Tous les articles par P. Jean-Daniel Planchot

REGARDONS LES ÉTOILES DE NOTRE MÉDAILLE

27 MAI

REGARDONS LES ÉTOILES DE NOTRE MÉDAILLE

envers grossi de la première frappe de la médaille miraculeuse en 1832 de chez Vachette
envers grossi de la première frappe de la médaille miraculeuse en 1832 de chez Vachette

Les douze étoiles qui figurent sur la Médaille n’en constituent pas seulement un ornement des plus gracieux ; elles ont un symbole très précis. Ces étoiles nous rappellent les douze apôtres, les saints qui, à leur exemple, ont obtenu par Marie la couronne de gloire. La Sainte Vierge est, en effet, la Reine des Apôtres.

Sans doute, elle n’a pas été ordonnée comme eux, mais elle a été éminemment associée à l’acte de la Rédemption, qui est l’essentiel de la fonction sacerdotale de Jésus-Christ. Après la mort de son Fils, elle est en quelque sorte chargée de l’Église qui s’organise. Elle prie au cénacle avec les apôtres et les disciples, elle reçoit avec eux l’Esprit-Saint qui va les embraser du feu de l’apostolat.

Impossible de vivre dans l’intimité de Marie sans devenir apôtre, sans désirer que le Règne de Dieu s’accomplisse, sans chercher à le réaliser. Mais n’oublions pas que c’est elle par excellence qui forme aux rudes tâches de l’apostolat. L’apôtre doit lutter continuellement contre l’esprit du mal ; or, c’est l’Immaculée qui lui écrase la tête.

Cette victoire-là n’est que la première de toutes celles que doivent remporter les apôtres de tous les temps. Appelons donc toujours Marie à notre secours lorsque nous voulons gagner, ramener, conquérir les âmes à Dieu. Prions-la souvent de bénir tous les ouvriers apostoliques, tous les artisans des mouvements d’Église, afin que soit hâté le Règne du Christ !

PRIÈRE

O Marie, Reine des Apôtres, les étoiles de votre Médaille chantent à leur manière la nécessité d’être apôtres nous aussi et d’aller chercher les âmes déchristianisées ou même païennes, si nombreuses dans notre entourage, pour leur faire connaître votre divin Fils et les mettre ainsi sur la route du ciel.

Aidez-nous, ô bonne Mère, à travailler de tout notre pouvoir à cette conquête des âmes ; faites-nous comprendre qu’un chrétien ne peut pas se sauver seul et qu’il doit avoir la hantise du salut de ses frères. Ainsi soit-il !

Ô MARIE CONÇUE SANS PÉCHÉ, PRIEZ POUR NOUS, QUI AVONS RECOURS A VOUS !

+P. BAETEMAN

REGARDONS LES DEUX CŒURS DE NOTRE MÉDAILLE

26 MAI
REGARDONS LES DEUX CŒURS DE NOTRE MÉDAILLE

Cœurs de Jésus et de Marie Chapelle rue du Bac
Cœurs de Jésus et de Marie Chapelle rue du Bac

Nous avons vu hier que le M et la Croix ne font qu’un parce qu’on ne peut pas séparer Jésus de sa Mère. C’est ce que nous confirment les deux Cœurs gravés sur la Médaille. Le Cœur de Jésus encerclé d’épines est tout près du Cœur de Marie transpercé d’un glaive. Dans l’amour comme dans la souffrance, ces deux Cœurs sont unis.

C’est le même sang, en effet, qui y circule, le sang que Jésus a offert pour nous sur la Croix jusqu’à la dernière goutte, c’est celui qu’il a reçu de sa Mère. Aussi, quand cette Mère désolée verra le soldat transpercer le Cœur de son Fils après sa mort, c’est son Cœur à elle qui sera déchiré par la lance.

Ne séparons jamais ces deux Cœurs sacrés dans notre vénération et dans notre amour ! Lorsque nous pensons à la Passion du Fils, pensons aussi à la Compassion de la Mère. Ayons à cœur de les conforter pour leur faire oublier un peu l’indifférence des créatures.

Souvenons-nous que le premier vendredi du mois est consacré à honorer le Sacré-Cœur de Jésus et que nous ne saurions mieux lui témoigner notre amour qu’en nous unissant à lui par la sainte communion. Dédommageons-le alors de l’ingratitude des hommes.

Souvenez-vous aussi qu’à Fatima, la Sainte Vierge a demandé à celles et ceux qui l’aiment de penser aux souffrances de son Cœur immaculé et de lui tenir compagnie au pied de la Croix le premier samedi du mois. Répondons généreusement à ces désirs et allons toujours au Cœur Sacré de Jésus par le Cœur immaculé et-douloureux de Marie.

PRIÈRE

Ô Cœur Sacré de Jésus, nous nous consacrons à toi par le Cœur immaculé de ta Mère. Sois à jamais notre refuge, notre secours, notre consolation, l’objet de nos hommages, de nos adorations et de notre amour.

Par ta Mère, avec elle et comme elle, nous voulons te glorifier par toutes nos actions, mettre en toi seul toute notre confiance.

Sois, ô divin Cœur de Jésus, notre espérance ici-bas et notre asile assuré à l’heure de notre mort. Nous te le demandons pour nous et pour tous ceux que nous aimons par l’intercession du Cœur Immaculé de Marie. Ainsi soit-il !

Ô MARIE CONÇUE SANS PÉCHÉ, PRIEZ POUR NOUS QUI AVONS RECOURS À VOUS !

+P. BAETEMAN

Saint Philippe Neri, fondateur de l’Oratoire

Saint Philippe Neri, fondateur de l’Oratoire

Saint Philippe Néri
Saint Philippe Néri

Pierre, Paul et Philippe. Depuis 500 ans les « Apôtres de Rome » sont trois. Cela en dit long sur l’amour d’une cité pour un homme né à Florence, mais né à nouveau, pour les Romains, entre les places de la Cité Éternelle et les ruelles les plus dégradées, où un pasteur sent l’odeur de ses brebis.

Dans les périphéries du centre

Quand Philippe Néri arrive à Rome en 1534, c’est comme si une lumière venait de s’allumer dans l’obscurité de la misère nichée entre les gloires de l’Ara Pacis et les travertins reluisants des nobles palais. Le centre de la Ville éternelle a le visage sale des périphéries, et c’est là que Philippe trouve pour logement une petite chambre, à Saint Jérôme, dans la rue Giulia. Le jour, le visage souriant et le cœur joyeux, il apporte à ceux qu’il rencontre la chaleur de Dieu, sans même être prêtre, et il leur donne, s’il le peut, un morceau de pain. Ou, une caresse sur le front, ou un mot de réconfort chuchoté à l’oreille de qui gémit sur les paillasses de l’Hôpital des Incurables. La nuit, avec une âme de feu, Philippe se perd dans un dialogue tellement intime avec Dieu que son lit peut se transformer, sans problème, en un parvis d’une église ou en une pierre de catacombe.

Toujours le sourire

Tout cela, rappelait le Pape François dans son message pour le cinquième centenaire du saint, fit de lui «un prédicateur passionné de la parole de Dieu» et un «ciseleur d’âmes». Sa paternité spirituelle, observe le pape François, «transparaît dans tout son agir, caractérisé par la confiance en toutes les personnes, loin des tons lugubres et des mines renfrognées, par l’esprit de fête et de joie, par la conviction que la grâce ne détruit pas la nature mais l’assainit, la renforce et la perfectionne».

«Il abordait, les uns après les autres, tous les petits groupes, et, enfin de compte, tous devenaient très vite ses amis», écrit son biographe. Et le Pape de commenter: «il aimait la spontanéité, fuyait les artifices, préférait les moyens les plus drôles pour éduquer aux vertus chrétiennes, et, en même temps il proposait une saine discipline qui implique l’usage de la volonté pour accueillir le Christ dans le concret de sa propre vie».

L’heure de l’Oratorio

Tout ceci devient attirant pour celui qui connaît Philippe et veut faire comme lui. C’est ainsi que naît «L’Oratorio», entre les taudis fétides où se répand jour après jour une charité faite de distribution de viande, et non pas selon un projet établi sur papier, décidé d’en-haut comme une aumône donnée à froid.

«Grâce aussi à l’apostolat de saint Philippe, reconnaît le pape François, l’engagement pour le salut des âmes devenait une priorité dans l’action de l’Église; on comprit à nouveau que les Pasteurs devaient rester aux côtés du peuple pour le guider et en soutenir la foi».

Et il devient lui-même pasteur, lorsqu’en 1551 il est ordonné prêtre, sans pour autant changer de vie et de style. Avec le temps, une première communauté se forme autour de lu ; ce fut la cellule de la future Congrégation qui en 1575 reçoit le placet (l’approbation) de Grégoire XIII.

«Soyez petits»

«Mes petits-enfants, soyez humbles, soyez petits: soyez humbles, soyez petits», répète le père Philippe aux siens ; il leur rappelle que pour être fils de Dieu «il ne suffit pas seulement d’honorer les supérieurs, mais encore ils doivent honorer leurs égaux et leurs inférieurs, et chercher d’être les premiers à honorer».

Ce qui est frappant chez une âme aussi contemplative que Marie aux pieds de Jésus, l’est aussi dans la générosité d’une Marthe, lorsque Philippe affirme de n’avoir pas peur d’interrompre la prière pour un geste de charité. Il disait: «Il faut mieux obéir au sacristain et au portier lorsqu’ils vous appellent, que d’être enfermé dans sa chambre à faire l’oraison».

Philippe Néri, le troisième Apôtre de Rome meurt aux premières heures du 26 mai 1595. Jamais ne s’est éteint le dynamisme de son amour, et saint Philippe Néri semble redire à la Ville éternelle: «ce n’est pas le moment de dormir, car le Paradis n’est pas fait pour les fainéants».


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