Marie selon Péguy

À celle qui est Marie

Il y a des jours où les patrons et les saints ne suffisent pas.
Alors il faut prendre son courage à deux mains.
Et s’adresser directement à celle qui est au-dessus de tout.
Être hardi. Une fois.
S’adresser hardiment à celle qui est infiniment belle.
Parce qu’aussi elle est infiniment bonne.
À celle qui intercède.  La seule qui puisse parler de l’autorité d’une mère.
S’adresser hardiment à celle qui est infiniment pure.
Parce qu’aussi elle est infiniment douce.

Vierge Marie angle rue de Sèvres rue St Placide à Paris
Vierge Marie angle rue de Sèvres rue St Placide à Paris

À celle qui est infiniment riche.
Parce qu’aussi elle est infiniment pauvre.
À celle qui est infiniment haute.
Parce qu’aussi elle est infiniment descendante.
À celle qui est infiniment grande.
Parce qu’aussi elle est infiniment petite.
Infiniment humble. Une jeune mère.
À celle qui est infiniment jeune.
Parce qu’aussi elle est infiniment mère.
À celle qui est Marie.
Parce qu’elle est pleine de grâce.
À celle qui est pleine de grâce.
Parce qu’elle est avec nous.
À celle qui est avec nous.
Parce que le Seigneur est avec elle.

Charles PÉGUY

Deuxième jour de la neuvaine – Sainte Anne, âme priante

Deuxième jour de la neuvaine – Sainte Anne, âme priante

Trinité bretonne -Saintes Anne, Marie et Jésus - Sainte Anne d'Auray
Trinité bretonne -Saintes Anne, Marie et Jésus – Sainte Anne d’Auray

Je vous salue, consolatrice d’un monde affligé, et avec vous je me réjouis de l’universelle allégresse que les anges ont fait éclater dans le ciel à votre naissance, saluant en vous Celle qui devait donner le jour à leur Reine tant désirée, la Mère du Rédempteur du monde.

Sainte Anne, par la fervente et continuelle prière avec laquelle vous demandiez à Dieu la cessation de votre stérilité, obtenez-nous le don d’oraison pour que nos cœurs soient féconds en vertus. Amen.

Je viens vers vous sainte Anne, fille d’Abraham, l’ami de Dieu et le père des croyants. La parole de Dieu m’a été adressée ; j’ai appris à connaître Jésus-Christ. Mais je suis envahi par les soucis, le désir de richesse et des plaisirs de la vie, et je découvre mon ennui.

Je prête l’oreille aux fables mensongères, et je mesure mon désarroi. Je voudrais prier et chanter, me voila tiède, ni chaud, ni froid. Vite à mon aide ! Je veux des oreilles pour entendre, des yeux pour voir, un cœur noble et généreux pour accueillir la promesse d’un Dieu qui est toute tendresse.  Amen !

Sainte Anne, Mère de la très sainte vierge Marie Mère de Dieu, priez pour nous, secourez nous !

 Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père

Oraison

Seigneur, Toi qui es le Dieu de nos Pères, Tu as donné à Sainte Anne et à Saint Joachim de mettre au monde celle qui deviendrait la Mère de Ton Fils: accorde-nous, à leur commune prière, le Salut que Tu as promis à Ton Peuple. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Prières quotidiennes

Les saintes Carmélites de Compiègne

Les saintes Carmélites de Compiègne

Carmélites de Compiègne
Carmélites de Compiègne

Les carmélites déchaussées de Compiègne, guillotinées en 1794 en pleine Terreur pendant la Révolution française, sont saintes. Le Pape François a signé en novembre 2022 le décret reconnaissant leur canonisation équipollente.

Le monastère de Compiègne fut établi en 1641. Lorsque Madame Louise de France, fille de Louis XV, eut obtenu la permission d’entrer au Carmel, elle eût voulu entrer dans cette maison ; mais le roi s’y opposa, elle choisit alors un monastère plus rapproché de Versailles, celui de Saint-Denis ; mais elle resta dévouée à celui de Compiègne, et lui procura des sujets.

C’est ainsi qu’elle y envoya Madeleine Lidoine et lui paya sa dot. En reconnaissance celle-ci voulut prendre le nom de religion de sa bienfaitrice : Sœur Thérèse de Saint-Augustin. Elle devint prieure après dix ans de profession et mourut martyre.

En 1789 elle se trouvait donc à la tête de la communauté de Compiègne qui comptait seize religieuses de chœur. Le 5 février 1790, l’Assemblée Nationale votait la suppression des monastères, et le 13, la suppression des vœux de religion. Le 20 mars suivant, elle ordonnait aux municipalités de s’enquérir auprès des religieux habitant leurs communes respectives, de leur intention de rester dans leur couvent ou d’en sortir.

Les Carmélites de Compiègne, professes et converses, protestèrent unanimement qu’elles voulaient « vivre et mourir dans leur état ». On les laissa continuer à vivre dans leur pauvreté jusqu’au 14 septembre 1792, où, en vertu d’une loi de l’Assemblée, ces saintes filles furent expulsées de leur maison et durent se disperser.

En même temps qu’elles étaient chassées de leur monastère, elles furent mises en demeure de signer le serment dit de « Liberté et Égalité ». La Prieure déclara, au nom de ses Sœurs, qu’elles ne voulaient pas le prêter ; néanmoins le maire, à l’aide d’un subterfuge, réussit à leur arracher une signature, qu’elles rétractèrent en juin 1794.

La vie continua ainsi : plusieurs professes étaient mortes, quelques autres étaient rentrées provisoirement dans leurs familles. Il en restait encore seize qui persévéraient malgré tout. Sur l’invitation de leur prieure, elles firent un acte de consécration, par lequel elles s’offraient en holocauste pour apaiser la colère de Dieu et obtenir que la paix fût rendue à l’Église de France.

Deux cependant, les plus âgées, eurent un moment d’effroi à l’image de la guillotine ; mais bientôt, se reprenant, elles s’associèrent de plein cœur à leurs sœurs qui refaisaient cet acte de consécration chaque jour.

Le 22 juin 1794, le Comité Révolutionnaire de Murat-sur-Oise (c’est-à-dire de Compiègne), emprisonnait les Carmélites et les dénonçait au Comité du Salut public. Celui-ci ordonna de les expédier à Paris. Sur tout le parcours, ces saintes femmes furent lâchement abreuvées d’insultes et de brutalités provoquées par leurs conducteurs.

L’une d’elles, âgée de soixante-dix-sept ans, et infirme, ne pouvant descendre de la charrette, fut jetée sur le sol. On dut la relever ; elle remercia : « Je vous remercie de ne m’avoir pas tuée, car j’aurais manqué au bonheur du martyre que j’attends. »

Elles furent jugées le 17 juillet ; il n’y eut qu’un simulacre d’audience, dont il n’est resté que la liste des condamnées. De là elles furent conduites directement à l’échafaud. Sur les charrettes, les Carmélites chantèrent le « Salve Regina » et le « Te Deum ». Arrivées au lieu d’exécution, elles se groupent autour de la Prieure, et ensemble renouvellent leurs vœux.

Puis, la plus jeune, la novice sœur Constance, s’agenouille, demande sa dernière obédience, celle de mourir. Et, bénie, elle se livre au bourreau. La dernière, Mère Thérèse de-Saint-Augustin, inclina la tête sous le couperet. Quelle sublime grandeur dans la simplicité et la mort de ces héroïques femmes !

J.M: Planchet

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