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Editorial de la lettre aux associés de la Médaille miraculeuse

LA LUMIÈRE DU THABOR

Transfiguration du Seigneur cathédrale grecque orthodoxe BeyrouthLa Transfiguration du Seigneur «jette une lumière éblouissante sur notre vie quotidienne et nous invite à tourner notre pensée vers le destin immortel qu’en lui-même le fait recouvre.» (Paul VI, tout dernier message)

Sur la cime du Thabor, le Christ dévoile la splendeur de sa divinité, et se manifeste aux témoins choisis tel qu’il est réellement :
le Fils de Dieu, «reflet resplendissant de la gloire du Père et expression parfaite de son être.» (Hébreux 1, 3).

Jésus ainsi vient donner sens à tout l’Ancien Testament avec la présence d’Élie, le prophète, et de Moïse, la loi. Du Mont Sinaï au Mont Thabor, du Mont des Oliviers au Mont du Calvaire en passant par le Discours sur la Montagne, voilà les lieux choisis par le Seigneur pour ses révélations, traits d’union entre ciel et terre, signes de l’alliance entre Dieu et les humains.

Avec Pierre, Jacques et Jean sur le Mont Thabor, contemplons le Christ transfiguré, révélant sur son visage d’homme «la gloire» divine qui est en lui (Matthieu 17, 1-9). C’est la première révélation de la gloire dans laquelle Jésus entrera visiblement par sa Résurrection et son Ascension.

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LA DÉVOTION à MARIE

LA DÉVOTION à MARIE

La Vierge Marie annonce dans le Magnificat :
« Toutes les générations me diront bienheureuse »,
et c’est ce qu’elles ont fait et feront jusqu’à la fin des temps.

Si la dévotion à Marie prédispose à la douceur,
à l’humilité et aussi à la bienveillance divine,
elle n’est pas pour autant le fait d’une religiosité fade ou débile.

Elle tenait une grande place dans la spiritualité
de Maximilien Kolbe, qui donna sa vie à Auschwitz.
Elle a souvent été recommandée par Jean-Paul II,
qui n’était ni un faible, ni un sentimental apeuré.

Le chapelet, dont les grains sont les grains de blé
d’une moisson qui se lève ailleurs,
est une prière insistante, proche du langage répétitif
de la louange chère aux mystiques.

Voici d’ailleurs un moyen très simple de l’empêcher
de tourner à l’exercice mécanique, selon André Frossard :
dédiez le premier grain à une personne,
et il s’en présentera, aussitôt après, une autre à votre esprit,
puis dix, puis vingt, et le chapelet vous paraîtra
non pas trop long, mais trop court, et vous aurez eu la preuve
que votre prochain a grand besoin de votre prière.

Toutes les femmes sont médiatrices par nature
et il serait étrange que la Vierge Marie fût seule à ne pas l’être.
On peut soutenir que Marie est, avant tout, une femme comme les autres,
à condition d’ajouter qu’aucune autre ne nous a jamais dit :
« Je suis l’Immaculée Conception. »

L’Annonciation, la naissance virginale de Jésus,
entre autres, ne sont pas spéculations oiseuses,
mais mystères qui éclairent tout le reste de l’Évangile.
Éteindre ces lumières condamne l’Évangile à n’être plus
qu’un recueil de maximes et de vaines promesses.

En vérité, par son acquiescement à l’Être par excellence qu’est Dieu,
la Vierge Marie est une merveilleuse figure de l’intelligence.
Elle est la seule avec Dieu à avoir prononcé ce Fiat
qui a donné naissance à la Lumière par deux fois,
lors de la Création et lors de la Nativité. ■

Jean-Daniel Planchot

LA SPHÈRE ET LA CROIX

Première Vierge au Globe, sculptée par Robert Froc - 1876Traduction d’un écrit anglais publié en 1909, il y a tout juste cent ans, La Sphère et la Croix est un beau livre de Gilbert K. Chesterton, un des plus importants écrivains anglais du début du XXe siècle.

A ceux pour qui, symbole du christianisme, la croix reste un symbole de sauvagerie et de déraison, Chesterton répond : Vous commencez par briser la croix, et pour finir vous brisez le monde habitable. Car si vous enlevez Dieu, qu’est-ce que l’humanité devient? Dans quelle sorte de monde sommes-nous réduits à vivre? Notre Dieu est si loin d’être le rival de l’homme qu’il a voulu que l’homme partage sa propre nature divine et son bonheur éternel.

La Sphère et la Croix nous fait naturellement penser à l’apparition de la rue du Bac. Dans ses mains, la Vierge Marie tient une sphère surmontée d’une croix polaire. Depuis les premiers princes chrétiens, c’était l’emblème usité pour exprimer la puissance. A juste titre, on a donné à la statue de la Vierge, la représentant dans cette attitude, le nom de Vierge puissante.

La Vierge Marie porte ce globe doré surmonté d’une petite croix, pour signifier l’humanité rachetée et glorifiée, la couleur dorée évoquant la gloire et la petite croix le sacrifice rédempteur. Marie présente à Dieu cette humanité sauvée, en fonction de sa maternité spirituelle. Tantôt ses yeux sont baissés vers la terre et tantôt levés vers le ciel, jetant des regards de compassion sur le monde et vers le ciel des regards de supplication. Elle prie pour tous les hommes du monde.

Cette croix se retrouve sur le revers de la médaille miraculeuse où elle surmonte le «M», initiale de Marie. Comme la boule terrestre tenue par Marie, la ligne transversale à la base de la croix représente la terre. Ce revers évoque l’Humanité rachetée, l’Église confirmée et réunie avec Marie spirituellement sous la croix, signe du Christ Ressuscité. ■

Jean-Daniel Planchot, cm

NB :  éditoriaux en PDF dans les LETTRE(s).