Tous les articles par P. Jean-Daniel Planchot

A quoi bon les beaux sermons…

… si nous sommes loin des gens!

16-09-2014 source : Radio Vatican

On peut faire de beaux sermons, mais si l’on n’est pas proche des gens, si l’on ne souffre pas avec eux et on ne leur donne pas d’espérance, ces sermons ne servent à rien, ce ne sont que vanités. Voilà ce qu’a affirmé le Pape François lors de son homélie à Sainte Marthe, en ce jour de la fête des saints martyrs Corneille, Pape, et Cyprien, évêque.

L’Évangile de ce jour (Lc 7, 11-17) évoque Jésus qui s’approche d’un cortège funèbre dans la ville de Naïm. Une veuve a perdu son fils unique. Le Seigneur accomplit le miracle de faire revenir à la vie le jeune homme, mais il fait plus : il est proche. « Dieu a visité son peuple », dit la foule. Quand Dieu rend visite, « il y a quelque chose en plus, quelque chose de nouveau », « cela veut dire que sa présence est spécialement là ».

Jésus « était proche des gens. Dieu proche qui réussit à comprendre le cœur des gens, le cœur de son peuple. Puis il voit ce cortège, et le Seigneur s’en approche. Dieu visite son peuple, au milieu de son peuple, et en s’en approchant. Proximité. C’est la façon d’être de Dieu. Et puis il y a une expression qui se répète dans la Bible, tant de fois : “Le Seigneur fut pris d’une grande compassion”. La même compassion qu’il avait, dit l’Évangile, lorsqu’il a vu tant de personnes telles des brebis sans pasteur. Quand Dieu visite son peuple, il lui est voisin, il s’en approche et ressent de la compassion : il s’émeut ».

« Le Seigneur est profondément ému, comme il l’a été devant le tombeau de Lazare ». Il est ému comme l’est ce Père « lorsqu’il voit revenir à la maison son fils » prodigue.

« Proximité et compassion : c’est ainsi que le Seigneur visite son peuple. Et lorsque nous, nous voulons annoncer l’Évangile, diffuser la Parole de Jésus, c’est cela la route. L’autre route, c’est celle des maitres, des prédicateurs de l’époque : les docteurs de la loi, les scribes, les pharisiens… Loin du peuple, ils parlaient…bien : ils parlaient bien. Mais loin. Et ce n’était pas une visite du Seigneur : c’était autre chose. Le peuple ne ressentait pas cela comme une grâce, parce qu’il manquait la proximité, il manquait la compassion, ou plutôt le fait de compatir avec le peuple. »

« Et il y a une autre expression caractéristique des moments où le Seigneur visite son peuple : “Alors le mort se redressa, s’assit et se mit à parler. Et Jésus le rendit à sa mère” ».

“Lorsque Dieu visite son peuple, il redonne au peuple l’espérance. Toujours. On peut prêcher brillamment la Parole de Dieu : il y a eu dans l’Histoire tant de brillants prédicateurs. Mais si ces prédicateurs n’ont pas réussi à semer l’espérance, alors ces prêches ne servent à rien. Ce n’est que vanité ».

En regardant Jésus qui a rendu un fils vivant à sa mère, « nous pouvons comprendre ce que signifie une visite de Dieu à son peuple . Et demander la grâce que notre témoignage de chrétien soit un témoignage porteur de la visite de Dieu à son peuple, c’est-à-dire d’une proximité qui sème l’espérance ».

Sans l’Église, pas possible d’aller de l’avant

15-09-2014 Radio Vatican

De même que sans Marie, il n’y aurait pas eu Jésus, de même « sans l’Église nous ne pouvons pas aller de l’avant ». C’est ce qu’a déclaré le Pape François au cours de son homélie matinale, ce lundi, à Sainte-Marthe, en cette fête de Notre-Dame des Douleurs.

La Liturgie, après nous avoir montré la Croix Glorieuse, nous fait voir la Mère humble et douce. Dans la Lettre aux Hébreux « Paul souligne trois termes forts » : il dit que Jésus « a appris, obéi, et souffert ». « C’est le contraire de ce qui était arrivé à notre père Adam, qui n’avait pas voulu apprendre ce que le Seigneur commandait, qui n’avait pas voulu souffrir, ni obéir ». Jésus en effet, en se faisant Dieu, « s’est anéanti, s’est humilié lui-même en devenant serviteur. C’est cela, la gloire de la Croix de Jésus ».

« Jésus est venu au monde pour apprendre à être homme, et en étant homme, à marcher avec les hommes. Il est venu au monde pour obéir, et il a obéi.  Mais cette obéissance, il l’a apprise à partir de la souffrance. Adam est sorti du Paradis avec une promesse, la promesse qui s’est poursuivie pendant tant de siècles. Aujourd’hui, avec cette obéissance, avec cet anéantissement de soi-même, cette humiliation, de Jésus, cette promesse devient espérance. Et le peuple de Dieu marche avec une espérance sûre. Même la Mère, « la nouvelle Eve », comme l’appelle Paul, participe à cette route de son Fils : elle a appris, souffert et obéi. Et elle devient Mère. »

L’Évangile nous montre Marie au pied de la Croix. Jésus dit à Jean : « Voici ta mère ». Marie « est une mère bénie ».

« Et c’est aussi cela notre espérance. Nous ne sommes pas orphelins, nous avons une Mère : la Vierge Marie. Mais l’Église aussi est Mère, et l’Église aussi est une Mère bénie lorsqu’elle suite la même route que Jésus et Marie : la voie de l’obéissance, la voie de la souffrance, et lorsqu’elle a cette attitude d’apprentissage continuel du chemin du Seigneur. Ces deux femmes, Marie et l’Église, portent l’espérance qu’est le Christ, elles nous donnent le Christ, elles génèrent le Christ en nous. Sans Marie, il n’y aurait pas eu Jésus ; sans l’Église, nous ne pouvons pas avancer ».

« Deux femmes et deux Mères » et auprès d’elles, notre âme qui, comme le disait le moine Isaac, l’abbé de Stella, « est féminine » et ressemble « à Marie et à l’Église ».

« Aujourd’hui, en regardant cette femme près de la Croix, si ferme lorsqu’elle suit son Fils dans la souffrance pour apprendre l’obéissance, en la regardant, nous regardons l’Église et nous regardons notre Mère. Et nous regardons aussi notre petite âme qui ne se perdra jamais, si elle continue à être une femme proche de ces deux grandes femmes qui nous accompagnent dans la vie : Marie et l’Église. Et comme nos Pères sont sortis du Paradis avec une promesse, nous pouvons aujourd’hui aller de l’avant avec une espérance : l’espérance que nous donne notre Mère Marie, debout près de la Croix, et notre Sainte Mère l’Église hiérarchique ».

La Croix est victoire de Jésus, non faillite

14-09-2014 Radio Vatican

En ce dimanche où l’Église célébrait la Croix glorieuse, le Pape est revenu sur le sens de cette Croix pour les chrétiens lors de la prière de l’angélus récitée place Saint-Pierre.« Certaines personnes non chrétiennes pourraient se demander pourquoi « exalter » la Croix ? » Mais nous pouvons répondre qu’il ne s’agit pas de n’importe quelle croix, mais la Croix de Jésus, car en elle s’est révélé au plus haut point l’amour de Dieu pour l’humanité.

« Pourquoi la Croix était-elle nécessaire ? » A cause de la gravité du Mal qui nous tenait en esclaves. Ainsi, la Croix de Jésus exprime à la fois toute la force négative du Mal et toute la douce miséricorde de Dieu, cette Croix semble décréter la faillite de Jésus mais elle est en réalité le signe de sa victoire. En mourant sur la croix, Dieu a conféré une royauté universelle à Jésus, voilà pourquoi il l’a « exaltée ».

« La Croix est notre véritable espérance ! », à travers le visage de Jésus crucifié, chacun de nous peut contempler la racine de notre Salut, c’est d’elle que jaillit la miséricorde du Père qui embrasse le monde entier.

Une prière pour la Centrafrique

Le signe de la Croix que font les chrétiens n’est pas « magique », croire dans la Croix de Jésus signifie le suivre sur son chemin et participer à son œuvre de Salut. Le sacrifice et les souffrances de tant de chrétiens persécutés dans le monde, qui acceptent le sacrifice, là, a-t-il précisé où la liberté religieuse n’est pas encore garantie ou pleinement réalisée.

A l’issue de l’Angélus, le Pape François a eu des mots particulier pour la République Centrafricaine, à la veille de l’arrivée dans le pays d’une mission de paix des Nations Unies. Rappelant l’engagement de l’Église dans l’établissement de la paix dans le pays, le Pape a tenu à encourager les efforts de la communauté internationale afin qu’elle vienne en aide aux Centrafricains de bonne volonté. « Que les belligérants puissent mettre leurs intérêts particulier de côté afin que chaque citoyen, quelle que soit son ethnie ou sa religion, puisse collaborer à l’édification du Bien commun » a-t-il conclu.

Un nouveau plaidoyer contre la guerre

Le Pape est enfin revenu sur sa visite de samedi au cimetière militaire de Redipuglia dans le Nord-est de l’Italie, où il a prié pour tous les morts tombés au front lors de la Grande Guerre mais aussi des autres conflits. François a répété ainsi que les 8 millions de soldats morts et 7 millions de civils montraient bien que la guerre était une folie. Une folie dont l’humanité n’a toujours pas tiré les leçons. « Quand apprendrons-nous de cette leçon? » Nous sommes invités une fois encore à regarder Jésus sur la Croix pour comprendre qu’il triomphe du Mal.