortira en moi l’attrait du plaisir et m’obtiendra la grâce de la victoire.

Oui, ô Jésus, j’en ai la confiance, votre sommeil n’est qu’apparent, votre cœur veille sur moi, et vos délais à me secourir ne sont qu’une nouvelle épreuve à laquelle vous soumettez ma foi et ma fidélité; mais bientôt vous ferez cesser cette épreuve, vous vous éveillerez, vous vous lèverez, vous commanderez avec autorité aux vents et à la mer, et vous rendrez à cette âme qui espère en vous et qui vous aime, le calme et la paix.

Ne permettez pas, Seigneur, que me confiant en vous, je me confie aussi en mes propres forces, et que par une imprudente et téméraire présomption, je m’expose volontairement au péril. Ce serait alors courir à ma perte, car vous n’avez pas promis le secours de votre grâce à celui qui cherche le danger et qui l’aime.

Ah ! pénétrez profondément mon âme du sentiment de sa faiblesse, ô Jésus, ne permettez pas qu’elle oublie jamais sa misère, le triste penchant qui l’incline si fortement au mal. Que le souvenir du passé, de tant de circonstances où elle a fait la triste expérience de l’inconstance et de la faiblesse de sa volonté, la rende prudente pour l’avenir et lui inspire une sage défiance d’elle-même.

Faites, ô Jésus, que je sois aussi vigilant à veiller, je dois et je veux veiller sur mes sens qui sont comme les portes par lesquelles la mort peut s’insinuer dans mon âme. Je veux surtout veiller sur mon cœur, sur ce cœur si insensible pour vous, ô mon Dieu, mais  si facile à se laisser séduire par les charmes trompeurs.

Mais je le sens, ô Jésus, quelle que soit ma vigilance, elle sera vaine, si vous ne veillez avec moi, pour moi et sur moi. Ah ! vous êtes entré dans mon âme, ô vigilant pasteur, elle vous appartient, elle est votre bien, votre héritage, votre conquête, vous l’avez acquise au prix de votre sang, rachetée  par vos souffrances et votre mort sur la croix, à tous les titres elle est à vous, mais elle est encore à vous par sa propre volonté.

Ne s’est-elle pas mille fois donnée à vous, ô Jésus, entièrement, volontairement et pour toujours? Veillez donc sur elle, comme sur votre héritage, veillez sur mes sens, et s’il faut la souffrance pour les assujettir à votre loi, je la bénirai et l’accepterai avec joie.

Veillez sur ce cœur dont vous voulez l’entière possession, cachez-le dans le vôtre, échauffez-le, embrasez-le au contact de ce cœur adorable. Concentrez en vous seul toute sa puissance d’aimer, et ne permettez pas qu’il vous dérobe la moindre de ses affections.

O Marie, vierge immaculée, Reine, protectrice et modèle des vierges, vous qui êtes terrible au démon comme une armée rangée en bataille, vous qui ayez foulé de votre pied vainqueur la tête de l’ennemi du genre humain, et dont le nom seul met en fuite et fait trembler les puissances infernales, étendez sur moi votre main maternelle, couvrez-moi de votre toute-puissante protection, et qu’elle soit pour moi un bouclier contre lequel viennent s’émousser et se briser tous les traits de mes ennemis.

C’est à votre cœur que je fais appel, ô Marie ; ce cœur est un cœur de mère, et le cri d’angoisse de votre enfant ne saurait le laisser insensible. Souvenez-vous, ô Vierge sainte, que c’est sur le Calvaire que vous êtes devenue ma mère, que j’ai reçu ce titre de votre enfant qui m’assure à jamais votre protection et votre amour.

Ah ! si mon âme est le prix du sang de votre bien-aimé Jésus, elle est aussi celui de vos larmes, de vos douleurs au pied de sa croix, ne la laissez donc pas périr ; défendez-la. Après Jésus, vous êtes, ô Marie, mon unique espérance. Oui, j’espère en votre bonté, en votre maternel amour, et mon espérance, j’en ai la douce confiance, ne sera pas confondue. Ainsi soit-il.

Léonie Guillebaut

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