Tous les articles par P. Jean-Daniel Planchot

L’Évangile est nouveauté

06-09-2014 source : Radio Vatican

L’Évangile est “nouveauté”. Jésus nous demande de « laisser de côté les dispositions caduques ». C’est ce qu’a affirmé le Pape François lors de la messe célébrée ce vendredi matin en la chapelle de la maison Sainte-Marthe. Le Souverain Pontife a souligné que le chrétien ne doit pas être « esclave de multiples petites lois » mais doit ouvrir son cœur au nouveau commandement de l’amour.

Les scribes veulent mettre Jésus en difficulté. Ils leur demandent pourquoi ses disciples ne font pas le jeûne mais le Seigneur ne tombe pas dans le piège, et répond en parlant de fête et de nouveauté. Le Pape François a pris appui sur l’Évangile de ce jour pour s’arrêter sur la nouveauté portée par Jésus, qui exhorte à mettre le vin nouveau dans des outres neuves :

 « Mettre le vin nouveau dans des outres neuves. La nouveauté de l’Évangile. Que nous apporte l’Évangile ? Joie et nouveauté. Ces docteurs de la loi étaient enfermés dans leurs commandements et dans leurs prescriptions. Tout en parlant d’eux, Saint Paul nous raconte qu’avant que n’arrive la foi- c’est-à-dire Jésus- nous étions protégés comme des prisonniers par la loi. Cette loi n’était pas mauvaise : protégés mais prisonniers, dans l’attente que n’arrive la foi. Cette foi qui se sera révélée en Jésus lui-même. »

Le peuple « avait la loi donnée par Moïse » ainsi que de nombreuses « coutumes et petites lois » qu’avaient codifié les docteurs. La loi- a-t-il commenté- les protégeait mais comme des prisonniers ! Ils étaient en attente de la liberté, de la liberté définitive que Dieu aurait donné à son peuple avec son Fils ». La nouveauté de l’Évangile « est celle-ci : se délivrer de la loi » :

« Quelqu’un d’entre vous peut me dire: ‘Mais Père, les chrétiens n’ont-ils pas de loi?’ : Oui ! Jésus a dit : « Je ne viens pas pour mettre fin à la loi mais pour la porter dans sa plénitude », La plénitude de la loi sont, par exemple, les Béatitudes, la loi de l’amour, l’amour total, comme Jésus nous a aimés. Et lorsque Jésus réprimande ces gens, ces docteur de la loi, il les réprimande pour ne pas avoir protégé le peuple par la loi, et de les avoir fait esclaves de nombreuses petites lois, de nombreuses petites choses qu’il fallait faire ».

Des choses à faire, « sans la liberté que Jésus nous apporte avec la nouvelle loi, la loi qu’il a sanctionnée par son sang ». L’Évangile est fête, joie et liberté. C’est la délivrance que tout le peuple attendait » lorsqu’ il « était protégé par la loi mais comme un prisonnier ». C’est ce que Jésus veut nous dire : « mettre le vin nouveau dans des outres neuves. Et ne pas avoir peur de changer les choses selon la loi de l’Évangile » :

« Saint Paul distingue bien les enfants de la loi et les enfants de la foi.  Mettre le vin nouveau  dans des outres neuves.  C’est pour cela que l’Église nous demande, à nous tous, certains changements. Elle nous demande de laisser de côté les dispositions caduques : elles ne servent à rien ! Et prendre de nouvelles outres, celles de l’Évangile. On ne peut pas comprendre la mentalité-par exemple- de ces docteurs de la loi, de ces théologiens pharisiens : on ne peut pas comprendre leur mentalité avec l’Esprit de l’Évangile. Ce sont des choses différentes. Le style de l’Évangile est un style différent qui porte à la plénitude de la loi. Oui ! Mais d’une nouvelle façon : mettre le vin nouveau dans des outres neuves ».

« L’Évangile est nouveauté ! L’Évangile est fête ! On peut vivre pleinement l’Évangile seulement dans un cœur joyeux et dans un cœur nouveau ». Sa prière est que le Seigneur « nous donne la grâce d’observer la loi. Observer la loi- la loi que Jésus a portée dans toute sa plénitude- dans le commandement de l’amour, dans les commandements qui viennent des Béatitudes ». Que le Seigneur nous donne la grâce de « ne pas rester prisonnier » mais « nous donne la grâce de la joie et de la liberté que nous apporte la nouveauté de l’Évangile ».

La rencontre entre nos péchés et le Christ qui nous sauve

05-09-2014 Radio Vatican

La force de la vie chrétienne réside dans la rencontre entre nos péchés et le Christ qui nous sauve. Là où cette rencontre n’existe pas, les Églises sont décadentes et les chrétiens tièdes. Voilà l’idée développée par le Pape François lors de la messe de ce jeudi matin à Sainte-Marthe.

Dans cette homélie, le Pape a souligné que Pierre et Paul nous font comprendre qu’un chrétien peut se vanter de deux choses: “de ses propres péchés et du Christ crucifié”. La force de la Parole de Dieu qui transforme, part de la compréhension de cette réalité: “la force de la Parole de Dieu se trouve dans cette rencontre entre mes péchés et le sang du Christ, qui me sauve. Et quand cette rencontre fait défaut, notre cœur manque de force. Lorsqu’on oublie cette rencontre que nous avons eue dans la vie, nous devenons mondains, nous voulons parler des choses de Dieu avec un langage humain, et cela ne sert à rien, car cette attitude n’engendre pas la vie”.

“Le lieu privilégié pour la rencontre avec Jésus-Christ ce sont nos propres péchés. Si un chrétien n’est pas capable de se sentir vraiment pécheur et sauvé par le sang du Christ, c’est un chrétien qui n’est qu’à la moitié du chemin, un chrétien bien tiède”. “Et quand nous trouvons des Églises décadentes, des paroisses décadentes, des institutions décadentes, les chrétiens qui sont là n’ont certainement jamais rencontré Jésus-Christ”. “La force de la vie chrétienne et la force de la Parole de Dieu c’est justement à ce moment là où moi, pécheur, je rencontre Jésus-Christ et que cette rencontre bouleverse la vie, change la vie”. “Et cela te donne la force pour annoncer le salut aux autres”.

Pourquoi se vanter des péchés

04-09-2014 source : L’Osservatore Romano

« De quoi peut se vanter un chrétien? De deux choses: de ses péchés et du Christ crucifié ». Et une seule compte vraiment: la rencontre avec le Christ qui change la vie des chrétiens « tièdes » et transforme le visage de paroisses et communautés « décadentes ». Telle est l’indication suggérée par le Pape François au cours de la Messe célébrée le jeudi 4 septembre dans la chapelle de la Maison Sainte-Marthe.

Les paroles du Pape ont été inspirées avant tout par la première lecture de liturgie, tirée de la première lettre de saint Paul aux Corinthiens (3, 18-23).

En pratique, a affirmé le Pape, « Paul nous dit que la force de la Parole de Dieu, celle qui change le cœur, qui change le monde, qui nous donne de l’espérance, qui nous donne la vie, ne réside pas dans la sagesse humaine ». Donc, « elle ne consiste pas à bien parler et à bien dire les choses avec une intelligence humaine. Non, cela est de la folie ». En revanche, « la force de la Parole de Dieu vient d’ailleurs ». Il est certain qu’elle « passe également par le cœur du prédicateur ». Et c’est pour cela que Paul recommande à ceux qui prêchent la Parole de Dieu: « Devenez fous ». Il les avertit de ne pas placer leur sécurité « dans la sagesse du monde ». Donc, poursuit l’apôtre, « que personne ne se vante dans les hommes ».

Il est alors naturel de se demander « où est la sécurité de Paul, où trouve-t-il la racine de sa sécurité ». En effet, il dit de lui-même: « Moi seul me vante de mes péchés ». Des paroles qui scandalisent. Puis, « dans un autre passage, il dit: Moi seul me vante dans le Christ et dans ce Crucifié ». Donc « la force de la Parole de Dieu réside dans la rencontre entre mes péchés et le sang du Christ qui me sauve. Et quand il n’y a plus cette rencontre, il n’y a plus de force dans le cœur ». Si nous finissons par oublier cela, « nous devenons mondains, nous voulons parler des choses de Dieu avec un langage humain, et cela ne sert à rien », parce que cela « ne donne pas la vie ».

« Si un chrétien n’est pas capable de se sentir précisément pécheur et sauvé par le sang du Christ crucifié, c’est un chrétien à mi-chemin, c’est un chrétien tiède ». Et « quand nous trouvons des églises décadentes, quand nous trouvons des paroisses décadentes, des institutions décadentes, sûrement les chrétiens qui sont là n’ont jamais rencontré Jésus Christ ou ont oublié cette rencontre avec Jésus Christ ».

« La force de la vie chrétienne et la force de la Parole de Dieu résident précisément dans ce moment où moi, pécheur, je rencontre Jésus Christ. Et cette rencontre bouleverse la vie, change la vie. Et elle te donne la force d’annoncer le salut aux autres ». « Suis-je capable de croire que précisément lui, avec son sang, m’a sauvé du péché et m’a donné une vie nouvelle? Ai-je confiance dans le Christ? Est-ce que je me vante de la croix du Christ? Est-ce que je me vante également de mes péchés, dans ce sens? ».

Le Pape François a conseillé, à ce propos, de revenir au moment de la « rencontre avec Jésus Christ », pour vérifier qu’on ne l’a pas oubliée, en se demandant: « Ai-je rencontré Jésus Christ? Ai-je senti sa force? ».