Tous les articles par P. Jean-Daniel Planchot

Jésus n’est pas un professeur à sa tribune

09-09-2014 source : Radio Vatican

Jésus n’est pas un professeur qui parle d’une tribune, mais au milieu des gens. Il se laisse toucher pour guérir, comme l’a affirmé le Pape François lors de la messe matinale mardi dans la maison Sainte-Marthe, au Vatican.

Commentant l’Évangile du jour, le Souverain Pontife a choisi trois « moments » de la vie de Jésus : la prière, le choix des apôtres et celui d’être auprès des pêcheurs.

Jésus passe « toute la nuit à prier Dieu ». Il « prie pour nous. Cela semble un peu étrange que celui qui est venu nous apporter le salut, celui qui a le pouvoir, prie pour le Père. Et il le fait souvent. Jésus est un grand intercesseur ». « C’est son travail d’aujourd’hui, poursuit le Saint-Père : prier pour nous, prier pour son Eglise. Et cela doit nous donner courage ».

Après la prière, Jésus choisi les douze apôtre. Le Seigneur le dit clairement : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi. C’est moi qui vous ai choisi ». Ce deuxième moment nous donne courage, « car nous chrétiens avons été choisis » par le Seigneur. « L’amour ne voit pas si l’un est beau ou moche, il aime. Jésus fait la même chose: il aime et choisit avec amour. Et choisit tout le monde : tous les pêcheurs ».

Le troisième moment enfin, c’est la proximité de Jésus avec les personnes. Nombre d’entre elles vient « pour l’écouter et être guéri de leur maladie ». « Ce n’est pas un professeur, un mystique, qui parle d’une tribune, ajoute François. Il est au milieu des gens, il se laisse toucher. La proximité de Dieu avec son peuple est la proximité de Jésus avec les gens. »  « Nous nous confions à Lui car il prie, car il nous a choisi et car il nous est proche. » 

sollicitude envers notre frère dans l’erreur

2014-09-07 Radio Vatican

La foule des grands jours ce dimanche pour l’Angélus Place Saint-Pierre à Rome, par une très belle journée ensoleillée comme Rome peut en offrir en septembre. Le Pape François pour sa catéchèse est parti de l’Évangile du jour, tiré du chapitre 18 de Saint Matthieu. Il nous invite à méditer sur la responsabilité que nous avons dans la vie de foi de notre prochain. C’est un appel à la sollicitude fraternelle. Nous sommes tous responsables du salut ou de la perdition de notre prochain.

“Jésus nous enseigne que si mon frère commet une faute contre moi, je dois faire preuve de charité envers lui, et avant tout, lui parler personnellement, en lui expliquant que ce qu’il a dit ou fait n’est pas bon”. “Et si mon frère ne m’écoute pas? Jésus suggère dans ce cas d’agir progressivement: tout d’abord, aller le retrouver avec deux ou trois personnes pour lui parler à nouveau, pour qu’il prenne conscience de son erreur; si malgré tout, il ne veut rien entendre, Il faut en parler à la communauté; et s’il n’écoute pas la communauté, il faut lui faire percevoir la fracture et la séparation qu’il a lui-même provoquée, en affaiblissant la communion avec ses frères dans la foi.”

Toutes les étapes de cette approche que le Seigneur demande à la communauté sont là pour accompagner celui qui est dans l’erreur, afin qu’il ne se perde pas. “Il faut avant tout éviter le bruit de la rumeur et les ragots de la communauté”, car Jésus nous conseille de réprimander le prochain en toute intimité. “ Une attitude de délicatesse, de prudence, d’humilité, d’attention à l’égard de celui qui a commis une faute, en évitant quel es paroles puissent blesser ou tuer ton prochain. Cette discrétion a pour but de ne pas mortifier inutilement le pécheur”.

C’est à la lumière de cette exigence que l’on comprend les autres étapes de l’approche du prochain qui est dans l’erreur, lorsque l’on intègre ensuite des témoins et même la communauté. “Le but est d’aider ce frère à se rendre compte de ce qu’il a fait, et que sa faute a blessé non pas une seule personne, mais tous”.

“Devant Dieu nous sommes tous pécheurs et que tous nous avons besoin du pardon. Et que Jésus nous a dit de ne pas juger”. “La correction fraternelle représente un aspect de l’amour et de la communion qui doivent régner dans la communauté chrétienne, c’est un service réciproque que nous pouvons et devons nous rendre les uns les autres. Et c’est possible et efficace seulement si chacun d’entre nous reconnaît qu’il est pécheur et qu’il a besoin du pardon du Seigneur”. “La conscience qui me fait reconnaître l’erreur de l’autre, doit avant tout me rappeler que moi aussi je me suis souvent trompé”.

Au début de la Sainte Messe, nous sommes ainsi invités à reconnaître devant le Seigneur que nous sommes pécheurs. “Car lors de la célébration eucharistique, les participants ont tous deux choses fondamentales en commun: tous nous sommes pécheurs et à tous Dieu offre sa miséricorde. Il faut toujours se le rappeler avant d’aller trouver notre prochain pour le corriger fraternellement”.

L’Évangile est nouveauté

06-09-2014 source : Radio Vatican

L’Évangile est “nouveauté”. Jésus nous demande de « laisser de côté les dispositions caduques ». C’est ce qu’a affirmé le Pape François lors de la messe célébrée ce vendredi matin en la chapelle de la maison Sainte-Marthe. Le Souverain Pontife a souligné que le chrétien ne doit pas être « esclave de multiples petites lois » mais doit ouvrir son cœur au nouveau commandement de l’amour.

Les scribes veulent mettre Jésus en difficulté. Ils leur demandent pourquoi ses disciples ne font pas le jeûne mais le Seigneur ne tombe pas dans le piège, et répond en parlant de fête et de nouveauté. Le Pape François a pris appui sur l’Évangile de ce jour pour s’arrêter sur la nouveauté portée par Jésus, qui exhorte à mettre le vin nouveau dans des outres neuves :

 « Mettre le vin nouveau dans des outres neuves. La nouveauté de l’Évangile. Que nous apporte l’Évangile ? Joie et nouveauté. Ces docteurs de la loi étaient enfermés dans leurs commandements et dans leurs prescriptions. Tout en parlant d’eux, Saint Paul nous raconte qu’avant que n’arrive la foi- c’est-à-dire Jésus- nous étions protégés comme des prisonniers par la loi. Cette loi n’était pas mauvaise : protégés mais prisonniers, dans l’attente que n’arrive la foi. Cette foi qui se sera révélée en Jésus lui-même. »

Le peuple « avait la loi donnée par Moïse » ainsi que de nombreuses « coutumes et petites lois » qu’avaient codifié les docteurs. La loi- a-t-il commenté- les protégeait mais comme des prisonniers ! Ils étaient en attente de la liberté, de la liberté définitive que Dieu aurait donné à son peuple avec son Fils ». La nouveauté de l’Évangile « est celle-ci : se délivrer de la loi » :

« Quelqu’un d’entre vous peut me dire: ‘Mais Père, les chrétiens n’ont-ils pas de loi?’ : Oui ! Jésus a dit : « Je ne viens pas pour mettre fin à la loi mais pour la porter dans sa plénitude », La plénitude de la loi sont, par exemple, les Béatitudes, la loi de l’amour, l’amour total, comme Jésus nous a aimés. Et lorsque Jésus réprimande ces gens, ces docteur de la loi, il les réprimande pour ne pas avoir protégé le peuple par la loi, et de les avoir fait esclaves de nombreuses petites lois, de nombreuses petites choses qu’il fallait faire ».

Des choses à faire, « sans la liberté que Jésus nous apporte avec la nouvelle loi, la loi qu’il a sanctionnée par son sang ». L’Évangile est fête, joie et liberté. C’est la délivrance que tout le peuple attendait » lorsqu’ il « était protégé par la loi mais comme un prisonnier ». C’est ce que Jésus veut nous dire : « mettre le vin nouveau dans des outres neuves. Et ne pas avoir peur de changer les choses selon la loi de l’Évangile » :

« Saint Paul distingue bien les enfants de la loi et les enfants de la foi.  Mettre le vin nouveau  dans des outres neuves.  C’est pour cela que l’Église nous demande, à nous tous, certains changements. Elle nous demande de laisser de côté les dispositions caduques : elles ne servent à rien ! Et prendre de nouvelles outres, celles de l’Évangile. On ne peut pas comprendre la mentalité-par exemple- de ces docteurs de la loi, de ces théologiens pharisiens : on ne peut pas comprendre leur mentalité avec l’Esprit de l’Évangile. Ce sont des choses différentes. Le style de l’Évangile est un style différent qui porte à la plénitude de la loi. Oui ! Mais d’une nouvelle façon : mettre le vin nouveau dans des outres neuves ».

« L’Évangile est nouveauté ! L’Évangile est fête ! On peut vivre pleinement l’Évangile seulement dans un cœur joyeux et dans un cœur nouveau ». Sa prière est que le Seigneur « nous donne la grâce d’observer la loi. Observer la loi- la loi que Jésus a portée dans toute sa plénitude- dans le commandement de l’amour, dans les commandements qui viennent des Béatitudes ». Que le Seigneur nous donne la grâce de « ne pas rester prisonnier » mais « nous donne la grâce de la joie et de la liberté que nous apporte la nouveauté de l’Évangile ».