Tous les articles par P. Jean-Daniel Planchot

Sans l’Église, pas possible d’aller de l’avant

15-09-2014 Radio Vatican

De même que sans Marie, il n’y aurait pas eu Jésus, de même « sans l’Église nous ne pouvons pas aller de l’avant ». C’est ce qu’a déclaré le Pape François au cours de son homélie matinale, ce lundi, à Sainte-Marthe, en cette fête de Notre-Dame des Douleurs.

La Liturgie, après nous avoir montré la Croix Glorieuse, nous fait voir la Mère humble et douce. Dans la Lettre aux Hébreux « Paul souligne trois termes forts » : il dit que Jésus « a appris, obéi, et souffert ». « C’est le contraire de ce qui était arrivé à notre père Adam, qui n’avait pas voulu apprendre ce que le Seigneur commandait, qui n’avait pas voulu souffrir, ni obéir ». Jésus en effet, en se faisant Dieu, « s’est anéanti, s’est humilié lui-même en devenant serviteur. C’est cela, la gloire de la Croix de Jésus ».

« Jésus est venu au monde pour apprendre à être homme, et en étant homme, à marcher avec les hommes. Il est venu au monde pour obéir, et il a obéi.  Mais cette obéissance, il l’a apprise à partir de la souffrance. Adam est sorti du Paradis avec une promesse, la promesse qui s’est poursuivie pendant tant de siècles. Aujourd’hui, avec cette obéissance, avec cet anéantissement de soi-même, cette humiliation, de Jésus, cette promesse devient espérance. Et le peuple de Dieu marche avec une espérance sûre. Même la Mère, « la nouvelle Eve », comme l’appelle Paul, participe à cette route de son Fils : elle a appris, souffert et obéi. Et elle devient Mère. »

L’Évangile nous montre Marie au pied de la Croix. Jésus dit à Jean : « Voici ta mère ». Marie « est une mère bénie ».

« Et c’est aussi cela notre espérance. Nous ne sommes pas orphelins, nous avons une Mère : la Vierge Marie. Mais l’Église aussi est Mère, et l’Église aussi est une Mère bénie lorsqu’elle suite la même route que Jésus et Marie : la voie de l’obéissance, la voie de la souffrance, et lorsqu’elle a cette attitude d’apprentissage continuel du chemin du Seigneur. Ces deux femmes, Marie et l’Église, portent l’espérance qu’est le Christ, elles nous donnent le Christ, elles génèrent le Christ en nous. Sans Marie, il n’y aurait pas eu Jésus ; sans l’Église, nous ne pouvons pas avancer ».

« Deux femmes et deux Mères » et auprès d’elles, notre âme qui, comme le disait le moine Isaac, l’abbé de Stella, « est féminine » et ressemble « à Marie et à l’Église ».

« Aujourd’hui, en regardant cette femme près de la Croix, si ferme lorsqu’elle suit son Fils dans la souffrance pour apprendre l’obéissance, en la regardant, nous regardons l’Église et nous regardons notre Mère. Et nous regardons aussi notre petite âme qui ne se perdra jamais, si elle continue à être une femme proche de ces deux grandes femmes qui nous accompagnent dans la vie : Marie et l’Église. Et comme nos Pères sont sortis du Paradis avec une promesse, nous pouvons aujourd’hui aller de l’avant avec une espérance : l’espérance que nous donne notre Mère Marie, debout près de la Croix, et notre Sainte Mère l’Église hiérarchique ».

La Croix est victoire de Jésus, non faillite

14-09-2014 Radio Vatican

En ce dimanche où l’Église célébrait la Croix glorieuse, le Pape est revenu sur le sens de cette Croix pour les chrétiens lors de la prière de l’angélus récitée place Saint-Pierre.« Certaines personnes non chrétiennes pourraient se demander pourquoi « exalter » la Croix ? » Mais nous pouvons répondre qu’il ne s’agit pas de n’importe quelle croix, mais la Croix de Jésus, car en elle s’est révélé au plus haut point l’amour de Dieu pour l’humanité.

« Pourquoi la Croix était-elle nécessaire ? » A cause de la gravité du Mal qui nous tenait en esclaves. Ainsi, la Croix de Jésus exprime à la fois toute la force négative du Mal et toute la douce miséricorde de Dieu, cette Croix semble décréter la faillite de Jésus mais elle est en réalité le signe de sa victoire. En mourant sur la croix, Dieu a conféré une royauté universelle à Jésus, voilà pourquoi il l’a « exaltée ».

« La Croix est notre véritable espérance ! », à travers le visage de Jésus crucifié, chacun de nous peut contempler la racine de notre Salut, c’est d’elle que jaillit la miséricorde du Père qui embrasse le monde entier.

Une prière pour la Centrafrique

Le signe de la Croix que font les chrétiens n’est pas « magique », croire dans la Croix de Jésus signifie le suivre sur son chemin et participer à son œuvre de Salut. Le sacrifice et les souffrances de tant de chrétiens persécutés dans le monde, qui acceptent le sacrifice, là, a-t-il précisé où la liberté religieuse n’est pas encore garantie ou pleinement réalisée.

A l’issue de l’Angélus, le Pape François a eu des mots particulier pour la République Centrafricaine, à la veille de l’arrivée dans le pays d’une mission de paix des Nations Unies. Rappelant l’engagement de l’Église dans l’établissement de la paix dans le pays, le Pape a tenu à encourager les efforts de la communauté internationale afin qu’elle vienne en aide aux Centrafricains de bonne volonté. « Que les belligérants puissent mettre leurs intérêts particulier de côté afin que chaque citoyen, quelle que soit son ethnie ou sa religion, puisse collaborer à l’édification du Bien commun » a-t-il conclu.

Un nouveau plaidoyer contre la guerre

Le Pape est enfin revenu sur sa visite de samedi au cimetière militaire de Redipuglia dans le Nord-est de l’Italie, où il a prié pour tous les morts tombés au front lors de la Grande Guerre mais aussi des autres conflits. François a répété ainsi que les 8 millions de soldats morts et 7 millions de civils montraient bien que la guerre était une folie. Une folie dont l’humanité n’a toujours pas tiré les leçons. « Quand apprendrons-nous de cette leçon? » Nous sommes invités une fois encore à regarder Jésus sur la Croix pour comprendre qu’il triomphe du Mal.

La guerre est une folie

13-09-2014 source : Radio Vatican

Émotion, prière et recueillement au cimetière militaire italien de Redipuglia, dans la région du Frioul-Vénétie-Julienne, non loin de la frontière avec la Slovénie. C’est là que le Pape François a effectué ce samedi matin un pèlerinage dans ce lieu où sont enterrés quelque cent mille soldats italiens dont soixante mille ne portent pas de nom, tous victimes des terribles combats qui eurent lieu dans cette région au cours de la Première Guerre mondiale. Sous un ciel couvert et parfois pluvieux, le Pape y a célébré la messe en mémoire des victimes de toutes les guerres en compagnie notamment des archevêques de Zagreb et de Vienne. Ce déplacement s’inscrit dans le cadre des commémorations du centenaire de la Grande Guerre mais le Pape a voulu élargir sa prière et embrasser toutes les victimes. C’est pourquoi, avant de se rendre dans le cimetière de Redipuglia, il est allé prier devant le monument central du cimetière austro-hongrois de Fogliano, situé à quelques mètres du sanctuaire italien.

Dans son homélie, le Pape a répété cette phrase, cette « devise narquoise de la guerre : que m’importe ? » soulignant ainsi l’une des causes premières de tout conflit, l’indifférence à son prochain, à l’image de Caïn envers Abel.

« La guerre est une folie » : une évidence que le Pape souligne dès le début, expliquant clairement que « son plan de développement est la destruction » de la Création mais aussi de « ce que Dieu a créé de plus beau : l’être humain ». Aux racines de ce mal, « la cupidité, l’intolérance, l’ambition du pouvoir ». Mais surtout, quand l’idéologie ne justifie même plus la guerre, l’indifférence, celle qui fit dire à Caïn : « que m’importe ?  Suis-je le gardien de mon frère ?». Depuis le début du vingtième siècle, le monde a été confronté à deux guerres mondiales, et même une troisième selon le Pape, « combattue par morceaux, avec des crimes, des massacres, des destructions ». Et cela à cause de l’humanité qui a dit : « que m’importe ? ».

Derrière cette formule, se cache une réalité bien concrète. Celle « des intérêts, des plans géopolitiques », de « l’avidité de l’argent et du pouvoir », celle de « l’industrie des armes qui semble être tellement importante ! ». « Ces planificateurs de la terreur, ces organisateurs de l’affrontement, comme également les marchands d’armes, ont écrit dans leurs cœurs : que m’importe ? » « Le cœur corrompu » de ces « affairistes de la guerre » « a perdu la capacité de pleurer ». C’est Caïn qui règne en maître sur notre monde marqué par tant de conflits.

Prier pour toutes les victimes

Or, cette attitude est à l’opposé du message de Jésus qui nous enseigne que « celui qui prend soin du frère entre dans la joie du Seigneur ». Pour que les cœurs ne s’assèchent pas, le Pape demande donc la conversion du cœur : passer de cette indifférence aux larmes, non seulement pour les victimes de la Première Guerre mondiale mais pour « toutes les victimes de la folie de la guerre, en tout temps ». A l’aridité des faiseurs de guerre qu’il dénonce avec force, le Pape demande à l’humanité de pleurer car elle en a besoin.