MOIS DE SAINT JOSEPH – XXe JOUR

MOIS DE SAINT JOSEPH – XXe JOUR

Saint Joseph associé à la vie cachée de Jésus-Christ

Nous pouvons tous trouver en saint Joseph l’homme qui passe inaperçu, l’homme de la présence quotidienne, discrète et cachée, un intercesseur, un soutien et un guide dans les moments de difficultés.

BOSSUET

saint Joseph église Saint-Martin de Chevreuse
saint Joseph église Saint-Martin de Chevreuse

« Que dirai-je ici, chrétiens, de cet homme caché avec Jésus-Christ? où trouverai-je des lumières assez pénétrantes pour percer les obscurités qui enveloppent la vie de Joseph? et quelle entreprise est la mienne de vouloir exposer au jour ce que l’Écriture a couvert d’un silence mystérieux?

Si c’est un conseil du Père éternel que son Fils soit caché au monde, et que Joseph le soit avec lui, adorons les secrets de la Providence sans nous mêler de les rechercher ; et que la vie cachée de Joseph soit l’objet de notre vénération et non pas la matière de nos discours.

Toutefois il en faut parler, puisque je sais bien que je l’ai promis ; et il sera utile au salut des âmes de méditer un si beau sujet, puisque, si je n’ai rien à dire autre chose, je dirai du moins, chrétiens, que Joseph a eu cet honneur d’être tous les jours avec Jésus-Christ, qu’il a eu avec Marie la plus grande part à ses grâces ; que néanmoins Joseph a été caché, que sa vie, que ses actions, que ses vertus étaient inconnues.

Peut-être apprendrons-nous, d’un si bel exemple, qu’on peut être grand, sans éclat, qu’on peut être bienheureux sans bruit, qu’on peut avoir la vraie gloire sans le secours de la renommée, par le seul témoignage de sa conscience et cette pensée nous incitera à mépriser la gloire du monde.

« Mais pour entendre solidement la grandeur et la dignité de la vie cachée de Joseph, remontons jusqu’au principe, et admirons, avant toutes choses, la variété infinie des conseils de la Providence dans les vocations différentes.

Entre toutes les vocations, j’en remarque deux dans les Écritures, qui semblent directement opposées : la première, celle des Apôtres, la seconde, celle de Joseph. Jésus est révélé aux Apôtres, Jésus est révélé à Joseph, mais avec des conditions bien contraires.

Il est révélé aux Apôtres pour l’annoncer par tout l’univers; il est révélé à Joseph pour le taire et pour le cacher. Les Apôtres sont des lumières pour faire voir Jésus-Christ au monde; Joseph est un voile pour le couvrir ; et sous ce voile mystérieux on nous cache la virginité de Marie et la grandeur du Sauveur des hommes.

Aussi nous lisons dans les Écritures que lorsqu’on le voulait mépriser : « N’est-ce pas là, disait-on, le fils de Joseph? » Si bien que Jésus entre les mains des Apôtres, c’est une parole qu’il faut prêcher :  «Prêchez la parole de cet Évangile. » Et Jésus entre les mains de Joseph, c’est une parole cachée ; et il n’est pas permis de la découvrir.

En effet, voyez-en la suite. Les divins Apôtres prêchent si hautement l’Évangile, que le bruit de leur prédication retentit jusqu’au ciel; et saint Paul a bien osé dire que les conseils de la Sagesse divine sont venus à la connaissance des célestes Puissances par l’Église, dit cet apôtre, et par le ministère des prédicateurs, et Joseph, au contraire, entendant parler des merveilles de Jésus-Christ, il écoute, il admire, il se tait.

« Que veut dire cette différence? Dieu est-il contraire à lui-même dans ces vocations opposées? Non, fidèles, ne le croyez pas : toute cette diversité tend à enseigner aux enfants de Dieu cette vérité importante, que toute la perfection chrétienne ne consiste qu’à se soumettre.

Celui qui glorifie les Apôtres par l’honneur de la prédication, glorifie aussi saint Joseph par l’humilité du silence; et par là nous devons apprendre que la gloire du chrétien n’est pas dans les emplois éclatants, mais à faire ce que Dieu veut. Si tous ne peuvent pas avoir l’honneur de prêcher Jésus-Christ, tous peuvent avoir l’honneur de lui obéir; et c’est la gloire de saint Joseph, c’est le solide honneur du christianisme.

Ne me demandez donc pas, chrétiens, ce que faisait saint Joseph dans sa vie cachée ; il est impossible que je vous l’apprenne, et je ne puis répondre autre chose, sinon ce que dit le divin Psalmiste : « Le Juste, dit-il, qu’a-t-il fait? »  Ordinairement la vie des pécheurs fait plus de bruit que celle des justes ; parce que l’intérêt et les passions, c’est ce qui remue tout dans le monde.

Les pécheurs, dit David, ont tendu leur arc, ils l’ont lâché contre les justes, ils ont détruit, ils ont renversé; on ne parle que d’eux dans le monde. Mais le Juste, ajoute-t-il, qu’a-t-il fait?  Il veut dire qu’il n’a rien fait. En effet, il n’a rien fait pour les yeux des hommes, parce qu’il a tout fait pour les yeux de Dieu.

C’est ainsi que vivait le juste Joseph. Il voyait Jésus-Christ, et il se taisait; il le goûtait, et il n’en parlait point ; il se contentait de Dieu seul sans partager sa gloire avec les hommes. Il accomplissait sa vocation ; parce que, comme les Apôtres sont les ministres de Jésus-Christ dé-, couvert, Joseph était le ministre et le compagnon de sa vie cachée. »

(Bossuet, 2e Panégyrique de saint Joseph)

Audience générale: le peuple participe à la mission prophétique du Christ

Audience générale: le peuple participe à la mission prophétique du Christ

Dans sa catéchèse ce mercredi 18 mars, centrée sur la Constitution conciliaire Lumen gentium, le Pape Léon XIV a mis l’accent sur le rôle actif de chaque baptisé dans la vie et la mission de l’Église. «Réveillons en nous la conscience et la gratitude d’avoir reçu le don de faire partie du Peuple de Dieu; ainsi que la responsabilité que cela implique»
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LÉON XIV

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 18 mars 2026

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Catéchèse. Les Documents du Concile Vatican II II. La Constitution dogmatique Lumen gentium 4. L’Église, peuple sacerdotal et prophétique

Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

Aujourd’hui, je voudrais m’attarder à nouveau sur le second chapitre de la Constitution conciliaire Lumen gentium (LG), consacré à l’Église comme peuple de Dieu.

Le peuple messianique (LG, 9) reçoit du Christ la participation à l’œuvre sacerdotale, prophétique et royale où s’accomplit sa mission salvifique. Les Pères conciliaires enseignent que le Seigneur Jésus a institué, par la nouvelle et éternelle Alliance, un royaume de prêtres, en constituant ses disciples en un « sacerdoce royal » (1 P 2, 9 ; cf. 1 P 2, 5 ; Ap 1, 6).

Ce sacerdoce commun des fidèles est donné par le Baptême, qui nous rend capables d’adorer Dieu en esprit et en vérité et de « professer devant les hommes la foi que par l’Église ils ont reçue de Dieu » (LG, 11).

De plus, par le sacrement de la Confirmation, tous les baptisés « sont liés plus parfaitement à l’Église, ils sont enrichis d’une force spéciale de l’Esprit Saint et ainsi plus strictement obligés tout à la fois à répandre et défendre la foi par la parole et par l’action en vrais témoins du Christ » (ibid.). Cette consécration est à la base de la mission commune qui unit les ministres ordonnés et les fidèles laïcs.

À ce sujet, le pape François faisait remarquer : « Regarder le peuple de Dieu signifie rappeler que nous faisons tous notre entrée dans l’Église en tant que laïcs. Le premier Sacrement, celui qui scelle pour toujours notre identité et dont nous devrions toujours être fiers, est le Baptême.

À travers lui et avec l’onction de l’Esprit Saint, (les fidèles) « sont consacrés pour être une demeure spirituelle et un sacerdoce saint » (Lumen gentium, n. 10). Notre consécration première et fondamentale prend ses racines dans notre baptême» (Lettre au Président de la Commission pontificale pour l’Amérique latine, 19 mars 2016).

L’exercice du sacerdoce royal se réalise de multiples façons, toutes orientées vers notre sanctification, avant tout par la participation à l’offrande de l’Eucharistie. Par la prière, l’ascèse et la charité agissante, nous témoignons ainsi d’une vie renouvelée par la grâce de Dieu (cf. LG, 10). Comme le résume le Concile, « le caractère sacré et la structure organique de la communauté sacerdotale se réalisent par les sacrements et les vertus » (LG, 11).

Les Pères conciliaires enseignent ensuite que le peuple saint de Dieu participe également à la mission prophétique du Christ (cf. LG, 12). C’est dans ce contexte qu’ils introduisent le thème important du sens de la foi et du consensus des fidèles.

La Commission Doctrinale du Concile précisait que ce sensus fidei « est comme une faculté de toute l’Église, grâce à laquelle elle reconnaît dans sa foi la révélation transmise, en distinguant le vrai du faux dans les questions de foi, et en même temps, elle y pénètre plus profondément et l’applique plus pleinement dans la vie » (cf. Acta Synodalia, III/1, 199). Le sens de la foi appartient donc aux fidèles non pas à titre individuel, mais en tant que membres du peuple de Dieu dans son ensemble.

Lumen gentium met l’accent sur ce dernier aspect et le relie à l’infaillibilité de l’Église, à laquelle est liée, en la servant, celle du Souverain Pontife. La collectivité des fidèles, ayant l’onction qui vient du Saint-Esprit (cf. 1 Jn 2, 20.27), ne peut se tromper dans la foi.

Ce don particulier qu’elle possède, elle le manifeste moyennant le sens surnaturel de foi qui est celui du peuple tout entier, lorsque, des évêques jusqu’aux derniers des fidèles laïcs, elle apporte aux vérités concernant la foi et les mœurs un consentement universel (cf. LG, 12).

L’Église, donc, en tant que communion des fidèles qui inclut évidemment les pasteurs, ne peut se tromper dans la foi : l’organe de cette propriété, fondé sur l’onction du Saint-Esprit, est le sens surnaturel de la foi de tout le peuple de Dieu, qui se manifeste dans le consentement des fidèles.

De cette unité, que le Magistère ecclésial préserve, il découle que chaque baptisé est un sujet actif de l’évangélisation, appelé à rendre un témoignage cohérent du Christ selon le don prophétique que le Seigneur insuffle à toute son Église.

L’Esprit Saint, qui nous vient du Christ Ressuscité, dispense en effet « parmi les fidèles de tous ordres les grâces spéciales qui rendent apte et disponible pour assumer les diverses charges et offices utiles au renouvellement et au développement de l’Église » (LG, 12).

La vie consacrée, qui ne cesse de germer et de fleurir sous l’action de la grâce, offre une manifestation particulière de cette vitalité charismatique. Les formes d’association ecclésiales sont elles aussi un exemple lumineux de la variété et de la fécondité des fruits spirituels pour l’édification du Peuple de Dieu.

Très chers, réveillons en nous la conscience et la gratitude d’avoir reçu le don de faire partie du Peuple de Dieu ; ainsi que la responsabilité que cela implique.

* * *

Je salue cordialement les pèlerins de langue française, en particulier les ceux venus de Suisse mais aussi les élèves des diverses écoles de Paris et de toute la France.

Chers amis, que la grâce d’être membre de l’Église, Peuple de Dieu, encourage chacun d’entre vous à prendre conscience de la responsabilité et de la cohérence que cela implique.

Je vous bénis et vous souhaite une bonne montée vers Pâques !

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Résumé de la catéchèse du Saint-Père

Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

Aujourd’hui, je voudrais m’arrêter avec vous sur l’Église comme Peuple de Dieu telle que Lumen gentium la définit et plus précisément sur le rôle des fidèles qui participent à leur façon à l’œuvre sacerdotale, prophétique et royale, reçue du Christ au baptême.

Le sacerdoce commun des fidèles permet de rendre un culte à Dieu et de professer publiquement la foi reçue à travers l’Église. Avec la Confirmation, les baptisés sont enrichis d’une force spéciale de l’Esprit Saint qui les oblige plus strictement à répandre la foi et à la défendre, en vrai témoins du Christ.

Le Peuple de Dieu, en tant que tel, participe également à la mission prophétique du Christ par son sensus fidei, qui permet de reconnaître la révélation transmise, en distinguant le vrai du faux dans les questions de foi et de ses applications à la vie.

Ainsi, chaque baptisé, confirmé par l’Esprit Saint est acteur de l’évangélisation, invité à donner un témoignage cohérent du Christ selon les grâces spéciales reçues ; la vie consacrée sous toutes ses formes en est un bel exemple.

Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

Saint Joseph, gardien et protecteur de l’Église

Saint Joseph, gardien et protecteur de l’Église

En ce jour de Saint Joseph, voici un texte que nous  vous proposons pour méditer sur le gardien et protecteur de l’Église :

Pour nous, citoyens de l’Église, qui trouvons en elle l’essentiel de notre vie, la vie qui doit durer éternellement, la fête célébrée le 19 mars en l’honneur de saint Joseph doit être une grande fête, puisque saint Joseph a été constitué par Dieu gardien et protecteur de l’Église et que l’Église ne peut grandir et se développer sans sa vigilante protection.

Saint Joseph-charpentier et la Sainte Famille mosaïque
Saint Joseph-charpentier et la Sainte Famille mosaïque

Avons-nous suffisamment conscience de ce rôle actuel, efficace, vivant, de saint Joseph ? Savons-nous suffisamment nous mettre sous sa garde et demeurer avec lui dans tout ce que nous faisons pour la croissance de l’Église ? Sans doute n’a-t-on pas toujours assez compris pourquoi saint Joseph exerce ce rôle.

C’est tout simplement que la vie de l’Église n’est absolument rien d’autre que la vie même de Jésus se continuant en tous ceux qui sont ses membres, en tous ceux qui, par le baptême et dans la fidélité à leur baptême, ont renoncé à leur vie propre pour ne plus vivre que de sa vie à Lui, en tous ceux que l’ensemble des signes sacramentels a greffés sur sa vie pour n’être plus avec Lui qu’un seul corps vivant comme les branches avec le tronc.

Entre l’Église et Jésus, il y a identité. La croissance et le développement de l’Église n’est absolument rien d’autre que la croissance et le développement de la vie de Jésus dans l’humanité. Chaque pas fait par l’Église est un pas fait par la vie du Christ sur les chemins de l’histoire humaine à travers les siècles et les régions de la terre.

Or, qui donc a été constitué le gardien et le protecteur de Jésus, qui donc a veillé à chaque seconde sur Lui à Bethléem, à Nazareth, dans la fuite en Égypte, qui donc a guidé chacun de ses pas ? Saint Joseph.

Les dons de Dieu sont sans repentance : c’est là le rôle qu’il a reçu pour l’éternité et qu’il ne cesse pas d’exercer jusqu’à la fin des temps ; jusqu’à ce que la croissance de la vie du Christ soit achevée dans la constitution complète et définitive de l’Église triomphante, Jésus est en croissance dans l’histoire, Jésus est enfant et adolescent parce que sa vie est naissante en la plupart des hommes, des pays, des milieux humains, donc sous la garde de saint Joseph.

Saint Joseph est donné par là tout entier à une œuvre qui n’est en rien pour lui. Lui n’est pas le vrai père de Jésus : il en exerce seulement le rôle et la fonction, mais il n’est que le représentant, le délégué, le prête-nom, le masque visible de la Paternité invisible de Dieu.

Sa réalité, sa personnalité d’homme sont totalement effacées, disparues : il n’existe que pour représenter le Père, la Paternité d’un autre que lui-même. Il n’a, ne cherche, ne veut aucun rôle personnel, rien qui soit pour lui : il ne cherche, ne veut que l’œuvre du Père, n’existe que pour l’œuvre du Père.

Quand un père se donne tout entier à la croissance et au développement de son fils, c’est sa propre vie, c’est un prolongement de lui-même, c’est la continuation de son sang, de sa famille, peut-être de son métier qu’il cherche et trouve en son fils, en un sens il se cherche encore lui-même dans ce qui est son œuvre à lui, son hérédité à lui : rien de tel en saint Joseph, il n’est humainement, personnellement pour rien dans la naissance de Jésus.

Rien n’est à lui, rien n’est pour lui, rien ne lui est personnel : il n’est que donné et disparaît lui-même dans l’œuvre à laquelle il appartient.

Que cela nous fasse comprendre à quelle condition nous pourrons travailler pour l’Église, c’est-à-dire pour la croissance et le développement de la vie de Jésus : c’est que jamais nous ne cherchions en rien à faire œuvre personnelle, une œuvre qui porterait notre marque, qui serait à nous, bien à nous, un prolongement de nous-mêmes.

C’est que nous soyons uniquement donnés à l’œuvre du Père, que nous ne voulions absolument rien qui soit de nous, mais uniquement l’œuvre du Père, et que nous-mêmes soyons totalement oubliés, disparaissions totalement dans l’œuvre du Père.

Quand tout ce que nous ferons portera le seul nom du Père au point que notre propre nom soit tu, inconnu, ignoré, alors nous aurons été apôtres et l’Église ou le Christ, ce qui ne fait qu’un, aura grandi par nous. Voilà ce que saint Joseph est seul à pouvoir nous apprendre et obtenir de nous.

Jean Daujat

Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

on peut méditer à nouveau l’Audience Générale du 29 janvier 2025 :

Audience générale : comme Joseph, accueillir le Christ qui grandit dans nos vies

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