28-07-2013 source : Radio Vatican
Les évêques ne doivent pas que faire la loi, mais guider. L’Église n’est pas là que pour contrôler la foi mais pour la faciliter. Elle doit doit se méfier de la richesse et du cléricalisme. Elle a besoin d’une révolution de la tendresse. En marge des JMJ, le pape a rencontré dimanche après-midi les évêques responsables du Conseil épiscopal latino-américain (C.E.L.A.M.) qui étaient rassemblés lors de leur réunion générale de coordination. L’occasion de leur rappeler, avec force, les pistes missionnaires et pastorales pour ces Églises face aux défis du monde contemporain.Le pape est revenu en détail sur le document d’Aparecida, issu de la cinquième conférence générale de l’épiscopat latino-américain tenue en 2007. Une véritable feuille de route plus que jamais d’actualité, et qui a ses propres exigences.
Ce document a recensé les préoccupations des pasteurs devant le changement d’époque et la nécessité de récupérer la vie de disciple et de missionnaire par laquelle le Christ a fondé l’Église, a souligné le pape devant les 45 évêques présents. Pour le pape, la mission continentale que trace le document nécessite de changer les structures, du fait même de son caractère missionnaire.
« Le disciple du Christ n’est pas une personne isolée dans une spiritualité intimiste, mais une personne en communauté pour se donner aux autres. Mission continentale implique par conséquent appartenance ecclésiale. » a expliqué le Pape François, avant d’appeler à relever deux défis : le renouveau interne de l’Église et le dialogue avec le monde actuel.
Un appel au renouveau et au dialogue
Ce renouveau interne de l’Église nécessite une véritable conversation pastorale a souligné le souverain pontife en posant, selon son style habituel, des questions directes à son auditoire: « Faisons-nous en sorte que notre travail et celui de nos prêtres soit plus pastoral qu’administratif ? Promouvons-nous des lieux et des occasions pour manifester la miséricorde de Dieu ? Sommes-nous conscients de la responsabilité de reconsidérer les activités pastorales et le fonctionnement des structures ecclésiales, en cherchant le bien des fidèles et de la société ? Offrons-nous la Parole de Dieu et les sacrements avec la claire conscience et la conviction que l’Esprit se manifeste en eux ? Autant de question qui ont permis au pape de fustiger une nouvelle fois la tentation du cléricalisme à l’œuvre dans l’Église.
Pour le Pape François, est donc nécessaire une « réforme de vie », en ayant toujours présent à l’esprit que la boussole pour ne pas se perdre sur ce chemin est celle de l’identité catholique comprise comme appartenance ecclésiale.
La véritable autorité est dans le service
Le dialogue avec le monde actuel nécessite une adaptation aux questions existentielles de l’homme d’aujourd’hui, spécialement des nouvelles générations, a poursuivi le Pape François, en ne négligeant aucune langue, aucune culture ni aspect du contexte social.
Le pape s’est ensuite fait plus sévère pour dénoncer les dérives de la mission pastorale. Sans mâcher ses mots, il a dénoncé tout à tour l’idéologisation du message évangélique, sa réduction à une vision de classes du monde, le fonctionnalisme qui paralyse l’Église, ou la tentation chez certains pasteurs de se comporter en fonctionnaires cléricaux.
Face à ces écueils, le pape a donc montré la voie : reprenant son image favorite de « périphéries », il a expliqué que c’est bien là que se joue la réelle dimension missionnaire contemporaine. L’évêque est le premier pasteur a-t-il souligné, il doit être proches des gens. Sa place pour être avec son peuple est triple : ou devant pour indiquer le chemin, ou au milieu pour le maintenir uni et neutraliser les dispersions, ou en arrière pour éviter que personne ne reste derrière.
« Je vous demande, a conclu le pape, que nous prenions avec sérieux notre vocation de serviteurs car c’est en ceci que s’exerce et se montre l’autorité : dans la capacité de service. »