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Saint Joseph

Saint Joseph

Dans la Chapelle Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse, rue du Bac à Paris, tournons notre regard à gauche de l’autel principal. Que voyons-nous ? Saint Joseph, portant l »enfant Jésus dans ses bras. Nous célébrons le 19 mars la fête de Saint Joseph, et celle de notre pape Benoît XVI qui se prénomme aussi Joseph. Ce dernier nous demande de l’accompagner dans la prière, lors de son voyage en Afrique.

Saint Joseph - Chapelle ND de la Médaile Miraculeuse Paris1. — L’attitude fondamentale de la vie de Saint Joseph est toute de confiance et d’abandon en Dieu ; elle jaillit de sa foi. Saint Matthieu dit qu’il était « un homme juste » (1, 19) ; or la Sainte Écriture enseigne que « le juste vit de foi » (Romains 1, 17), et on peut bien affirmer qu’aucune créature — après la Sainte Vierge — n’a vécu de foi autant que Joseph. Ayant passé sa vie, en effet, dans la sphère du mystère de l’Incarnation, il a dû nécessairement traverser toutes ces obscurités qui enveloppèrent l’accom­plissement du grand mystère.

Joseph eut donc besoin d’une grande foi, continuellement nourrie de souffrance et impré­gnée d’angoisse. Les perplexités soulevées en lui par la maternité mystérieuse de Marie, la pauvreté extrême et les inquiétudes de Bethléem, les privations de la fuite en Égypte, firent gémir cet homme droit, au point qu’aux moments les plus graves, il eut besoin de l’intervention d’un Ange, pour le soutenir et l’introduire dans les profon­deurs du mystère divin qui se déroulait sous ses yeux. Et Joseph se laissa guider avec la docilité et la confiance totale d’un enfant. L’Évangile rapporte quatre faits qui en témoignent :

— 1° L’Ange met fin à ses angoisses en lui ordonnant de prendre chez lui Marie, sa très sainte Épouse, « car ce qui est né en elle est l’œuvre de l’Esprit Saint ». Joseph n’hésite pas un instant et fait « ce que lui avait commandé l’Ange du Seigneur » (Matthieu 1,20 et 24).

— 2° L’Ange l’avertit de « prendre l’Enfant et sa mère et de fuir en Égypte » (Matthieu 2, 13) : sans délai, au cœur de la nuit, le Saint se lève pour exécuter l’ordre. La fuite présentait objective­ment d’énormes difficultés : les très grandes incommodités et les dangers du voyage, la pauvreté extrême, l’exil en terre étrangère. Mais l’Ange a parlé et Joseph obéit.

— 3° Après la mort d’Hérode, l’Ange lui ordonne de retourner dans la terre d’Israël.

— 4° L’Ange l’avise de se retirer en Galilée (cf. Matthieu. 2, 19-23).

Nous avons ici quatre actes de foi et d’obéissance totale. Joseph n’hésite ni ne raisonne, il n’oppose aucune objec­tion parce qu’il se confie totalement en Dieu, qu’il croit pleinement en Lui, en sa parole, en sa divine Providence.

2. — Toute la vie de Saint Joseph se résume en une adhé­sion ininterrompue au plan divin, même si celui-ci comporte pour lui des situations fort mystérieuses et obscures.

Dans notre vie aussi, il y a toujours un peu de mystère, soit parce que Dieu aime travailler d’une manière cachée, secrète, soit parce que son action est toujours impénétrable à notre pauvre intelligence humaine. Il y faut donc ce regard de foi, cette confiance totale qui, en s’appuyant sur la bonté infinie de Dieu, nous convainc que toujours, et à travers toutes les circonstances, Il veut notre bien et dispose tout à cette fin. Seule cette confiance nous permettra, comme Saint Joseph, de dire toujours oui à quelque manifestation que ce soit de la volonté divine, un oui humble, prompt, confiant, malgré les obscurités, les difficultés, le mystère…

Dieu s’est servi des Anges pour manifester sa volonté à Joseph ; pour nous, Il se sert de ceux qui, comme les Anges, sont ses messagers, ses envoyés. Obéissons avec la simplicité de Joseph, assurés que Dieu peut se servir de n’importe quelle personne, de n’importe quelle circonstance, pour nous faire connaître et réaliser son divin vouloir, exactement comme Il s’est servi de l’édit de César pour conduire Joseph à Bethléem où devait naître Jésus. L’empe­reur romain avait bien d’autres intentions, mais Dieu s’est servi de cet acte politique pour effectuer le plan de l’Incar­nation. Il est toujours vrai que Dieu gouverne et dirige tout vers l’accomplissement de sa volonté.

Une autre caractéristique de la vie de Saint Joseph est de s’être consacré entièrement à la mission confiée par Dieu à ses soins : être le gardien et le soutien de Jésus et de sa Mère. Joseph ne vit pas pour lui-même, pour ses intérêts personnels, mais uniquement pour Dieu qu’il sert en Jésus et Marie. Saint Joseph est ainsi le vrai modèle des âmes intérieures, des âmes qui aspirent à vivre totalement pour et avec Dieu, dans l’accomplissement de la mission qu’elles ont reçue de Lui.

Prière
O Saint Joseph, nous recourons à vous dans notre tribulation et après avoir imploré le secours de votre Sainte Épouse, nous sollicitons aussi avec confiance votre patronage. Par l’affection qui vous a uni à la Vierge Immaculée, Mère de Dieu, par l’amour paternel dont vous avez entouré  l’Enfant Jésus, nous vous supplions de regarder avec bonté l’héritage que Jésus-Christ a conquis au prix de son sang, et de nous assister dans nos besoins.

Protégez, ô très sage gardien de la Divine famille, l’Église choisie de Jésus-Christ. Préservez-nous, ô Père très aimant, de toute souillure d’erreur et de corruption, soyez-nous favorable, ô très puissant libérateur. Du haut du ciel, protégez-nous dans le combat que nous livrons à la puissance des ténèbres. Et de même que vous avez arraché autrefois l’Enfant-Jésus au péril de la mort, défendez aujourd’hui la Sainte Église de Dieu, des embûches de l’ennemi et de toute adversité.

C’est donc avec une pleine confiance que nous nous mettons sous votre protection. Couvrez chacun de nous de votre perpétuelle protection, enseignez-nous à vivre comme vous, de foi et d’abandon à Dieu, apprenez-nous à vivre uniquement pour Lui, en nous consacrant tout entier à son service, afin qu’à votre exemple et soutenus par votre secours, nous puissions vivre saintement, mourir et parvenir à la béatitude éternelle. Amen !

LA SPHÈRE ET LA CROIX

Première Vierge au Globe, sculptée par Robert Froc - 1876Traduction d’un écrit anglais publié en 1909, il y a tout juste cent ans, La Sphère et la Croix est un beau livre de Gilbert K. Chesterton, un des plus importants écrivains anglais du début du XXe siècle.

A ceux pour qui, symbole du christianisme, la croix reste un symbole de sauvagerie et de déraison, Chesterton répond : Vous commencez par briser la croix, et pour finir vous brisez le monde habitable. Car si vous enlevez Dieu, qu’est-ce que l’humanité devient? Dans quelle sorte de monde sommes-nous réduits à vivre? Notre Dieu est si loin d’être le rival de l’homme qu’il a voulu que l’homme partage sa propre nature divine et son bonheur éternel.

La Sphère et la Croix nous fait naturellement penser à l’apparition de la rue du Bac. Dans ses mains, la Vierge Marie tient une sphère surmontée d’une croix polaire. Depuis les premiers princes chrétiens, c’était l’emblème usité pour exprimer la puissance. A juste titre, on a donné à la statue de la Vierge, la représentant dans cette attitude, le nom de Vierge puissante.

La Vierge Marie porte ce globe doré surmonté d’une petite croix, pour signifier l’humanité rachetée et glorifiée, la couleur dorée évoquant la gloire et la petite croix le sacrifice rédempteur. Marie présente à Dieu cette humanité sauvée, en fonction de sa maternité spirituelle. Tantôt ses yeux sont baissés vers la terre et tantôt levés vers le ciel, jetant des regards de compassion sur le monde et vers le ciel des regards de supplication. Elle prie pour tous les hommes du monde.

Cette croix se retrouve sur le revers de la médaille miraculeuse où elle surmonte le «M», initiale de Marie. Comme la boule terrestre tenue par Marie, la ligne transversale à la base de la croix représente la terre. Ce revers évoque l’Humanité rachetée, l’Église confirmée et réunie avec Marie spirituellement sous la croix, signe du Christ Ressuscité. ■

Jean-Daniel Planchot, cm

NB :  éditoriaux en PDF dans les LETTRE(s).

BONNE ANNEE ET PAIX AVEC MARIE

extrait de l'Adoration des Mages - Frère François - chapelle St Vincent de Paul ParisEN ce premier Jour de l’An, trois thèmes sont proposés à notre prière : les souhaits de bonne année, l’intention de la paix, la maternité divine de Marie.

Au matin de l’an nouveau, l’Église nous réveille en nous adressant la formule dont se servait le grand-prêtre de Jérusalem pour bénir l’assemblée du peuple : « Que le Seigneur te bénisse et te garde! Que le Seigneur fasse rayonner sur toi son regard et t’accorde sa grâce ». Pourrions-nous, entre enfants d’une même famille de Dieu qu’est l’Église, nous offrir de meilleurs vœux ?

La bénédiction exprime l’abondance, la profusion, les largesses de Dieu, les cadeaux du Père pour ses enfants. Elle est un souhait et un gage de l’assistance divine. Au cœur de ce souhait, il y a la paix qui est la somme de tous les biens.

Puissions-nous aujourd’hui envelopper nos vœux de la bénédiction divine en les accompagnant d’une prière de louange et d’intercession !

Que cette année soit bonne ! Qu’elle nous rende meilleurs !

Sainte Marie, Mère de Dieu, apprends-nous à dire des paroles bonnes et constructives.

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