LE MOIS DES FIDÈLES DÉFUNTS – 11 novembre

LE MOIS DES FIDÈLES DÉFUNTS – 11 novembre

Selon LE MOIS DE NOVEMBRE CONSACRÉ AU SOUVENIR DES ÂMES DU PURGATOIRE
par des considérations sur les peines qu’elles y souffrent, les motifs et les moyens de les soulager et sur l’utilité de la pensée du purgatoire .  L. Grandmont Liège 1841

Motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du purgatoire.

    1° L’intérêt de Dieu.

Un mois avec les âmes du purgatoire
Un mois avec les âmes du purgatoire

Entre les motifs nombreux que la raison et la religion fournissent à l’envi pour prouver la nécessité, l’importance et les avantages de la dévotion pour les âmes du purgatoire, Il n’en est certainement pas de plus propre à faire impression sur des cœurs chrétiens, que celui que nous allons méditer aujourd’hui. En effet, l’intérêt de Dieu !

Réfléchissons sur le sens de ces mots : l’intérêt de Dieu ! c’est-à-dire : il s’agit de procurer à Dieu un accroissement de gloire, et peut-être un des plus grands qu’il puisse recevoir. En faut-il plus pour nous faire embrasser avec ardeur celle dévotion ?… Nous sommes heureux de pouvoir prendre pour guide sur ce sujet le grand orateur, Bourdaloue, qui développe ce point avec la solidité et la profondeur qui le caractérisent.

Négliger les âmes du purgatoire, c’est n’avoir nul zèle pour Dieu, qui, trouvant sa gloire dans la délivrance de ces âmes justes, veut se la procurer par nous, membres de son Église militante, et il a droit de s’en prendre à nous, quand i:l en est frustré.

Nous avons quelquefois, il est vrai, du zèle pour Dieu; mais notre ignorance, aussi grossière qu’inexcusable dans les choses de Dieu, fait que nous n’appliquons pas ce zèle aux véritables sujets où l’intérêt de Dieu est engagé:

Or, pour concevoir jusqu’à quel point il est engagé relativement aux âmes du purgatoire, écoutons le célèbre Pierre de Blois, qui, fondé sur la plus solide théologie, nous enseigne que la dévotion pour le soulagement des âmes du purgatoire et pour leur délivrance, es| une espèce de zèle qui, par rapport à son objet, ne le cède pas à celui de la conversion des païens et le surpasse même en quelque sorte.

Pourquoi? parce que les âmes du purgatoire étant des âmes saintes et prédestinées, des âmes confirmées en grâces, elles sont incomparablement plus nobles devant Dieu que celles des païens, elles sont plus aimées et plus chéries de Dieu que celles des païens, elles sont actuellement dans un état bien plus propre à glorifier Dieu que celles des païens.

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    Jésus-Christ lui-même a voulu nous servir de modèle et nous a donné dans sa personne l’idée de cette dévotion ou de ce zèle pour les âmes du purgatoire : ce fut lorsqu’il descendit aux limbes, c’est-à-dire, dans cette prison, où, selon l’Écriture, les âmes des anciens Patriarches étaient retenues ; il les y consola par sa présence et les en tira par sa puissance.

Aussi saint Pierre ne nous parle de cette descente aux limbes que comme d’une mission divine qu’y fit le Sauveur du monde : J.-C., dit-il, alla prêcher aux esprits qui étaient retenus en prison. Il ne tient qu’à nous d’imiter ainsi J.-C.

Nous pouvons, sans descendre dans ces prisons souterraines, délivrer des âmes aussi parfaites et aussi saintes ; et, en le faisant comme lui, en vue de la gloire qui doit en revenir à Dieu, de quelque condition que nous soyons, nous participons à cet esprit apostolique dont il a été la source.

Mais voici une pensée de l’abbé Rupert encore plus touchante. On sait que les âmes, qui souffrent dans le purgatoire, y sont dans un état de violence, parce qu’elles y sont privées de la vue de Dieu ; la chose est évidente ; mais a-t-on jamais réfléchi que le purgatoire fût un état de violence pour Dieu même ?

Cette pensée nous étonne peut-être ; du moins l’intérêt de Dieu ne nous permet pas de la considérer avec indifférence ; méditons-là avec attention. — En quoi consiste cet état de violence par rapport à Dieu ?

Le voici : c’est que dans le purgatoire Dieu voit des âmes qu’il aime d’un amour sincère, d’un amour tendre et paternel, et auxquelles néanmoins il ne peut faire aucun bien ; des âmes remplies de mérite, de sainteté, de vertu, et qu’il ne peut toutefois encore récompenser ; des âmes qui sont ses élus et ses épouses, et qu’il est forcé de frapper et de punir.

Est-il rien de plus opposé aux inclinations d’un Dieu si miséricordieux et si charitable? Or, nous pouvons faire cesser cette violence en délivrant ces âmes de leur prison, et en leur ouvrant par nos prières le ciel qui leur est fermé. C’est là qu’elles se réuniront à Dieu, c’est là que son amour pour elles agira dans toute son étendue.

Tandis qu’elles sont dans le purgatoire, cet amour de Dieu est comme un torrent de délices prêt à les inonder, mais arrêté par l’obstacle d’un péché dont la dette n’est pas encore acquittée. Que ferons-nous? nous lèverons l’obstacle en satisfaisant pour elles.

Car Dieu se retient de leur faire du bien, puisque dans l’ordre surnaturel, il n’a que deux sortes de biens ; les biens de la grâce et les biens de la gloire. Or, du moment que ces âmes prédestinées sont sorties de ce monde, il n’y a plus de grâces pour elles, parce qu’elles ne sont plus en état de mériter ; et il ne peut pas encore leur donner la gloire, parce qu’elles ne sont pas suffisamment épurées pour la posséder.

*

    La bonté divine cependant ne les a pas abandonnées : elles s’est lié les mains, mais elle nous a donné le pouvoir de les lui délier en intercédant, en satisfaisant pour elles. Dieu semble nous dire : c’est par vous que ces âmes affligées recevront du soulagement dans leurs souffrances ; c’est par vous que, malgré les lois de ma justice rigoureuse, elles éprouveront les effets de ma miséricorde.

Ainsi quand, usant de ce pouvoir, nous délivrons par nos prières une de ces âmes, non-seulement nous procurons à Dieu une gloire très-pure, mais nous lui donnons une joie très-sensible ; non-seulement nous faisons triompher sa bonté, mais nous nous conformons aux dispositions secrètes de sa justice, puisque la justice que Dieu exerce envers les âmes du purgatoire ne demande qu’un intercesseur pour l’apaiser.

Dieu seul, s’écrie Boudon, dans son excellent opuscule intitulé : La gloire de la sainte Trinité dans les âmes du purgatoire; Dieu seul, l’intérêt de Dieu seul, de sa gloire, c’est le grand motif qui doit nous presser de soulager les âmes du purgatoire.

Quel moyen, en effet, plus propre à procurer sa gloire, puisque leur délivrance les met dans le ciel, où Dieu est parfaitement connu, aimé et glorifié. C’est donc contribuer de la manière la plus parfaite à sa plus grande gloire que de coopérer à la délivrance des âmes du purgatoire, pour les faire entrer dans le paradis.

INSTRUCTION.

Que toutes les personnes zélées pour la gloire de Dieu, c’est-à-dire que tous les vrais chrétiens fassent réflexion sur cette vérité ; et si une sainte Thérèse et d’autres Saints ont protesté qu’ils auraient voulu souffrir tous les tourments imaginables pour un seul degré de la gloire de Dieu, que ne doit-on pas faire, que ne doit-on pas souffrir pour la délivrance des âmes qui sont dans les flammes purifiante, puisque c’est la voie pour lui en faire rendre des millions de degrés ; et cela non pour un moment, mais pour toute l’éternité.

PRIÈRE.

Tout à votre plus grande gloire, ô mon Dieu ! telle sera toujours ma devise ; et, puisque je suis convaincu que c’est travailler efficacement à procurer cette gloire que de secourir les âmes du purgatoire, je vous demande, ô Dieu miséricordieux! la grâce de m’intéresser toute ma vie à ces âmes, afin qu’elles vous glorifient et qu’elles m’aident à vous glorifier éternellement. Par J.-C. N.-S. Ainsi soit-il.

Indulgence applicable aux morts. — Indulgence accordée à perpétuité à tous les fidèles qui feront, avec un cœur contrit, une neuvaine pour se préparer saintement à la fête de Noël : indulgence pour ceux qui, s’étant confessés, communieront le jour de Noël, ou un des jours de l’octave de cette fêle, et prieront selon les intentions de l’Église.

La même indulgence est accordée à tous les Fidèles qui feront dans le cours de l’année, à quelqu*époque que ce soit, une autre neuvaine en l’honneur de l’enfant Jésus. (Rescrit du 12 Août 1815. — 9 Juillet 1830.)

LE MOIS DES FIDÈLES DÉFUNTS – 10 novembre

LE MOIS DES FIDÈLES DÉFUNTS – 10 novembre

Selon LE MOIS DE NOVEMBRE CONSACRÉ AU SOUVENIR DES ÂMES DU PURGATOIRE
par des considérations sur les peines qu’elles y souffrent, les motifs et les moyens de les soulager et sur l’utilité de la pensée du purgatoire .  L. Grandmont Liège 1841

Motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du purgatoire.

Dans quel état se trouvent les âmes qui sont dans le purgatoire.

Après avoir médité les jours précédents sur l’état de souffrance et les diverses peines des âmes du purgatoire, pour nous former une juste idée de celte portion de l’Église de J.-C., méditons aujourd’hui les réflexions de saint François de Sales sur l’état des âmes qui y expient leurs péchés.

Ce grand Saint reconnaît que les tourments qu’elles y souffrent sont si grands que les plus extrêmes douleurs de cette vie n’y peuvent être comparées; mais il ajoute que les satisfactions intérieures y sont telles qu’il n’y a point de prospérité ni de contentement sur la terre qui les puissent égaler, bien qu’encore infiniment inférieures aux délices du paradis : car, autres sont les biens que Dieu donne pour la consolation des captifs,  dit saint Augustin ; autres ceux qu’il a réservés pour faire la félicité de ses enfants.

Voici du reste comment saint François énumère les motifs de ce contentement :

Les âmes dans le purgatoire sont dans une continuelle union avec Dieu.

Elles y sont parfaitement soumises à sa volonté, ou, pour mieux dire, leur volonté est tellement transformée en celle de Dieu, qu’elles ne peuvent vouloir que ce que Dieu veut : en sorte que, si le paradis leur était ouvert, elles se précipiteraient en enfer plutôt que de paraître devant Dieu avec les souillures qu’elles voient encore en elles.

Elles s’y purifient volontairement et amoureusement, parce que tel est le bon plaisir divin.

Elles veulent y être en la façon qu’il plaît à Dieu et pour autant de temps qu’il lui plaira.

Elles sont impeccables ; elles ne peuvent avoir le moindre mouvement d’impatience, ni commettre la moindre imperfection.

Elles aiment Dieu plus qu’elles-mêmes et que toutes choses, d’un amour accompli, pur et désintéressé.

Elles y sont consolées par les Anges.

Elles y sont assurées de leur salut, dans une espérance qui ne peut être confondue dans son attente.

Leur amertume très-grande est dans une paix très-profonde.

Si c’est une espèce d’enfer quant à la douleur, c’est un paradis quant à la douceur que répand la charité dans leur cœur ; charité plus forte que la mort et plus puissante que l’enfer.

Heureux état plus désirable que redoutable, puisque ces flammes sont flammes d’amour et de charité !

Redoutables néanmoins, puisqu’elles retardent la fin de toute consommation qui consiste à voir Dieu et à l’aimer, et, par cette vue et cet amour, le louer et le glorifier dans toute l’étendue de l’éternité.

Mais, s’il en est ainsi, pourquoi donc tant recommander les âmes du purgatoire? — C’est que, reprend saint François de Sales, malgré ces avantages, l’état de ces âmes est fort douloureux, et vraiment digne de notre compassion.

Car elles aussi nous adressent avec vérité les paroles que Tobie adressait à l’Ange Raphaël : Quelle joie pouvons-nous avoir, nous qui sommes dans les ténèbres et qui ne saurions voir le ciel. étant retenues dans une prison de feu ? Et d’ailleurs c’est que la gloire qu’elles rendront à Dieu dans le ciel est retardée.

Ces deux motifs doivent nous engager à leur procurer une prompte délivrance par nos prières, nos jeunes, nos aumônes et toutes sortes de bonnes œuvres, mais particulièrement par l’offrande du sacrifice de la sainte messe.

Ainsi, d’une part, lorsqu’on réfléchit sur les tourments divers, sur les intolérables supplices du purgatoire, on y découvre bien des rapports avec l’affreuse demeure des réprouvés : souffrances, privation, éloignement de l’Être infiniment parfait, infiniment aimable, c’est- à-dire la peine du dam, n’en est-ce pas assez pour se tracer l’image trop sensible du plus grand des maux? N’est-on pas forcé de reconnaître tous les caractères d’un enfer passager ?

D’autre part, en considérant avec saint François de Sales la manière paisible dont ces âmes saintes se sentent purifier de plus en plus par les souffrances, la sérénité inaltérable, l’inexprimable douceur de leur acquiescement à la volonté suprême, les bénédictions continuelles qu’elles donnent aux coups les plus rigoureux de la main dont la pesanteur les accable.

En remarquant surtout leur charité consommée, peut-on s’y méprendre et ne pas voir qu’il n’y a en ce lieu que des élus, des prédestinés, les vrais amis de Dieu, ses enfants, les héritiers de son royaume, et bientôt, si nous le voulons, les heureux possesseurs de son essence et de toute sa gloire?

Ne semble-t-il pas même que déjà ces âmes goûtent le repos éternel, tant elles sont calmes au milieu des flammes expiatrices? Si elles ne contemplent pas encore face à face le Saint des Saints, du moins la visite, la société de ses Anges, les consolations admirables qu’elles en reçoivent, enfin la certitude de leur future félicité, les animent, les soutiennent, les établissent dans une paix profonde.

Cependant, quelqu’assurées qu’elles soient de plaire au Seigneur et d’en jouir à jamais, leur douleur actuelle est extrême parce qu’elles sont dans les ténèbres et qu’elles ne sauraient voir le ciel (Tobie. 5, 18) ; et ne perdons pas de vue que nous pouvons les secourir, les soulager, abréger le temps de leur prison, et même les en délivrer.

Ces vérités sont sanctionnées par l’Église dans la prière pour les âmes du purgatoire qu’elle a insérée dans le canon romain de la messe, après la consécration.

Le prêtre dit : « Souvenez-vous aussi, Seigneur, de vos serviteurs et de vos servantes N. N. qui, marqués du sceau de la foi, ont fini leur vie mortelle, pour s’endormir du sommeil de paix. — Nous vous supplions, Seigneur, de leur accorder par votre miséricorde, à eux et à tous ceux qui reposent en Jésus-Christ, le lieu de rafraîchissement, de lumière et de paix; par le même J.-C. N.-S. Ainsi soit-il. »

Remarquez ces expressions, tous ceux qui reposent en J.-C., n’est-ce pas indiquer une des prérogatives du paradis ? Mais en même temps elle demande pour ces âmes le lieu de rafraîchissement, de lumière et de paix, parce que c’est aussi une espèce d’enfer pour ces âmes, à cause des ardeurs, des expiations qu’elles souffrent, des ténèbres où elles sont et des agitations qu’elles éprouvent.

Ainsi cette prière de l’Église nous démontre tout à la fois, et l’état des âmes dans le purgatoire, et le soin qu’à son exemple nous devons avoir de les recommander au Seigneur.

Enfin, l’exemple de notre divin Sauveur nous aide à concevoir les vérités que nous avons méditées aujourd’hui. Non-seulement il était assuré de sa gloire, mais sa très-sainte âme en jouissait dès le premier moment de sa bienheureuse création, et cependant cette jouissance dans sa suprême partie, a-t-elle empêché les peines inouïes de sa douloureuse passion?

De même l’assurance d’aller un jour dans le ciel donne aux âmes du purgatoire des consolations indicibles, mais elle n’empêche pourtant pas qu’elles ne souffrent d’une manière inexplicable. La vie des Saints qui ont vécu des années entières dans un état complet d’aridité, de sécheresse spirituelle, privés de toute consolation,’quoiqu’étant dans la grâce de Dieu, nous donne également une idée de l’état de ces âmes dans le purgatoire,

INSTRUCTION.

La connaissance que nous avons acquise par la lecture de ce jour, de l’état de ces âmes abîmées dans la douleur, doit nous inspirer le désir d’acquérir leurs dispositions dans toutes nos tribulations dans toutes les croix que Dieu nous envoie pour expier nos péchés, pour nous donner occasion de faire notre purgatoire en ce monde.

En priant pour elles, demandons-leur de nous obtenir ces dispositions, afin que nous puissions expier entièrement nos fautes par une résignation parfaite à la volonté divine, même dans les circonstances les plus pénibles, et par la pratique de toutes les vertus.

PRIÈRE.

O Dieu de bonté ! qui n’avez pas permis que la mort me surprit dans mon péché, faites qu’en priant pour votre Église souffrante, j’apprenne à ne vivre et à ne souffrir que pour vous : que toujours soumis à votre sainte volonté, je repose aussi en Jésus-Christ, dans toutes les tribulations de la vie, afin qu’entièrement purifié à l’heure de la mort, j’aille rejoindre les âmes que j’aurai aidé à délivrer des souffrances du purgatoire. Par J.-C. N .-S. Ainsi soit-il.

Indulgence applicable aux morts.

— On gagne l’indulgence, une fois le jour, en disant avec dévotion et le cœur contrit, l’oraison jaculatoire suivante: « Que la très juste, très-élevée et très-aimable volonté de Dieu soit accomplie en toutes choses ; qu’elle soit louée et exaltée à jamais. Ainsi soit il.»

Pour ceux qui la réciteraient tous les jours, il y a indulgence plénière,  aux conditions ordinaires de se confesser, communier et prier le jour leur choix, selon les intentions de l’Église; et enfin indulgence plénière à la mort, pour ceux qui l’auraient récitée souvent pendant leur vie et feraient le sacrifice de leur vie avec une parfaite résignation. (Décret du 49 Mai 1818.)

 

«Nous sommes les pierres vivantes» de l’Église, Léon XIV à l’Angélus

«Nous sommes les pierres vivantes» de l’Église, Léon XIV à l’Angélus

Après avoir célébré la messe en sa cathédrale, la basilique Saint-Jean-de-Latran, le Pape a invité lors de l’Angélus place Saint-Pierre, à regarder au-delà de l’édifice dont on commémore la dédicace en ce dimanche 9 novembre, et à voir que «le véritable sanctuaire de Dieu est le Christ mort et ressuscité».
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SOLENNITÉ DE LA DÉDICACE DE LA BASILIQUE DU LATRAN

PAPE LÉON XIV

ANGÉLUS

Place Saint-Pierre
Dimanche 9 novembre 2025

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En ce jour de la Dédicace de la Basilique du Latran, nous contemplons le mystère de l’unité et de la communion avec l’Église de Rome, appelée à être la mère qui prend soin avec sollicitude de la foi et du cheminement des chrétiens dispersés dans le monde.

La Cathédrale du diocèse de Rome et le siège du successeur de Pierre, comme nous le savons, n’est pas seulement une œuvre d’une valeur historique, artistique et religieuse extraordinaire, mais elle représente également le centre moteur de la foi confiée et préservée par les apôtres et de sa transmission tout au long de l’histoire.

La grandeur de ce mystère brille également dans la splendeur artistique de l’édifice qui abrite dans sa nef centrale les douze grandes statues des apôtres, premiers disciples du Christ et témoins de l’Évangile.

Cela renvoie à un regard spirituel qui nous aide à aller au-delà de l’aspect extérieur, pour saisir dans le mystère de l’Église bien plus qu’un simple lieu, un espace physique, une construction faite de pierres.

En réalité, comme nous le suggère le passage de l’Évangile d’aujourd’hui qui nous raconte le geste de purification accompli par Jésus dans le Temple de Jérusalem (cf. Jn 2, 13-22), le véritable sanctuaire de Dieu est le Christ mort et ressuscité.

Il est l’unique médiateur du salut, l’unique Rédempteur, Celui qui, en s’unissant à notre humanité et en nous transformant par son amour, représente la porte (cf. Jn 10, 9) qui s’ouvre grand pour nous et nous conduit vers le Père.

Et, unis à Lui, nous sommes nous aussi des pierres vivantes de cet édifice spirituel (cf. 1 P 2, 4-5). Nous sommes l’Église du Christ, son corps, ses membres appelés à répandre dans le monde son Évangile de miséricorde, de consolation et de paix, à travers ce culte spirituel qui doit avant tout resplendir dans notre témoignage de vie.

Frères et sœurs, c’est à ce regard spirituel que nous devons former notre cœur. Très souvent, les fragilités et les erreurs des chrétiens, ainsi que les nombreux clichés ou préjugés, nous empêchent de saisir la richesse du mystère de l’Église.

Sa sainteté, en effet, ne réside pas dans nos mérites, mais dans « le don du Seigneur, jamais repris », qui continue à choisir « comme réceptacle de sa présence, avec un amour paradoxal, même et précisément les mains sales des hommes » (J. Ratzinger ,introduction au Christianisme)).

Marchons donc dans la joie d’être le Peuple saint que Dieu a choisi et invoquons Marie, Mère de l’Église, afin qu’elle nous aide à accueillir le Christ et nous accompagne de son intercession.

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À l’issue de l’Angélus

Chers frères et sœurs !

Je suis proche des populations des Philippines touchées par un violent typhon : je prie pour les défunts et leurs familles, pour les blessés et les personnes déplacées.

Aujourd’hui, l’Église en Italie célèbre la Journée d’Action de grâce. Je m’associe au message des évêques pour encourager un soin responsable du territoire, la lutte contre le gaspillage alimentaire et l’adoption de pratiques agricoles durables. Remercions Dieu pour « notre sœur notre mère la terre » (St François, Cantique des créatures) et pour tous ceux qui la cultivent et la protègent !

Je vous salue tous de tout cœur, Romains et pèlerins venus d’Italie et de tant de parties du monde, en particulier les jeunes jésuites polonais, les fidèles venus de Varsovie et de Gdansk en Pologne, de Newark et Kearny aux États-Unis d’Amérique, de Tolède et Galapagar en Espagne et de Londres, ainsi que le chœur des Regensburger Domspatzen.

Je salue les membres de l’Action Catholique de l’Archidiocèse de Gênes ainsi que les groupes paroissiaux de Cava Manara, Mede, Vibo Marina, Sant’Arcangelo di Potenza, Noto, Pozzallo et Avola, Cesenatico, Mercato San Severino, Crespano del Grappa et Noventa Padovana.

Je salue le groupe des Manifestations Historiques du Latium et les bénévoles de la Banque Alimentaire qui organiseront une collecte alimentaire samedi prochain, à la veille de la Journée Mondiale des Pauvres.

J’exprime ma profonde gratitude envers tous ceux qui, à tous les niveaux, s’engagent à construire la paix dans les différentes régions marquées par la guerre.

Ces derniers jours, nous avons prié pour les défunts et parmi eux, malheureusement, nombreux sont ceux qui ont été tués dans les combats et les bombardements, alors qu’ils étaient des civils, des enfants, des personnes âgées, des malades. Si l’on veut vraiment honorer leur mémoire, il faut un cessez-le-feu et s’engager pleinement dans les négociations.

Je souhaite à tous un bon dimanche.

Copyright © Dicastère pour la Communication – Libreria Editrice Vaticana

Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

dédicace de Saint Jean du Latran

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