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Editorial de la lettre aux associés de la Médaille miraculeuse

Vierge couronnée d’étoiles

Vierge couronnée d’étoiles

COURONNEMENT DE LA VIERGE (détail)Vitrail XVIe siècle Église saint Nicolas de Tolentin Monastère Royal de Brou (Bourg en Bresse)
COURONNEMENT DE LA VIERGE (détail)
Vitrail XVIe siècle Église saint Nicolas de Tolentin
Monastère Royal de Brou (Bourg en Bresse)

Fête très douce à nos cœurs, l’Assomption est irradiée de lumière. Préservée de la tache originelle, Marie le fut de la corruption du tombeau. Si puissamment étaient unies l’une à l’autre l’âme de la Mère et celle du Fils, qu’elles ne devaient rester séparées longtemps ; et le corps de Marie, harmonisé avec son âme, fût entraîné aussi en sa béatitude.

À sa mort, Marie est enrichie de toutes les magnifiques récompenses promises par son divin Fils à la pratique des vertus évangéliques. « Qui s’abaisse sera élevé » (Luc 14,11) : Dieu élève jusqu’au ciel celle qui fut si effacée.

« Qui perd sa vie à cause de moi la trouvera. » (Matthieu 16, 25) : il donne la pleine vie éternelle à celle qui s’est donnée pour qu’advienne Jésus. « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. » (Matthieu 5, 8) : Dieu procure la vision définitive du face à face à celle qui avait tout regard et toute affection pour le Sauveur.

Comme nous l’indique notre médaille, Dieu ceint son front de la couronne de gloire, couronne de douze étoiles, avec l’éclat rayonnant de toutes les couronnes des autres saints, parce que de tous elle possède les mérites des patriarches aux prophètes, aux évangélistes, aux martyrs, aux confesseurs, aux vierges.

Louons-la et réjouissons-nous. Magnifique est notre Mère, puissante est notre Reine ; soyons assurés de ses bénédictions, car elle peut nous redire : « Celui qui me trouve a trouvé la  vie et il obtient la faveur du Seigneur » (Proverbes 8, 35).

Ô Vierge rayonnante, bénissez-nous. Nous venons à vous comme des enfants confiants, sûrs d’être bien
accueillis par la plus tendre des Mères. Ô Jésus, il nous est doux de te voir avec ta Mère. Il nous est consolant de t’apercevoir l’appelant à te rejoindre au ciel. Que nous nous efforcions de vivre, nous aussi, avec toi et avec elle, dans l’espoir de ton appel suprême ! ■

MARIE, MÈRE DE LA DIVINE GRÂCE

MARIE, MÈRE DE LA DIVINE GRÂCE

Vierge de la Tendresse icône XIIIe siècle -Moscou
Vierge de la Tendresse icône XIIIe siècle -Moscou

Quelle est la signification de cette pieuse formule que l’Église insère dans sa liturgie et met sur les lèvres de tous les fidèles ? Marie est tout d’abord mère de la divine grâce, parce qu’elle a enfanté Celui qui est l’unique source de tous les biens surnaturels pour l’humanité rachetée. Nous avons tout reçu de Notre-Seigneur Jésus Christ.

Aucun recours à Dieu n’est possible que par Lui, chaque grâce est un fruit de sa passion et nous est appliquée par sa médiation. Il est par suite légitime de dire qu’en nous donnant Jésus, le principe de toutes les grâces, Marie nous a tout donné avec Lui.

Ainsi la Vierge, en acceptant de devenir la mère du Sauveur, nous a ouvert la fontaine d’eau vive qui jaillit pour la vie éternelle, et voilà pourquoi nous la proclamons « mère de la divine grâce ».

Marie n’a pas seulement donné au monde Jésus Christ en l’engendrant selon la chair ; elle lui est inséparablement associée dans toute l’œuvre de la Rédemption. Elle a accepté l’immolation sanglante de son Fils, et elle s’est unie à son sacrifice pour le salut du genre humain. Elle a participé ainsi à l’acquisition de tous les biens qui nous viennent du Calvaire.

Marie répand ainsi ses bienfaits sur les fidèles qui se font une joie de l’honorer. Si nous l’aimons de toute la ferveur de notre âme, si nous la faisons aimer autour de nous, elle se montrera pleinement notre mère et, en nous obtenant d’abondantes grâces de sanctification et de progrès spirituel, elle nous façonnera elle-même à l’image de son Fils Jésus.

Le rôle de Marie n’est pas terminé. Trésor inépuisable, les grâces se répandront sur le monde jusqu’à la fin des siècles. Ces grâces ont à être appliquées et l’œuvre de sanctification se continue chaque jour. ■

P. Jean-Daniel Planchot, cm

Marie, la nouvelle Ève

Marie, la nouvelle Ève

Notre-Dame église Saint-Pierre - Évran
Notre-Dame église Saint-Pierre – Évran

Les premiers à avoir parlé de Marie comme de la nouvelle Ève sont saint Justin († 163) et saint Irénée de Lyon († 202).

Saint Justin en parle dans son Dialogue avec Tryphon, il écrit : « Si c’est par l’entremise de la Vierge que le Christ s’est fait homme, c’est dans le dessein que, par la voie même d’où la désobéissance issue du serpent a pris son principe, elle trouvât également la solution… »

Et il évoque d’abord Ève qui accueillit la parole du serpent et enfanta dans la désobéissance et la mort, avant de montrer comment Marie conçut foi et joie lorsque l’ange lui annonça la bonne nouvelle et qu’elle répondit : « Qu’il me soit fait selon ta parole ».

Chez Justin, on trouve donc déjà une analogie de situation entre Ève et Marie. Irénée va beaucoup plus loin: pour lui, le Christ est le nouvel Adam qui vient sauver l’humanité que le premier Adam avait perdue ; l’arbre de la Chute est remplacé par l’arbre de la Croix, et Marie reprend le rôle d’Ève.

« Ève, écrit-il, se fit désobéissante : elle devint pour elle et tout le genre humain cause de mort. Marie, vierge obéissante, est devenue pour elle et pour tout le genre humain cause de salut. De Marie à Ève, il y a reprise du même circuit. Car il n’y a pas d’autre manière de délier ce qui a été lié, si ce n’est de reprendre en sens inverse les entrelacs de la ligature. C’est ainsi que la désobéissance d’Ève a été dénoncée par l’obéissance de Marie ; car ce que Ève lia par l’incrédulité, Marie l’a délié par la foi. »

Par la suite, durant les premiers siècles de l’Église, Épiphane de Chypre, en 377, reprendra la comparaison Ève-Marie. Par analogie et contraste avec Ève, tout comme Justin et Irénée, il appelle Marie « la mère des vivants ». ■

P. Jean-Daniel Planchot, cm