Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit pour les siècles des siècles. Amen
Jour 7 de la neuvaine – Le Verbe s’est fait chair
Vierge de l Annonciation 1431 de Fra Angelico – Institute of Arts Detroit USA
Le mystère de l’Incarnation, c’est le fait que Jésus soit tout à la fois « vrai Dieu et vrai homme ».
Reprenant l’expression de saint Jean : Le Verbe s’est fait chair (Jn 1,14), l’Église appelle « Incarnation » le fait que le Fils de Dieu ait assumé une nature humaine pour accomplir en elle notre salut. (CEC 461)
La foi en l’Incarnation véritable du Fils de Dieu est le signe distinctif de la foi chrétienne: « A ceci reconnaissez l’esprit de Dieu : Tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu dans la chair est de Dieu » (1 Jn 4,2).
Telle est la joyeuse conviction de l’Église dès son commencement, lorsqu’elle chante le grand mystère de la piété: Il a été manifesté dans la chair (1 Tm 3,16).(CEC 463)
Marie, Mère de Dieu
Le mystère de l’Incarnation mérite à Marie s on plus beau titre, celui de Mère de Dieu:
« Le Fils du Père et le fils de la Vierge deviennent naturellement un seul et même fils ». (St Anselme).
En Jésus, l’Eglise reconnaît le Dieu fait homme, c’est une affirmation essentielle de la foi chrétienne. Parce qu’elle est mère de Jésus, Marie peut être appelée mère de Dieu.
Celui qu’elle a conçu, comme homme, du Saint-Esprit et qui est devenu vraiment son Fils selon la chair, n’est autre que le Fils éternel du Père, la deuxième Personne de la Sainte Trinité. L’Eglise confesse que Marie est vraiment Mère de Dieu (Theotokos).(CEC 495)
Les fidèles se réfugient sous sa protection, l’implorant dans tous leurs dangers et leurs besoins. Il trouve son expression dans les fêtes liturgiques dédiées à la Mère de Dieu et dans la prière mariale, telle le saint Rosaire, abrégé de tout l’Evangile. (CEC 971)
O Seigneur, nous t’en prions, regarde favorablement les prières que nous te présentons en l’honneur de la bienheureuse, glorieuse et toujours Vierge Marie, Mère de Dieu, à l’occasion de l’Annonciation.
Ton Saint Esprit, co-éternel avec toi, a rempli son sein de la splendeur de sa grâce et de sa vérité, qu’il nous purifie avec bienveillance.
Nous prions pour tous les pécheurs, les malades car c’est pour eux que le Christ est venu dans notre monde. Amen.
Henri Vincenot (1912-1985), cheminot et artiste bourguignon aux multiples talents (à la fois écrivain, peintre, sculpteur), reconnu sur le tard, a été rendu célèbre par ses passages à l’émission littéraire de télévision Apostrophes dans les années 70. Il est l’auteur de nombreux romans et de récits d’enfance (tels La Billebaude, Le Pape des escargots, Psaumes à Notre-Dame en faveur de notre fils [décédé] ou Mémoires d’un enfant du rail), qui ont pour théâtre la Bourgogne, ses coutumes, ses légendes et son franc-parler puisant à la fois au patois bourguignon et au bon sens paysan.
Jean-François Millet l’Angélus Musée d’Orsay 1859
Et puis, tout en marchant (marcher stimule la pensée), je me permets de développer ce paradoxe qui ne fait de mal à personne :
En somme, le progrès industriel dont je dis tant de mal en toutes occasions, a eu au moins pour résultat, et ce n’est pas le moindre, cet ensauvagement de mes campagnes qui donne bien du bonheur à ceux qui ont la bonne idée d’y rester … ou d’y retourner.
Comme j’arrive à cette conclusion, l’Angélus se met à sonner dans un des villages de la vallée, à mes pieds. L’Angélus justement : carillon de trois fois trois coups, suivi de la volée de la babillarde, et qui salue la Femme, la génitrice, l’être choisi pour être l’origine du fils de l’homme.
C’est un plaisir rare aujourd’hui d’entendre l’Angélus, car les clochers sont muets. «On ne sonne plus l’Angélus parce qu’on n’a plus le temps!» m’ont dit, ici et là, des gens dont certains étaient les descendants du dernier marguiller-bedeau. On n’a plus le temps ! J’en prends note non sans étonnement. Moi, à qui on avait faire croire que la civilisation de la machine allait nous donner du temps, au contraire ! Me serais-je trompé ? M’aurait-on trompé ?
Dans quelques villages pourtant, des gens, souvent obscurs, et pas toujours des bien-pensants, ont résolu de sonner encore les trois Angélus du jour – parfois seulement celui du soir.
J’en connais un, de ces sonneurs entêtés. C’est une sorte de vieux mécréant -anticlérical et misogyne, qui cultive son jardin, pèche la truite et la vandoise, boit vigoureusement et ronchonne en cueillant l’herbe de ses lapins. Tous les matins à l’aube et chaque soir à sept heures, on le voit descendre la «ruelle aux orties» où débouche sa turne, et chacun de dire : Tiens ! Le Lazare va se pendre !
De fait il se suspend à deux cordés, à la fois, celle de « la Grosse » et celle de « la babillarde » et il les fait «causer». Trois coups de l’une et trois coups de l’autre. A midi, il ne sonne pas. Les mauvaises langues disent qu’il n’en aurait plus la force.
Si on lui demande pourquoi cette fidélité à une tradition perdue il dit : « C’est comme ça ! » Il m’a dit une fois: « J’aime entendre ça ! Quand l’ancien bedeau est mort, aucun bien-pensant n’a voulu le remplacer. Sonner les cloches, c’est bon pour les petites gens, et il n’y a plus de petites gens. On est resté comme ça, sans Angélus, pendant un temps. Ça me manquait, alors je m’y suis mis ! »
Lui, le vieux misogyne, il sonne en l’honneur de la femme, aux heures féminines entre toutes : l’aube et le crépuscule. Les heures où l’homme cherche à retrouver la Femme.
Il n’en pense pas si long. Il sonne parce qu’au fond, il sait qu’au fond de ses cloches toute la région se met à vibrer de souvenirs.
Bien qu’éloignées, celles que j’entends ce soir font vrombir toute la forêt. C’est peut-être le vieux qui tire les ficelles, c’est peut-être une vieille fille, nostalgique du temps où on récitait des « Ave », c’est peut-être (je sais qu’il en existe) un jeune gars ou une jeune fille qui persiste. On dit d’eux que ce sont des poètes. La poésie a bon dos. Il y a peut-être bien autre chose que de la poésie dans la tête de ces gens-là. Ou alors dans la poésie, il y a peut-être bien autre chose que ce que l’on croit !
Toujours est-il que les vibrations montent sur les versants, jusqu’à moi, et je l’ai remarqué, les feuilles ont l’air de se mettre à l’unisson et les oiseaux se taisent. (Mon village a trois cloches qui sont muettes. Pourquoi ne les ferais-je pas chanter, moi aussi ?)
On peut, si l’on veut, réciter ce texte, assez mystérieux, que les grands-mères nous apprenaient : « Je suis la servante du Seigneur. Qu’il me soit fait selon votre parole ».
On peut se mettre à méditer sur les choses essentielles -ou sur les choses secondaires, sur soi et sur les autres.
On peut aussi, tout simplement, se laisser envahir par les vibrations et se mettre à vibrer soi-même, avec toute la forêt, avec tous les insectes, avec tout le pays qui est le mien.
C’est un moment de détente où je retrouve le calme qui m’envahissait lorsque, lâchant les nippes qu’elles ravaudaient, les vieilles femmes se mettaient à marmonner les phrases dites « angéliques », alors que tous les bruits cessaient et qu’il se fabriquait un silence de haute qualité.
On en ressentait un bienfait immédiat et immense – et je ne serais pas étonné que les médecins d’aujourd’hui aient un mot, Je suggère même, et gratuitement, au médecin qui le voudra, de faire installer, dans la clinique, deux cloches donnant l’accord de tierce, ou de tierce diminuée, et, aux heures convenables, qui sont celles de la tendresse et de la paix, de faire sonner l’Angélus. Encore faudrait-il reconstituer l’espace sonore nécessaire, les monts, les combes, les champs, l’air libre …
Mais alors pourquoi ne pas transporter tout simplement les malades (qui ne l’est pas aujourd’hui ?) dans leur pays natal, je veux dire sur la terre de leur race et d’y faire sonner l’Angélus deux ou trois fois par jour ? La sécurité sociale rembourse certainement des remèdes moins efficaces que celui-là.
Henri Vincenot, dans Terres de mémoire, éditions Jean-Pierre Delarge, 1979.
Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse
Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit pour les siècles des siècles. Amen
Jour 6 de la neuvaine – Fiat et toujours Fiat
Du « Fiat » de l’Annonciation au « Fiat » du Calvaire…
… Ainsi, donnant à la parole de Dieu son consentement, Marie devint Mère de Jésus et, épousant à plein cœur, sans que nul péché la retienne, la volonté divine de salut, se livra elle-même intégralement à la personne et à l’œuvre de son Fils, pour servir, dans sa dépendance et avec Lui, par la grâce de Dieu, au mystère de la Rédemption. (CEC 494)
Ce consentement, sans réserve de Marie, à la volonté divine lui a mérité le titre de « co-rédemptrice » : La Vierge Marie a « coopéré au salut des hommes avec sa foi et son obéissance libres » (LG 56).
Elle a prononcé son OUI « au nom de toute la nature humaine » (Saint Thomas d’Aquin).
Par son obéissance, elle est devenue la nouvelle Eve, mère des vivants. (CEC 511)
Seigneur, par l’intercession de Marie, Mère de Dieu, écoute favorablement les malades, les agonisants, les exilés, conduis-nous à ce bonheur sans fin que Jésus et Marie nous ont acquis par leur deux « fiat ». Amen