Audience générale : «Si nous sommes unis, tout est possible»

Audience générale : «Si nous sommes unis, tout est possible»

Au lendemain de la célébration du 60e anniversaire de Nostra Aetate, le Pape a consacré l’audience générale de ce mercredi 29 octobre, au dialogue interreligieux. Léon XIV est amplement revenu dans sa catéchèse sur les origines de cette déclaration conciliaire qui, adoptée par le Concile Vatican II, a mis fin à des siècles d’incompréhension entre Juifs et chrétiens.
logo-Vatican
logo-Vatican

LÉON XIV

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 29 octobre 2025

___________________________________

Catéchèse à l’occasion du 60e anniversaire de la Déclaration conciliaire Nostra aetate

Chers frères et sœurs, pèlerins de la foi et représentants des différentes traditions religieuses, bonjour, bienvenu !

Au centre de la réflexion d’aujourd’hui, en cette Audience Générale consacrée au dialogue interreligieux, je voudrais m’appuyer sur les paroles du Seigneur Jésus à la Samaritaine : « Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer » (Jn 4, 24).

Dans l’Évangile, cette rencontre révèle l’essence de l’authentique dialogue religieux : un échange qui a lieu lorsque les personnes s’ouvrent l’une à l’autre avec sincérité, écoute attentive et enrichissement mutuel. C’est un dialogue qui naît de la soif : la soif de Dieu pour le cœur de l’homme et la soif de l’homme pour Dieu.

Au puits de Sicar, Jésus franchit les barrières de la culture, du sexe et de la religion. Il invite la Samaritaine à une nouvelle compréhension du culte, qui n’est pas limité à un lieu particulier – « ni sur cette montagne, ni à Jérusalem » – mais qui se réalise en Esprit et en vérité.

Ce moment capture le cœur même du dialogue interreligieux : la découverte de la présence de Dieu au-delà de toutes les frontières et l’invitation à le chercher ensemble avec révérence et humilité.

Il y a soixante ans, le 28 octobre 1965, le Concile Vatican II, en promulguant la Déclaration Nostra Aetate, ouvrit un nouvel horizon de rencontre, de respect et d’hospitalité spirituelle.

Ce lumineux Document nous enseigne à rencontrer les adeptes d’autres religions non pas comme des étrangers, mais comme des compagnons de route sur le chemin de la vérité ; à honorer les différences en affirmant notre humanité commune ; et à discerner, dans toute quête religieuse sincère, un reflet de l’unique Mystère divin qui englobe toute la création.

En particulier, il ne faut pas oublier que la première orientation de Nostra Aetate allait vers le monde juif, avec lequel saint Jean XXIII entendait refonder le rapport originel. Ainsi, pour la première fois dans l’histoire de l’Église, un traité doctrinal sur les racines juives du christianisme allait prendre forme, ce qui, sur le plan biblique et théologique, représentait un point de non-retour.

« Le peuple du Nouveau Testament est spirituellement lié à la lignée d’Abraham. En effet, l’Église du Christ reconnaît que les prémices de sa foi et de son élection se trouvent déjà, selon le mystère divin du salut, dans les patriarches, Moïse et les prophètes » (NA, 4).

Ainsi, l’Église, « consciente de l’héritage qu’elle a en commun avec les juifs, et poussée non par des motifs politiques mais par une charité religieuse évangélique, déplore les haines, les persécutions et toutes les manifestations d’antisémitisme dirigées contre les juifs en tout temps et par quiconque » (ibid.).

Depuis lors, tous mes prédécesseurs ont condamné l’antisémitisme en des termes clairs. Je confirme donc moi aussi que l’Église ne tolère pas l’antisémitisme et qu’elle le combat, en raison de l’Évangile lui-même.

Aujourd’hui, nous pouvons regarder avec gratitude tout ce qui a été accompli dans le dialogue judéo-catholique au cours de ces six décennies. Cela n’est pas seulement dû à l’effort humain, mais aussi à l’assistance de notre Dieu qui, selon la conviction chrétienne, est lui-même dans le dialogue.

Nous ne pouvons nier qu’au cours de cette période, il y a eu des malentendus, des difficultés et des conflits, mais ceux-ci n’ont jamais empêché la poursuite du dialogue. Aujourd’hui encore, nous ne devons pas laisser les circonstances politiques et les injustices de certains nous détourner de l’amitié, d’autant plus que nous avons beaucoup progressé jusqu’à présent.

L’esprit de Nostra Aetate continue d’éclairer le chemin de l’Église. Elle reconnaît que toutes les religions peuvent refléter « un rayon de la vérité qui éclaire tous les hommes » (n° 2) et cherchent des réponses aux grands mystères de l’existence humaine, de sorte que le dialogue ne doit pas être seulement intellectuel, mais profondément spirituel.

La Déclaration invite tous les catholiques – évêques, clergé, personnes consacrées et fidèles laïcs – à s’engager sincèrement dans le dialogue et la collaboration avec les adeptes des autres religions, en reconnaissant et en promouvant tout ce qui est bon, vrai et saint dans leurs traditions (cf. ibid.).

Cela est nécessaire aujourd’hui dans pratiquement toutes les villes du monde où, en raison de la mobilité humaine, nos diversités et nos appartenances spirituelles sont appelées à se rencontrer et à vivre ensemble fraternellement.

Nostra Aetate nous rappelle que le vrai dialogue s’enracine dans l’amour, unique fondement de la paix, de la justice et de la réconciliation, tout en rejetant fermement toute forme de discrimination ou de persécution, affirmant l’égale dignité de chaque être humain (cf. NA, 5).

Ainsi, chers frères et sœurs, soixante ans après Nostra Aetate, nous pouvons nous demander : que pouvons-nous faire ensemble ? La réponse est simple : agissons ensemble. Plus que jamais, notre monde a besoin de notre unité, de notre amitié et de notre collaboration. Chacune de nos religions peut contribuer à atténuer la souffrance humaine et à prendre soin de notre maison commune, notre planète Terre.

Nos traditions respectives enseignent la vérité, la compassion, la réconciliation, la justice et la paix. Nous devons réaffirmer notre service à l’humanité, à tout moment. Ensemble, nous devons être vigilants face à l’utilisation abusive du nom de Dieu, de la religion et du dialogue lui-même, et face aux dangers posés par le fondamentalisme et l’extrémisme religieux.

Nous devons également nous pencher sur le développement responsable de l’intelligence artificielle, car si elle est conçue comme une alternative à l’humain, elle peut gravement violer son infinie dignité et neutraliser ses responsabilités fondamentales. Nos traditions ont une immense contribution à apporter à l’humanisation de la technologie et donc à inspirer sa régulation, pour protéger les droits humains fondamentaux.

Comme nous le savons tous, nos religions enseignent que la paix commence dans le cœur de l’homme. En ce sens, la religion peut jouer un rôle fondamental. Nous devons ramener l’espérance dans nos vies personnelles, dans nos familles, nos quartiers, nos écoles, nos villages, nos pays et dans notre monde. Cette espérance se fonde sur nos convictions religieuses, sur la croyance qu’un monde nouveau est possible.

Nostra Aetate, il y a soixante ans, a apporté l’espérance au monde de l’après-guerre. Aujourd’hui, nous sommes appelés à refonder cette espérance dans notre monde dévasté par la guerre et dans notre environnement naturel dégradé. Collaborons, car si nous sommes unis, tout est possible.

Veillons à ce que rien ne nous divise. C’est dans cet esprit que je souhaite vous exprimer une nouvelle fois ma gratitude pour votre présence et votre amitié. Transmettons également cet esprit d’amitié et de collaboration à la future génération, car c’est le véritable pilier du dialogue.

Et maintenant, arrêtons-nous un instant dans une prière silencieuse : la prière a le pouvoir de transformer nos attitudes, nos pensées, nos paroles et nos actions.

* * *

Je salue les pèlerins de langue française, en particulier les personnes venues du Cameroun, de Belgique, de la Principauté de Monaco et de France. Demandons à l’Esprit-Saint d’inspirer notre dialogue en toute vérité et toute charité afin d’aimer à la manière du Seigneur Jésus tous nos frères. Que Dieu vous bénisse.

_____________

APPEL

Ces derniers jours, l’ouragan « Melissa », une tempête d’une puissance catastrophique, s’est abattu sur la Jamaïque, provoquant de violentes inondations. Il traverse actuellement Cuba avec la même force dévastatrice. Des milliers de personnes ont été déplacées, tandis que des maisons, des infrastructures et plusieurs hôpitaux ont été endommagés.

Je vous assure de ma proximité, en priant pour ceux qui ont perdu la vie, pour ceux qui ont fui et pour les populations qui, dans l’attente de l’évolution de la tempête, vivent des heures d’angoisse et d’inquiétude. J’encourage les autorités civiles à faire tout leur possible et je remercie les communautés chrétiennes, ainsi que les organisations bénévoles, pour l’aide qu’elles apportent.

_________________

Résumé de la catéchèse du Saint-Père : 

Chers frères et sœurs,

chers pèlerins dans la foi
et représentants des diverses traditions religieuses,

les paroles de Jésus à la Samaritaine nous invitent à méditer sur l’authentique dialogue religieux : « Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer » (Jn 4, 24) . Ce dialogue naît d’une double soif : la soif de Dieu pour le cœur humain et la soif de l’homme pour Dieu. Jésus nous montre que Dieu se laisse rencontrer au-delà de tout lieu et de toute frontière.

Il y a soixante ans, le Concile Vatican II, avec la Déclaration Nostra aetate, a ouvert un nouvel horizon d’écoute, de respect et d’hospitalité spirituelle. L’Église y reconnaît que toutes les religions « reflètent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes » (NA, n. 2), et qu’il faut rencontrer les autres non comme des étrangers, mais comme des compagnons de route sur le chemin de la Vérité.

Aujourd’hui encore, l’esprit de Nostra aetate continue d’inspirer un authentique dialogue, en plongeant ses racines dans l’amour : unique fondement de la paix. Dans un monde blessé, nous sommes appelés à agir ensemble, à unir nos forces pour soulager les souffrances humaines et prendre soin de notre maison commune.

Travaillons ensemble, dans l’amitié et la prière, afin que rien ne nous divise, et que la génération future hérite de cet esprit d’amitié et de collaboration.

Copyright © Dicastère pour la Communication – Libreria Editrice Vaticana
Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

Neuvaine avant la fête de la Toussaint 8

En compagnie du Sacré-Cœur de Jésus,

de Sainte Marguerite-Marie Alacoque (Paray Le Monial) du 24 octobre au 1er novembre.

Allons, si possible, à la messe durant la neuvaine et surtout le jour de la Toussaint.
Confession recommandée.

consécration et prélude

Prière du huitième jour

Que regrettez-vous, âmes du Purgatoire, de la terre que vous avez quittée ?

Nous regrettons de ne pas avoir suffisamment aimés nos prêtres et notre Église.

Aimez vos prêtres et priez pour eux. Aimez vos évêques et votre Pape, ils sont cadeaux de Dieu pour vous conduire au Paradis.

Prions : Ô Seigneur, Dieu tout-puissant, nous te supplions, par le Sang très précieux de Jésus, répandu durant sa Passion, de délivrer les âmes du Purgatoire, et surtout celles qui doivent le plus tôt entrer dans ta Gloire, afin qu’elles commencent des maintenant à te bénir pendant toute l’éternité et intercéder inlassablement pour nous. Amen. Doux Cœur de Marie, soyez notre salut.

Notre Père et Je vous Salue Marie. Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen !

***

Témoignage qui nous vient de Russie.

En 1972, un texte fut publié dans une revue clandestine. Il s’agit d’une prière retrouvée dans la poche de la veste d’un soldat, Aleksander Zacepa, composée quelques instants avant la bataille au cours de laquelle il perdit la vie, pendant la seconde guerre mondiale. En voici le texte :

« Écoute, O Dieu ! Je n’ai pas parlé avec toi une seule fois dans ma vie mais aujourd’hui j’ai envie de te faire fête. Tu sais, depuis que je suis tout petit, on m’a toujours dit que tu n’existais pas… et moi, comme un imbécile, j’y ai cru.

Je n’ai jamais contemplé tes œuvres, mais cette nuit, du cratère fait par une grenade, j’ai observé le ciel étoilé, au-dessus de moi. Fasciné par leur scintillement, j’ai soudain compris combien c’est terrible d’avoir été trompé… Je ne sais pas, O Dieu, si tu me donneras la main, mais je te le dis, et tu me comprends…

N’est-ce pas étrange qu’au cœur d’un enfer épouvantable la lumière me soit apparue et que je t’aie découvert ? A part cela, je n’ai rien à te dire. Je suis heureux tout simplement parce que j’ai fait ta connaissance. A minuit nous devons attaquer, mais je n’ai pas peur. Toi, regarde-nous.

C’est le signal ! Je dois partir. J’étais bien avec toi. Je voudrais encore te dire, et tu le sais, que la bataille sera dure : il est possible que cette nuit même je vienne frapper à ta porte. Et même si jusqu’à présent je n’ai pas été ton ami, quand je viendrai, tu me laisseras entrer ?

Mais que se passe-t-il ? Je pleure ?

Mon Dieu, tu vois ce qui m’est arrivé, je ne commence que maintenant à voir clair… A bientôt, mon Dieu, je pars… j’aurai du mal à revenir. Comme c’est étrange, maintenant la mort ne me fait pas peur.»

Père Cantalamessa (Edito in di V. Cattana, Le più belle preghiere del mondo, Mondadori 2006, p. 188).

MOIS DU ROSAIRE – jour 30 – Les cinq Mystères douloureux

MOIS DU ROSAIRE – jour 30 – Les cinq Mystères douloureux

MYSTÈRES DOULOUREUX
MYSTÈRES DOULOUREUX

(Nous les célébrons habituellement le mardi et le vendredi)

C’est encore un des grands avantages de la dévotion du rosaire de donner occasion aux fidèles de méditer fréquemment la passion de notre divin Sauveur.

Cette méditation journalière est un moyen très efficace pour ne pas nous éloigner de Dieu, et pour nous faire faire de grands progrès dans la vertu ; c’est, en outre , un exercice extrêmement agréable à Jésus-Christ, et une pratique très-consolante pour nous.

« Les Évangiles donnent une grande importance aux mystères douloureux du Christ. »

« Depuis toujours la piété chrétienne, spécialement pendant le Carême à travers la pratique du chemin de Croix, s’est arrêtée sur chaque moment de la Passion, comprenant que là se trouve le point culminant de la révélation de l’amour et que là aussi se trouve la source de notre salut. Le Rosaire choisit certains moments de la Passion, incitant la personne qui prie à les fixer avec le regard du cœur et à les revivre. » Saint Jean-Paul II – Lettre apostolique Rosarium Virginis Mariæ

Lorsqu’on veut méditer les mystères douloureux , il est bon de se rappeler les vérités suivantes:
1° Qui est Celui qui endure ces tourments ? C’est le Fils de Dieu, c’est celui qui est l’innocence même.
2° Les tourments qu’il a à supporter sont-ils grands ? Ils sont incompréhensibles.
3° Qui l’a fait souffrir ? Ceux pour qui il s’est fait homme, son propre peuple qu’il a comblé de biens.
4° Pour qui et pour quelle cause souffre-t-il ? Pour tous les hommes en général et pour chacun en particulier; et pour une seule cause, à savoir: leur éloignement.
5° Quel est l’amour de celui qui souffre ? Il est infini.
6° Quelles sont les vertus principales qu’il pratique en souffrant ? La douceur, l’humilité, la patience, la force et le zèle.

Il faut s’abandonner aux saintes affections dont il plaira à Dieu de toucher notre cœur, et suivre fidèlement les bonnes résolutions qu’il nous fera la grâce de prendre.

1 Agonie de Jésus au Jardin des Oliviers : Le regret, la contrition de nos péchés (Mt 26, 36-56 et //)

« Le parcours de la méditation s’ouvre sur Gethsémani, où le Christ vit un moment particulièrement angoissant, confronté à la volonté du Père face à laquelle la faiblesse de la chair serait tentée de se rebeller. »

‘À ce moment-là, le Christ se tient dans le lieu de toutes les tentations de l’humanité et face à tous les péchés de l’humanité pour dire au Père: « Que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne! » (Lc 22, 42 par). Son “oui” efface le “non” de nos premiers parents au jardin d’Eden. » Saint Jean-Paul II – Lettre
apostolique Rosarium Virginis Mariæ

Représentez-vous Notre-Seigneur dans le jardin des Oliviers, pâle, défait, méconnaissable, le front prosterné contre terre, le Cœur abîmé dans la prière, et le Corps couvert d’une sueur de Sang.

Fruit : La piété et la contrition.

Élévation à Jésus : O Jésus, par quel prodige qui étonne toute la nature humaine, ton infinie Charité, pressée de l’ardeur immense de sauver mon âme, laisse-t-elle échapper cette sueur de Sang, qui perce tes vêtements, ruisselle de ton Corps et humecte la terre !

Ah ! Ce ne sont pas les supplices qui te font succomber au Jardin des Oliviers, c’est ton Amour; ce sont mes éloignements qui te donnent la mort. Je m’en accuse ; je gémis, je frappe ma poitrine, je tremble jusqu’au fond de ma conscience, où je trouve la cause de ta Mort. O Dieu de bonté, viens à mon secours; détruis en moi et arrache le péché.

Élévation à Marie : O Mère de Dieu dont la Foi sublime ressentit si vivement la cruelle Agonie de Votre Fils, demandez-Lui pour moi une douleur extrême, une contrition parfaite d’avoir été, par mes péchés, une cause trop réelle de Sa tristesse mortelle; et obtenez-moi de Son Amour immense, que cette sueur de Sang pénètre profondément dans mon cœur, pour l’amollir et le sanctifier.

Réciter ensuite la dizaine d’Ave terminée par le Gloire au Père.

2 Flagellation de Jésus : mortification de notre corps (Mc 25, 15 et //)

« Ce qu’il doit lui en coûter d’adhérer à la volonté du Père apparaît dans les mystères suivants, la flagellation, le couronnement d’épines, la montée au Calvaire, la mort en croix, par lesquels il est plongé dans la plus grande abjection: Ecce homo!  » Saint Jean-Paul II – Lettre apostolique Rosarium Virginis Mariæ

Représentez-vous le Fils de Dieu, traîné de tribunal en tribunal, condamné à l’infâme supplice des esclaves; dépouillé indignement de Ses vêtements, et déchiré à coups de fouet, par des mains impitoyables qui ne font de tout Son Corps qu’une seule plaie toute vive et ensanglantée.

Fruit: La patience et le courage.

Élévation à Jésus : O Divin Jésus, tu t’es livré, volontairement et sans réserve, au roi Hérode qui te traite comme un insensé; au juge inique qui reconnaît et néanmoins condamne ton innocence; aux bourreaux qui t’accablent de coups. Je te suis au milieu de tant de souffrances et d’humiliations endurées pour le Salut de mon âme.

O captif attaché à un infâme poteau, brisé de coups, couvert d’ignominie, quelle douleur assez vive pourrait racheter tant d’outrages ? Couvre-moi de ton Sang, cache-moi dans tes Plaies, pour me délivrer du mal.

Élévation à Marie : O Marie dont le Cœur a si vivement ressenti les coups qui déchiraient la Chair innocente de Votre Divin Fils, obtenez-moi, je Vous en conjure, que ce Sang, destiné à être mon Salut, ne devienne pas ma condamnation; et faites que, loin d’imiter la fausse et lâche politique de Pilate, je ne sacrifie jamais ma conscience à des bienséances ou à des sollicitations contraires à mes devoirs.

Réciter ensuite la dizaine d’Ave terminée par le Gloire au Père.

3 Couronnement d’épines : mortification de notre esprit (Mt 27, 27-31 et //)

Représentez-vous l’Homme de Douleur, un-vil manteau de pourpre sur les épaules, un faible roseau à la main, et sur sa tête une couronne d’épines, servant, dans ce pitoyable état, de jouet à une soldatesque brutale et impie, et livré à toute sorte de railleries, de blasphèmes, d’insultes, d’affronts et d’hommages dérisoires et sacrilèges.

Fruit: La mortification et la fuite des plaisirs inutiles.

Élévation à Jésus : O Jésus, Victime humblement dévouée à tous les excès, objet d’outrages sanglants, de  dérision  insolente et de traitements ignomineux, ton vêtement est donc un vil lambeau de pourpre, ton sceptre un frêle roseau, ton diadème une couronne d’épines entrelacées, dont une soldatesque sacrilège émousse dans ta Tête sacrée toutes les pointes, en l’y enfonçant avec un raffinement de cruauté.

O Roi de Gloire ! dans quel état je vois ce Visage autrefois si majestueux, qui ravissait le Ciel et la terre ! Comment oserais-je le contempler sans frémir dans tous mes membres ? Ah ! Pénètre ma chair et mon cœur, de regrets amers, au récit de tes tourments, pour y compatir et expier la part que j’y ai prise par mes offenses réitérées.

Élévation à Marie : O Mère de Douleur, dans quelle tristesse et quelle affliction a dû Vous plonger le spectacle déchirant de Votre Fils couronné d’épines. Quelle angoisse mortelle Vous avez dû ressentir de Ses douleurs inconcevables ?

O abîme d’un Amour immense ! donnez-moi de sentir vivement l’amertume de Votre Douleur, afin que je mêle mes pleurs avec les Vôtres, et que mon amour pour Votre Fils égale désormais l’horreur de mon éloignement.

Réciter ensuite la dizaine d’Ave terminée par le Gloire au Père.

4 Portement de la Croix : Le courage dans les épreuves; accepter nos peines (Lc 23, 26-30 et //)

« Dans cette abjection se révèle non seulement l’amour de Dieu mais le sens même de l’homme. Ecce homo: qui veut connaître l’homme doit savoir en reconnaître le sens, l’origine et l’accomplissement dans le Christ, Dieu qui s’abaisse par amour « jusqu’à la mort, et à la mort sur une croix » (Ph2,8). »

Représentez-vous Notre-Seigneur portant sur Ses épaules l’infâme instrument de Son Supplice, ramassant toutes Ses forces pour traîner la Croix jusqu’au Calvaire, et laissant partout des traces de Son passage, par le Sang qui coule de Ses plaies dans les rues de Jérusalem et sur toute la voie où Il passe.

Fruit : La compassion.

Élévation à Jésus : O Divin Sauveur, ce n’était donc pas assez pour toi d’être contraint de marcher, comme un vil criminel, entre deux scélérats; tu dois porter porter toi-même l’infâme instrument de ton Supplice, au milieu des outrages et des imprécations de la multitude, comme pour faire amende honorable des crimes dont tu t’es chargé. Accorde-moi la grâce de porter, comme le Cyrénéen, la Croix avec toi.

O Jésus, j’accepterai désormais, avec joie, des mains de Dieu, les croix qu’il plaira à la Providence de m’envoyer. Combien elles seront douces et légères, en les comparant à la pesanteur de la tienne, Divin Jésus !

Élévation à Marie : O généreuse Mère, qui avec les Saintes Femmes, suiviez Votre Divin Fils, à la trace de Son Sang, je dois, pour suivre Son conseil, pleurer sur moi. sur mes égarements, et sur les maux qui sont la peine du péché.

Mais, pour me préserver des châtiments de la Justice Divine, faites que je sois pénétré, devant Dieu, des plus vifs et des plus sincères sentiments de compassion, de pénitence, de douleur, de reconnaissance et d’amour.

Réciter ensuite la dizaine d »Ave terminée par le Gloire au Père.

5 Crucifiement et Mort de Jésus sur la Croix : Mourir à nous-mêmes (un plus grand amour de Dieu et des hommes) (Jn 19, 17-37 et //)

« Les mystères douloureux conduisent le croyant à revivre la mort de Jésus en se mettant au pied de la croix, près de Marie, pour pénétrer avec elle dans les profondeurs de l’amour de Dieu pour l’homme et pour en sentir toute la force régénératrice. » Saint Jean-Paul II – Lettre apostolique Rosarium Virginis Mariæ

Représentez-vous le grand spectacle de la Croix : Jésus Crucifié, ayant les mains et les pieds percés de gros clous, insulté par des bourreaux qui ajoutent aux souffrances les plus atroces, la plus inhumaine ironie. Écoutez les paroles de Jésus en croix, et voyez-Le rendre le dernier soupir.

Fruit : La persévérance.

Élévation à Jésus : O Divin Sauveur crucifié, à la vue de tes Plaies et de tes souffrances inouïes, je suis saisi d’horreur, et je ne puis qu’admirer ton ineffable Charité. Doux et Aimable Jésus, fais que les clous qui t’ ont attaché à la Croix, me tiennent inséparablement attaché à toi ; que le fiel qu’on t’a présenté me dégoûte de ce qui est mondain ; que la lance qui a ouvert ton Cœur, m’y prépare aussi une place.

Je me jette au pied de ta Croix Sainte : que mon cœur soit  purifié et changé entièrement par ton Sang Adorable, ô mon Sauveur.

Élévation à Marie : O Mère de Dieu, de toutes les femmes la plus désolée, qui pourrait exprimer Votre profonde Douleur ? Et quel cœur serait assez dur, assez insensible pour ne pas compatir à Votre affliction ? Ah ! n’oubliez pas que Votre Divin Fils, dans son dernier adieu, nous a tous donnés à Vous en la personne de Saint Jean pour être Vos enfants adoptifs.

O Marie, ma mère, ne permettez pas que j’oublie jamais tout ce que je dois à Jésus, mon aimable Sauveur.

Réciter ensuite la dizaine d’Ave  terminée par le Gloire au Père.

D’après le manuel de Liège 1847

JUSQU’À L’EFFUSION DU SANG

– Toi qui as cru, avec une foi remplie de douleur: durant toute la passion de Gethsémani, de la flagellation, du couronnement d’épines, du portement de Croix; toi qui as cru au pied de la croix sur le Calvaire.

– Toi qui as cru, avec « la foi d’une gloire commen­çante, à la glorification » de ton Fils, à la résurrec­tion, à l’ascension, au jour de la Pentecôte. Toi, dont la foi se réalisait dans l’Assomption: notre Mère, ornée de la couronne de la gloire céleste! C’est ainsi que nous prions « Marie », en récitant le Chapelet.

Nous la remercions d’une manière spéciale pour « la foi des martyrs », pour la foi de toute l’Église au cours des deux derniers siècles.

Nous remercions également pour la foi témoignée « par les missionnaires », dont quelques-uns font partie des martyrs. Et nous disons:

« Bienheureux ceux qui ont cru jusqu’à l’effusion du sang! »

Jean-Paul II, Osservatore Romano 42, 16-10-1984

 

site officiel en France