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Editorial de la lettre aux associés de la Médaille miraculeuse

Avec Marie, prenons soin de l’Église

Vierge à l’Enfant et anges musiciens, Vers 1920 - Chine - Jérôme Mondière D.R.
Vierge à l’Enfant et anges musiciens, Vers 1920 – Chine – Jérôme Mondière D.R.

Quelle joie de pouvoir saluer Notre Sainte Mère. Quel que soit le pays dont nous provenons, près d’elle, nous sommes présents dans ce monde qui est le nôtre comme famille de Dieu, comme disciples du Christ, confirmés par son Esprit pour être les témoins de son amour et de sa vérité devant tous.

Connaissant toutes les souffrances et les injustices que supporte notre terre, profondément émus de nous y trouver, soyons conscients aussi du redressement et de l’espérance possible. Image vibrante de l’Église universelle, la diversité des nations et des cultures montre que véritablement la Bonne Nouvelle du Christ est pour tous et pour chacun ; elle a atteint les extrémités de la terre.

Et cependant, nombreux sont encore à la recherche d’une patrie spirituelle. Quelques-uns ne sont ni catholiques ni chrétiens. D’autres, peut-être, se tiennent aux frontières de la vie de leur paroisse et de l’Église.

Offrons-leur nos encouragements : comme Marie, approchons-nous, les bras pleins d’amour du Christ pour qu’ils reconnaissent en l’Église leur maison ! Personne n’est obligé de rester à l’extérieur, car depuis  le jour de la Pentecôte, l’Église est une et universelle.

Par ses sanctuaires notamment, comme la Rue du Bac ou Lourdes, la Sainte Mère de Dieu nous rappelle aussi d’associer ceux qui ne sont pas présents au milieu de nous, spécialement les malades ou les handicapés mentaux, les jeunes qui sont en prison, ceux qui connaissent des situations difficiles en marge de nos sociétés et ceux qui, pour une raison ou une autre, se sentent loin de l’Église.

Marie dit à chacun : Jésus est proche de toi ! Fais l’expérience de son étreinte qui guérit, de sa compassion et de sa miséricorde ! ■

P. Jean-Daniel Planchot, cm

Patiente Marie

Toute la vie de Marie ne fut qu’un constant exercice de patience. La compassion qu’elle éprouva des souffrances du Rédempteur, dès l’instant où elle devint sa Mère, suffit à faire de Marie un modèle de patience.

La Sainte Famille-Vitrail de l’église Notre-Dame des Airs Saint-Cloud - L et A Alleaume vers 1937
La Sainte Famille-Vitrail de l’église Notre-Dame des Airs Saint-Cloud – L et A Alleaume vers 1937

Que n’endura-t-elle pas patiemment dans ses voyages à Bethléem, en Égypte, et durant tout le temps qu’elle vécut avec son Fils, d’abord en présence, puis en l’absence de Joseph, dans l’humble maison de Nazareth, cette maison que nous retrouvons à Lorette !

Pour saint François de Sales, aux noces de Cana, Jésus n’adressa à sa sainte Mère une réponse où il semblait peu tenir compte de ses prières qu’afin de nous proposer un exemple de sa patience.

Sa présence au Calvaire, près de Jésus expirant sur la croix, nous fait assez comprendre combien grande et sublime fut aussi la patience de la sainte Vierge. “Ce fut précisément alors, dit Albert le Grand, que par les mérites de sa patience, elle devint notre Mère, en nous enfantant à la vie de la grâce.”

La vertu de patience qui porte Marie à agir dans l’amour et non à se résigner et à subir les événements passivement, a quelque chose à voir avec l’espérance. “Ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience” , dit saint Paul (Éphésiens 4, 2) et encore “l’amour prend !patience.” (1 Corinthiens 13, 4)

Au sein de notre société de l’immédiateté, il nous faut réapprendre à patienter : nous avons besoin de temps pour nous accomplir, pour réaliser de belles choses, pour nous découvrir. Nous avons besoin de temps dans l’amour.

Ô Marie, vous avez souffert avec tant de patience, vous qui étiez exempte de toute faute ! Ô notre Mère, la grâce que nous vous demandons aujourd’hui, ce n’est pas tant d’être délivrés des croix que de les porter avec patience. Nous vous en prions, pour l’amour de Jésus, obtenez que Dieu nous accorde cette grâce. ■

Jean-Daniel Planchot, cm

L’attention maternelle de Marie

Le signe de Cana Giotto Chapelle des Scrovegni Padoue
Le signe de Cana Giotto Chapelle des Scrovegni Padoue

Par sa sollicitude maternelle, la Vierge Marie nous aide à nous ouvrir à la grâce de Dieu, à nous débarrasser de tout ce qui nous ralentit dans notre marche vers le Christ, dans notre attention au prochain et notre service à son égard.

Dans l’exemple de Cana (Jean 2, 1-11), Jésus accomplit son premier signe grâce à l’intervention de sa Mère. Cela nous invite à nous confier à Jésus miséricordieux : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. »

Aux noces de Cana, Marie est la femme attentive qui s’aperçoit d’un embarras important pour les mariés : le vin manque, le vin, symbole de la joie, de la fête. Marie découvre la difficulté, la fait sienne et, avec discrétion, agit immédiatement. Elle ne reste pas là à regarder, mais elle s’adresse à Jésus et lui présente le problème tel qu’il est : « Ils n’ont pas de vin. »

Et quand Jésus lui répond que son heure n’est pas encore venue, elle dit aux serviteurs : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le ». Alors Jésus accomplit le miracle, transformant une grande quantité d’eau en vin, un vin qui apparaît tout de suite le meilleur de toute la fête. Quel enseignement pouvons-nous tirer du mystère des noces de Cana ?

Marie participe à la joie des gens ordinaires et contribue à l’accroître ; elle intercède auprès de son Fils pour le bien des époux et de tous les invités, dont les disciples de Jésus. Ce dernier n’a pas refusé la demande de sa Mère. Que d’espérance pour nous dans cet événement !

Nous avons une Mère qui a les yeux attentifs et pleins de bonté, comme son Fils ; le cœur maternel et débordant de miséricorde, comme lui ; les mains qui veulent aider, comme les mains de Jésus qui rompaient le pain pour qui avait faim, les mains de Jésus qui touchaient les malades et les guérissaient.

Cela nous remplit de confiance et fait que nous nous ouvrons, par l’intercession attentionnée de Marie, à la grâce du Christ qui ne manquera pas de transformer nos efforts humains en quelque chose de divin. ■

P. Jean-Daniel Planchot, cm